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Plus de 80 feux de végétation déjà recensés en 2026 en Belgique : l’alerte rouge déclenchée

Le Centre de Coordination des Risques et de Transmission d'Expertise (CORTEX) de la Wallonie relève au grade élevé les risques d'incendies en milieu forestier et très élevé dans en milieux ouverts, à partir de mercredi.

Alors que la France et l'Espagne doivent actuellement faire face à des incendies sans précédent, l'inquiétude grandit aussi en Belgique. Notamment en raison de la sécheresse qui touche notre pays depuis bientôt un mois et que les pluies de dimanche n'ont malheureusement pas permis de résorber. Les quantités d'eau tombées n'ont pas dépassé les 10 litres par mètre carré. Et dans certains endroits, il n'est même pas tombé une seule goutte de pluie. "C'est surtout la frontière néerlandaise et les Fagnes qui ont été arrosées, commente Pascal Mormal, météorologue à l'IRM. Et à certains endroits, il n'est presque rien tombé alors qu'à quelques kilomètres, il pleuvait beaucoup plus fort. À Uccle par exemple, on a comptabilisé 8,6 l/m2 contre seulement 2,2 à Dilbeek. A contrario, en Flandre-Occidentale ou en province de Luxembourg, notamment en Gaume, il n'est presque rien tombé."

Les précipitations enregistées ce dimanche ne seront pas de nature à résorber la sécheresse en Belgique.
Les précipitations enregistées ce dimanche ne seront pas de nature à résorber la sécheresse en Belgique. ©IRM

Résultat : la sécheresse ne peut être remise en question. Et elle pourrait même s'aggraver avec l'arrivée de températures dépassant les 30 degrés, mercredi et jeudi. "Les derniers modèles prévoient 33 degrés dans le centre et 34 degrés en Campine."

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La carte des prévisions en matière de sécheresse ne laisse pas planer de doutes : toute la Belgique ou presque est en zone extrêmement sèche. "Depuis un mois, il est tombé 10 mm de pluie au mètre carré à Uccle alors que la normale saisonnière est de 76,9 mm. Résultat : les sols et plantes sont extrêmement secs et aucune amélioration d'ici au moins 10 jours selon les différents modèles de prévisions."

La carte de la sécheresse en Belgique parle d'elle-même : tout le pays est considéré comme extrêmement sec.
La carte de la sécheresse en Belgique parle d'elle-même : tout le pays est considéré comme extrêmement sec. ©IRM

Résultat : des risques d'incendie décuplés. À la moindre étincelle, au moindre mégot jeté dans la nature, c'est toute une région qui peut s'embraser. "Jusqu'à présent en Belgique, on était peu concerné par ce risque qui était marginal, analyse Pascal Mormal. On a connu deux gros faits importants. En 1976 dans les landes campinoises. Et plus récemment en 2011 avec l'embrasement des Fagnes. Mais les risques de feux de végétation augmentent avec le réchauffement climatique."

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Plus de 80 feux de végétation déjà recensés en Belgique en 2026

Le centre d'analyse des risques du changement climatique (Cerac) ne viendra certainement pas infirmer les propos du météorologue. Selon un décompte de l'Université de Gand, 115 feux de végétation avaient été enregistrés l'an dernier en Belgique. Et cette année, 76 feux ont déjà été recensés jusqu'au 15 juillet. Un chiffre auquel doivent venir s'ajouter, entre autres, les récents incendies de Perwez, Furfooz, Viroinval, Gedinne ou encore Genk.

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"Face aux risques, le Cerac et l'Université de Gand ont analysé (NDLR : notamment sur base d'articles de presse de l'époque) où ont eu lieu les principaux incendies de végétation en Belgique depuis 1830, commente le Cerac. Car pour mieux comprendre le présent et se préparer au futur, il faut connaître le passé. Et on observe que ce qui brûle le plus en Belgique, ce ne sont pas les grands massifs forestiers mais les milieux plus ouverts comme les landes, les dunes, les prairies ou encore les tourbières. La sécheresse est là, la quantité de combustible (NDLR : la végétation) présente sur le territoire aussi. Et le vent. C'est le trio-combo pour favoriser la progression du feu."

Selon un recensement des feux de végétaux effectué par l'Université de Gand et le Cerac, c'est principalement les provinces du Limbourg et d'Anvers qui sont les plus touchées.
Selon un recensement des feux de végétaux effectué par l'Université de Gand et le Cerac, c'est principalement les provinces du Limbourg et d'Anvers qui sont les plus touchées. ©Natelhoff

Le vent peut y assécher rapidement la végétation et favoriser une progression rapide. "Ça ne veut pas dire qu'on ne va pas avoir des feux dans le sud de la Belgique, dans les années qui suivent. Les milieux forestiers (NDLR : qui parviennent à conserver plus d'humidité) étaient jusqu'ici épargnés mais il n'est pas impossible que dans les années qui viennent, l'Ardenne puisse être concernée par les incendies."

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Les pinèdes telles que celles recensées dans le Limbourg sont également menacées. En raison de bois plus inflammables, d'un matelas d'épines au sol et de pommes de pin qui, sous l'effet de la chaleur, peuvent devenir des bombes explosives qui peuvent favoriser la propagation du feu. "Des sols très secs peuvent favoriser les risques d'incendies. Or, les canicules et les sécheresses vont devenir de plus en plus régulières et intenses dans les années qui viennent", prédit le Cerac.

"La Belgique n'est pas prête"

Avec des conséquences qui ne se limitent pas à la végétation. "Qu'est-ce que ça va avoir comme impact sur le système de santé ?, interroge le Cerac. Parce que, comme on le voit en France, il y a le feu, mais aussi les fumées. Quel sera l'impact sur un hôpital ? Quel sera l'impact sur les maisons de repos ? Sur les usines Seveso ou les centrales nucléaires ? Tout l'enjeu sera aussi de mesurer l'aléa climatique comme on mesure l'aléa d'inondations. Il y aura l'exposition au risque (NDLR : le fait de se trouver dans une zone à risques) mais aussi la vulnérabilité. Une personne âgée sera plus vulnérable en cas d'aléa climatique qu'une personne de 30 ans…"

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L'an dernier, le Cerac avait avions publié un rapport qui consistait à faire l'état des lieux des risques d'incendies de végétation. "On avait tenté de déterminer si la Belgique était prête ou pas à y faire face, nous indique-t-on au Cerac. La conclusion, c'était que non."

Face à ces conditions, le Centre de Coordination des Risques et de Transmission d'Expertise (CORTEX) de Wallonie relève au grade élevé les risques d'incendies en milieu forestier et très élevé dans en milieux ouverts, à partir de mercredi.

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