Plus de 5 000 kilomètres d’Anderlecht et pourtant en Europe : pourquoi le Kazakhstan fait-il partie de l’UEFA ?
L'Europe, c'est le Vieux Continent. Le plus petit aussi. Pas aux yeux de l'UEFA en tout cas. La fédération européenne du ballon rond n'a pas la même vision de notre territoire vu qu'il s'étend littéralement jus...
L'Europe, c'est le Vieux Continent. Le plus petit aussi. Pas aux yeux de l'UEFA en tout cas. La fédération européenne du ballon rond n'a pas la même vision de notre territoire vu qu'il s'étend littéralement jusqu'aux frontières de la Chine.
Anderlecht joue au Kazakhstan ce jeudi. À sept heures de vol, trois heures de décalage horaire et 5 400 kilomètres à vol d'oiseau de la capitale belge. Comment expliquer qu'un pays si éloigné du nôtre fasse partie de notre fédération et à quel point ce déplacement est sportivement dangereux pour les Mauves ? Analyse.

Pour 10 % du territoire et beaucoup d'argent
Almaty est à une montagne du Kirghizistan. À quelques centaines de kilomètres de la Chine. Alors pourquoi l'adversaire du Sporting est-il footballistiquement un club européen ? C'est le cas depuis 2002 après un dossier rendu fin des années 1990.
L'autorisation de la FIFA est en grande partie due à la géographie du pays. 90 % de celui-ci est situé en Asie. Les 10 % plus à l'ouest sont considérés comme européens. Son cas est, en cela, assez proche de la Turquie donc un bout du territoire est situé en Europe.
Cet argument était le principal avancé par le Kazakhstan aux côtés de preuves culturelles (le fait qu'il faisait partie de l'Union soviétique) et même sportive, mettant en avant un niveau de jeu plus élevé que ses concurrents de la fédération asiatique où le pays évoluait avant son transfert à l'ouest.
La raison sous-jacente est également financière. Le passage vers l'Europe est très intéressant pour la mise en valeur et le développement des clubs et des joueurs. Il permet une plus large visibilité de leurs sponsors sur un nouveau marché. Il est également plus rémunérateur en termes de manne financière distribuée pour la participation (et même l'absence) aux compétitions continentales.
En Turquie, Lukaku a déjà son tube mais ne marque pas encore et brise les espoirs des fans d'Anderlecht55 % des équipes n'ont pas réussi à gagner au Kazakhstan
Seul hic dans ce beau projet : la concurrence. Des clubs comme Almaty auraient pu briller en Champions League asiatique. En Europe, c'est impossible. La qualification de l'adversaire d'Anderlecht pour la phase de ligue de la C1 la saison dernière est une exception, même si Astana y est déjà parvenu par le passé.
Cette faible présence ne trahit pas pour autant une faiblesse. Les cadors du championnat local sont souvent des équipes suffisamment armées pour faire trembler de nombreux concurrents.
Et c'est particulièrement vrai à domicile. Entre fatigue du voyage, décalage horaire et match souvent joués un peu plus tôt que chez nous (le RSCA joue à 17 h en Belgique ce jeudi), les visiteurs peuvent être perturbés au moment d'entamer le match. Anderlecht n'a rien laissé au hasard pour éviter de tomber dans le piège.
En revenant sur les cinq dernières années de compétition, on remarque que se déplacer au Kazakhstan n'est pas simple. Les équipes locales affichent un bilan de 16 victoires, 13 nuls et 23 défaites sur la scène européenne (qualifications comprises) depuis 2021. Ce qui signifie que 55 % des équipes rentrent à la maison sans les trois points.
Ce résultat est toutefois à mettre en perspective car aucune grande équipe n'a chuté au Kazakhstan. Le Real Madrid, le Club Bruges et l'Olympiacos ont, par exemple, tous trois battu le Keirat Almaty chez lui la saison passée en Ligue des champions. Seul Paphos a partagé l'enjeu là-bas.
Des équipes comme le Slovan Bratislava ou Ludogorets ont connu la défaite au Kazakhstan mais sont des exceptions. Les autres victoires kazakhstanaises étant davantage acquises contre des équipes de plus petite envergure.

Une "odyssée" mais peu de plaintes
Les joueurs d'Anderlecht ne se plaignent pas trop. Ils n'en pensent pas moins. Ils auraient préféré voyager moins loin, éviter de prendre l'avion dès mardi. Mais ils ont la chance de ne pas devoir jouer ce week-end.
Ce n'était pas le cas d'autres formations qui ont fait le long déplacement vers le voisin de la Chine. Lors de la participation d'Astana aux poules de la C1 en 2015, de nombreux clubs ont parlé d'un "voyage vers l'inconnu" ou d'un "trajet extrêmement long".
Les déplacements du genre sont devenus monnaie courante et chaque formation s'est finalement adaptée. On entend encore souvent des déclarations sur le défi logistique d'un tel voyage mais sans pouvoir parler de plainte.
Le problème peut être pris dans l'autre sens. Même si les Kazakhstanais sont habitués des longs périples vu la taille du pays (9e plus grand au monde), il n'est pas toujours simple pour eux de venir en Europe de l'Ouest. La saison passée, Almaty a traversé cinq fuseaux horaires pour affronter le Sporting Portugal. Des joueurs avaient qualifié le voyage de "véritable odyssée".
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.