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France: 400 lycées fermés avant une journée de mobilisation

Des centaines de lycées sont à nouveau perturbés en France lundi à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation pour davantage de moyens dans l'éducation, faisant craindre des débordements.

Des centaines de lycées sont à nouveau perturbés en France lundi à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation pour davantage de moyens dans l'éducation, faisant craindre des débordements.

Selon les autorités, en fin de matinée, 413 établissements "ont fait ou font l'objet d'actions ou de perturbations" soit une baisse de 27% par rapport à vendredi à la même heure.

Parti mi-septembre de région parisienne, le mouvement s'est étendu la semaine dernière, marquée par une multiplication d'incidents et d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Les lycéens réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires, ou encore les inégalités créées par Parcoursup.

Dans une feuille de route adressée dimanche soir à ses ministres, le Premier ministre Sébastien Lecornu demande que les cours reprennent "partout" où c'est possible, fixant un calendrier pour répondre en partie aux revendications.

Cinq chantiers

Il confie à ses ministres cinq chantiers, issus des sujets remontés par les conseils académiques de la vie lycéenne, avec "de premières décisions attendues avant la fin du mois".

Parmi les chantiers, accélérer le remplacement des professeurs absents, revoir les bâtiments dégradés, l'organisation des journées et rendre plus transparent Parcoursup, le système français de sélection et d’accès aux études supérieures.

Le gouvernement promet aussi de mieux prendre en compte les propositions des représentants lycéens, avec notamment une plateforme de concertation.

Incidents avec les forces de l'ordre

Parti mi-septembre de région parisienne, le mouvement s'est étendu la semaine dernière, marquée par une multiplication d'incidents et d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Plusieurs syndicats et des associations ont accusé lundi le gouvernement de "réprimer" les lycéens avec une brutalité "disproportionnée". [KEY - GILLES BADER]
Plusieurs syndicats et des associations ont accusé lundi le gouvernement de "réprimer" les lycéens avec une brutalité "disproportionnée". [KEY - GILLES BADER]

L'exécutif recense 5000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements "incendiés ou saccagés" et "78 personnels de l'Education nationale blessés", "généralement par des personnes extérieures" aux lycées concernés, selon le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.

L'Union syndicale lycéenne a promis un "acte III" mardi, redouté par Matignon, qui estime que le mouvement a basculé vers des "violences urbaines". Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a confirmé lundi qu'il "craignait" un embrasement au niveau national alors que 30 à 40 sites universitaires ont été perturbés la semaine dernière.

Des "dérives" dénoncées

Plusieurs syndicats et des associations ont accusé lundi le gouvernement de "réprimer" les lycéens avec une brutalité "disproportionnée", pour faire taire des revendications "légitimes". Cinq enquêtes de la police des polices sont en cours.

La Ligue des Droits de l'Homme dénonce "une dérive globale par rapport à l'État de droit".

"Les forces de l'ordre ont fait preuve vraiment d'une très grande proportionnalité jusqu'à maintenant sur un mouvement à la fois dur et avec en face des mineurs", a au contraire estimé sur Sud Radio le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, accusant LFI de "souffler sur les braises".

agences/lan avec Benjamin Luis