« Plonger le Golfe dans le noir » : comment l’Iran a réussi à convaincre Donald Trump d’arrêter ses frappes
Personne n’ose en parler, mais l’Ukraine fait face à une nouvelle menace... qui vient de l’intérieur, en pleine guerre contre la Russie : « Parfois, j’aimerais parler franchement, mais la situation ne le permet...
Personne n’ose en parler, mais l’Ukraine fait face à une nouvelle menace... qui vient de l’intérieur, en pleine guerre contre la Russie : « Parfois, j’aimerais parler franchement, mais la situation ne le permet pas »
Malgré la destruction de nombreux drones russes, l’armée ukrainienne se trouve dans une situation sécuritaire plutôt fragile depuis début août. Voici pourquoi.
Ces derniers jours, les attaques russes ont continué, et elles ont fait de nombreuses victimes en Ukraine. Dans la nuit de mardi à mercredi, des frappes visant Kiev et sa région ont fait au moins 17 morts et 44 blessés. Si l’armée ukrainienne est parvenue à abattre 98 drones, et qu’elle est encore capable de répliquer, elle n’a en revanche intercepté aucun des missiles russes tirés lors de cette attaque.
Depuis des mois, Volodymyr Zelensky alerte régulièrement sur cette menace tout en tentant de garder la face quand la situation s’améliore pour son pays, pour ne pas faire davantage aveu de faiblesse. « Parfois, j’aimerais parler franchement, mais la situation ne le permet pas. Par exemple, jusqu’à ce matin, nous avions plusieurs systèmes (de défense aérienne) sans missiles. Aujourd’hui, je peux le dire franchement, car aujourd’hui j’ai ces missiles », avait déclaré le président ukrainien lors d’une conférence de presse à l’issue de sa rencontre avec le président tchèque Petr Pavel, dans des propos semblant blâmer les partenaires de Kiev, il y a plusieurs semaines.
La menace, c’est bien celle d’une pénurie. D’un manque de moyens. Sur le fait que l’Ukraine pourrait être confrontée à une pénurie critique de missiles PAC-3 pour lutter contre l’utilisation accrue par la Russie de missiles balistiques. Selon des analystes militaires, la Russie est passée d’un total estimé de 200 à 300 missiles sur l’ensemble de l’année 2024 à environ 126 pour le seul mois de juillet 2026. Depuis le début de la guerre en 2022, jamais l’Ukraine n’avait été dans une position aussi délicate sur le plan logistique.
Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé au total 28 missiles à haute vitesse, dont des missiles balistiques, ainsi que 115 drones de combat et des drones leurres ces derniers jours. Les frappes provenaient notamment des régions de Koursk, Millerovo, Orel, Donetsk et de Hvardiiske, en Crimée annexée. Ces missiles, qui se déplacent à très grande vitesse, ne peuvent être interceptés qu’avec des systèmes de défense aérienne Patriot. Or, l’Ukraine ne dispose que d’un nombre limité de ces batteries et manque surtout de missiles intercepteurs. Une situation qui s’est aggravée depuis la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
Face à cette nouvelle attaque, le président Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois appelé les alliés de l’Ukraine à fournir davantage d’intercepteurs de missiles balistiques, qui « auraient pu sauver des vies ».


Fin juillet, Volodymyr Zelensky s’était rendu à la Maison Blanche pour plaider en faveur de nouvelles livraisons de missiles Patriot fabriqués aux États-Unis. Si Donald Trump s’était d’abord dit favorable à une autorisation permettant à Kiev de produire ces intercepteurs, il a depuis exprimé des réserves sur ce projet. La semaine dernière, le président américain a également estimé que Washington devait faire preuve de « beaucoup de prudence » avant de prendre une décision.

Si l’Ukraine parvient aujourd’hui à neutraliser la majorité des drones russes grâce aux technologies développées depuis le début de l’invasion en février 2022, elle reste dépendante des livraisons occidentales pour faire face aux missiles balistiques. Selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles, moins d’un tiers de ces missiles ont pu être interceptés.