Plan d’urgence agricole : “Des accompagnements mal ciblés qui poussent vers les fermes industrielles”, ce que pensent les agriculteurs des annonces d’Annie Genevard
Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, a annoncé un plan d'un milliard d'euros pour soutenir les agriculteurs français touchés par la sécheresse. Certains syndicats agricoles, dont la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, jugent cette aide insuffisante.
l'essentiel Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, a annoncé un plan d'un milliard d'euros pour soutenir les agriculteurs français touchés par la sécheresse. Certains syndicats agricoles, dont la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs, jugent cette aide insuffisante.
Trois syndicats et associations différents mais un son de cloche similaire. Quelques heures après la prise de parole d'Annie Genevard ce vendredi 4 septembre - au cours de laquelle la ministre de l'Agriculture a annoncé un plan de 1 milliard d'euros pour soutenir le secteur agricole touché par la sécheresse et la canicule - Jérôme Bayle, porte-parole des "Ultras de l'A64", Brice Guyau, secrétaire général adjoint de la FNSEA et Jordy Bouancheau, vice-président des Jeunes Agriculteurs (JA) livrent pour La Dépêche du Midi leur ressenti.
Ce qu'ils pensent du plan Casi : "Pas à la hauteur"
Tous ont tenu à saluer dans un premier temps les propos de la ministre et l'argent débloqué, "conscient de l'effort réalisé par l'État en fonction de ses finances", note Brice Guyau. "On ne va pas dire qu'on n'en veut pas car on a besoin d'accompagnement financier", abonde de son côté Jérôme Bayle. Une fois les remerciements adressés, un autre constat s'impose : "Ce n'est pas un effort de la dimension nécessaire pour que l'activité agricole puisse redémarrer normalement", affirme le secrétaire général adjoint de la FNSEA.
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"Il n'est clairement pas suffisant par rapport à ce que nous avions mis sur le devant de la scène. Ces annonces ne sont pas à la hauteur des attentes du terrain", ajoute Jordy Bouancheau. Surtout, il indique que, rapporté aux 400 000 agriculteurs de France, cette enveloppe ne représente pas grand-chose. "On ne fait que stopper l'hémorragie, sans guérir le mal profond", image-t-il. Et Jérôme Bayle d'émettre de nombreuses interrogations : "Sur ce milliard d'euros, comment va-t-il être fléché ? Comment sera-t-il redistribué ? Qui va y avoir droit et selon quelles modalités ?"
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Ce qu'ils auraient aimé entendre : "Un vrai plan stratégique"
Avant les aides d’urgence, les agriculteurs demandent surtout de pouvoir vivre durablement de leur métier. Cela passe par une meilleure rémunération des produits et davantage de visibilité sur leurs débouchés. L'agriculteur toulousain, visage des contestations de l'hiver 2024, souhaiterait notamment que la commande publique privilégie les productions françaises dans les cantines, les hôpitaux ou l’armée, "à un prix rémunérateur couvrant nos coûts de production". Les trois professionnels plaident pour un effort des banques et des assureurs face aux difficultés de trésorerie. "Nous exigeons un geste massif de leur part", réclame le vice-président des Jeunes Agriculteurs.
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Au-delà de l’urgence, tous réclament une véritable politique agricole de long terme. Brice Guyau appelle à "un vrai plan stratégique, un grand projet de dimension nationale" pour renforcer la souveraineté alimentaire, tandis que le vice-président des JA demande de "sécuriser le revenu des producteurs et donner un avenir lisible à ceux qui s'installent". L’adaptation au changement climatique constitue aussi une priorité, notamment à travers une meilleure gestion de l’eau.
Ce qu'ils craignent : "Perdre un bon nombre de fermes"
Tous partagent la même appréhension pour les prochains mois : "Les trésoreries sont à zéro", martèle Jérôme Bayle. En France, 30 000 à 35 000 exploitations seraient menacées de faillite. Et le plan présenté par Annie Genevard n'assure pas leur pérennité. "On sait qu'on risque de voir disparaître de nombreuses fermes en France, ce qui serait dramatique pour le secteur. Avec ce type d'accompagnement mal ciblé, on pousse tout simplement vers des fermes industrielles", justifie le porte-parole des Ultras de l'A64. La transmission et l’installation des jeunes agriculteurs constituent l’autre grande préoccupation des acteurs, profondément inquiets du sort de leur profession.