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Pillages du 17 octobre : les puces antivol des vêtements peuvent-elles permettre de retrouver les articles dérobés ?

Les étiquettes antivol et les puces RFID des vêtements pillés le 17 octobre ne permettent pas de les localiser. Elles peuvent en revanche identifier un article retrouvé et rendre sa revente plus difficile. Jo...

Les étiquettes antivol et les puces RFID des vêtements pillés le 17 octobre ne permettent pas de les localiser. Elles peuvent en revanche identifier un article retrouvé et rendre sa revente plus difficile.

Laurie Henry

Journaliste scientifique

Publié le 20/10/26 à 14:00

Ce résumé généré par IA a été validé par les journalistes de la rédaction.

Baskets, sweats, parfums : une partie du butin des pillages du 17 octobre 2026 réapparaît déjà sur Internet. Beaucoup de ces articles portaient une étiquette antivol, voire une puce électronique. Ces dispositifs ne permettent pourtant pas de localiser un vêtement volé. Ils servent surtout à l’identifier une fois retrouvé. Une étude parue en 2025 dans le Journal of Criminology laisse penser que les voleurs évitent les objets qu’on peut suivre à la trace.

Une alarme, pas une balise

Les antivols classiques ne contiennent ni batterie ni GPS. Les modèles à radiofréquence renvoient le signal du portique, souvent émis à 8,2 MHz, ce qui déclenche l’alarme. Les modèles acousto-magnétiques contiennent de petites lamelles de métal qui vibrent quand elles passent dans le portique. Une fois sortis du magasin, ils n’émettent plus aucun signal.

Les puces RFID, de plus en plus souvent cousues dans les étiquettes, fonctionnent elles aussi sans alimentation. Elles ne réagissent qu’aux ondes d’un lecteur, en renvoyant un numéro unique. Decathlon en équipe tous ses produits depuis 2019. L’enseigne indique qu’elles se lisent jusqu’à environ un mètre. Impossible, donc, de suivre un pull à travers la ville.

Un identifiant plutôt qu’un traceur

Ces puces deviennent utiles une fois l’objet récupéré. Grâce à son numéro, un article saisi par la police peut être relié au stock du magasin. Un article publié en 2026 dans Crime Science l’explique : les puces RFID, les autocollants antivol et les emballages numérotés compliquent la revente, car ils peuvent révéler la provenance d’un objet. Les voleurs doivent donc les retirer avant de le mettre en vente.

Les téléphones montrent jusqu’où peut aller cette logique. Joseph Clare et Liam Quinn, de l’Université d’Australie-Occidentale, ont mené l’enquête avec Natalie Gately et Suzanne Rock, de l’université Edith Cowan. Ils ont interrogé 107 personnes en garde à vue à Perth en 2022. Depuis 2005, les détenus citent nettement moins l’électronique parmi les objets qu’ils aiment voler : la part a baissé de 15,9 points. « Plus la peine de voler des téléphones ou des ordinateurs, ils sont tous localisables », résume l’un d’eux. Parmi ceux qui avaient volé en magasin dans l’année, 36 % avaient pris des vêtements.

Rendre le butin inutilisable

Pour les vêtements, une autre méthode existe : empêcher le voleur de profiter de son butin. Les étiquettes à encre tachent le tissu si on les arrache. Ronald V. Clarke, de l’université Rutgers, et Robert DiLonardo l’ont testé dans une chaîne américaine de prêt-à-porter. Dans quatre magasins qui subissaient beaucoup de vols, les pertes sont passées de 4,5 % à 2,4 % du chiffre d’affaires. Cette étude, parue dans le Security Journal en 1996, ne portait toutefois que sur quelques boutiques.

Ces travaux ne règlent pas le problème. L’enquête australienne porte sur peu de personnes et repose sur ce qu’elles disent d’elles-mêmes. Aucune de ces études ne mesure combien d’articles volés sont vraiment retrouvés grâce à leur étiquette. Pour un acheteur, un antivol encore fixé ou une étiquette découpée restent des signes à prendre au sérieux.

Transformer ces étiquettes en vrais traceurs poserait aussi un problème de vie privée. Une puce restée active pourrait être lue sans que la personne qui porte le vêtement le sache. Depuis 2009, la Commission européenne demande aux commerçants d’évaluer ce risque. Selon la CNIL, les puces antivol devraient en principe être désactivées gratuitement à la sortie du magasin. On ne pourra donc pas suivre en direct le butin du 17 octobre pour le retrouver.