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Peut-on vaincre une phobie ? “Je pratique une thérapie tout à fait novatrice”

Claustrophobie, agoraphobie, émétophobie, aviophobie ou encore arachnophobie : de nombreuses peurs profondes existent. On fait le point avec un spécialiste pour voir comment les surmonter.

En Belgique, environ un adulte sur dix est victime d'un trouble de la santé mentale comme l'anxiété ou la dépression. Une catégorie qui englobe notamment les phobies, indique Sciensano, l'institut belge de santé publique.

Des chiffres plus récents montrent que pendant les pics du Covid, près d'une personne sur quatre était touchée par un trouble anxieux. Un nombre qui s'est stabilisé autour d'une personne sur six en 2025, précise Belgique en bonne santé, un organe de Sciensano.

"La phobie est une peur disproportionnée face à un objet ou à une situation relativement précise", explique Gautier Delvaux, psychologue clinicien. "La phobie vient altérer la normalité d'une personne dans son quotidien et son environnement. Elle provoque une intensité de réaction très importante et très vive, et un retentissement sur la vie de l'individu", poursuit le spécialiste.

La phobie entraîne un dérèglement du mécanisme de peur, qui devient alors disproportionné, persistant et difficile à contrôler.

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Des facteurs multiples

De nombreuses phobies existent, et recouvrent tous types d'éléments. La vue du sang, la peur de vomir, des araignées, de l'avion, des aiguilles, les hauteurs, les espaces clos ou bondés font partie des plus habituelles. "Dès que l'on touche à une ville assez dense, des phobies peuvent davantage s'imposer. Chaque lieu a probablement sa 'spécialité' en termes de phobie", avance l'expert.

Les origines des phobies peuvent toutefois être multiples. Si l'environnement joue un rôle, Gautier Delvaux souligne que les raisons restent multifactorielles. "C'est toujours à l'embouchure entre de la biologie et de l'environnement, entre de l'inné et de l'acquis. Les origines se combinent souvent. Il y a donc une part biologique et une certaine vulnérabilité génétique, ainsi qu'une certaine sensibilité au niveau du cerveau, dans les régions des amygdales cérébrales (le centre de la peur)", ajoute le psychologue pratiquant à Bruxelles.

Il se peut également qu'une expérience très marquante, dont s'ensuit instantanément un choc émotionnel, va créer des associations "assez solides, assez durables entre l'objet de la peur et donc le danger". Les personnes phobiques vont retenir qu'une telle situation ou qu'un tel objet est considéré comme dangereux pour soi, suite à un potentiel choc émotionnel sous stress.

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Un enfant et un adulte peuvent développer une phobie

C'est pourquoi une phobie peut également se développer autant à l'âge adulte qu'à un bas âge. "Au plus jeune âge, cela peut être d'origine traumatique, un choc émotionnel, lié à un événement tout à fait unique ou résulter de multiples facteurs. Cela peut aussi provenir d'un apprentissage de l'entourage familial, des amis ou des propos entendus", poursuit Gautier Delvaux. Mais à l'âge adulte, cela peut provenir d'un traumatisme comme une agression, une angoisse importante ou un trouble de panique.

Une phobie s'entretient aussi presque au quotidien. "Elle découle d'une croyance négative". "Certaines personnes pensent foncièrement qu'elles peuvent mourir si elles s'approchent d'un objet, s'étouffer ou se retrouver donc en danger. C'est un emballement physiologique de stress, de peur, avec un aspect comportemental qui est donc la fuite", affirme l'expert en traitement d'évènements difficiles.

Mais dès que la réponse face à une crainte profonde est la fuite, ce comportement engendre davantage un resserrement et une validation des croyances négatives.

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Plusieurs outils pour vaincre une phobie

Malgré ces différents aspects, il est possible de dépasser une phobie à travers plusieurs méthodes. Selon Gautier Delvaux, tout dépend d'abord de l'origine de la phobie, car elle détermine l'approche thérapeutique à adopter.

Il insiste sur la nécessité de distinguer un véritable traumatisme d'un simple épisode difficile. "Un traumatisme, ce n'est pas une rupture amoureuse, ni une simple crise d'angoisse dans le métro, mais bien un incident critique où l'intégrité physique ou psychologique de la personne a été gravement mise à mal", précise le praticien.

Une fois cette distinction posée, plusieurs pistes thérapeutiques s'offrent aux patients. Certains auront recours à de l'hypnose et d'autres à des thérapies cognitivo-comportementale (des outils pour modifier les pensées négatives et les comportements inadaptés) qui ont une approche assez ciblée.

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Le EMDR (Eye Movement Desensitization & Reprocessing, en anglais) est également utilisé. Il consiste en un retraitement par des mouvements oculaires et donc à faire revivre au patient victime d'un évènement traumatique la scène terrible qui est à l'origine de sa souffrance, en lui faisant faire des mouvements oculaires provoquant une diminution progressive du stress.

"Je pratique également la réalité augmentée, une thérapie tout à fait novatrice", propose Gautier Delvaux. "Actuellement, je suis l'un des seuls qui propose cette méthode dans le cadre libéral", précise-t-il. Cette dernière permet une exposition progressive et contrôlée à l'objet de la phobie, via "un casque de réalité augmentée avec un logiciel spécifique pour les troubles anxieux". L'expert souligne également l'importance de la progressivité dans ce processus. "Les études démontrent qu'à partir de 20 minutes d'exposition, il y a une diminution de l'activation des amygdales cérébrales". Il prévient toutefois qu'une exposition trop brutale "pourrait peut-être même créer un traumatisme".

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