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Peter Nygard reconnu coupable d’agression sexuelle à Montréal

Une juge de la Cour du Québec à Montréal a reconnu le magnat de la mode Peter Nygard coupable d’agression sexuelle et de séquestration.L’homme de 84 ans, fondateur de l’entreprise de vêtements pour femmes Nygar...

Une juge de la Cour du Québec à Montréal a reconnu le magnat de la mode Peter Nygard coupable d’agression sexuelle et de séquestration.

L’homme de 84 ans, fondateur de l’entreprise de vêtements pour femmes Nygard International, aujourd’hui disparue, a accepté un accord de plaidoyer et n’a présenté aucun élément de preuve à sa défense. Il a comparu par visioconférence depuis une prison de l’Ontario.

Cette affaire est distincte de la condamnation de M. Nygard à Toronto, dans laquelle il a été reconnu coupable de quatre chefs d’accusation d’agression sexuelle en 2023 et condamné à 11 ans de prison.

Le procureur Jérôme Laflamme a déclaré que le plaidoyer de M. Nygard était inattendu et qu’il s’était préparé à un procès de dix jours devant un juge seul.

Il a affirmé que la plaignante était présente au tribunal et prête à témoigner.

« Je vais aller la rencontrer dans quelques minutes, j’imagine que ça lui apporte un peu de soulagement de savoir que monsieur finalement a choisi de ne pas contester les allégations », a indiqué Me Laflamme aux journalistes au palais de justice après l’audience.

Les éléments de preuve présentés par la Couronne, que la défense n’a pas contestés, ont montré que M. Nygard avait profité de sa position de créateur de mode renommé pour séduire des jeunes femmes.

Selon ces éléments, la victime, dont l’identité est protégée par une interdiction de publication, a rencontré M. Nygard dans un bar alors qu’elle avait 18 ans. Elle souhaitait devenir mannequin.

Ils se sont retrouvés pour dîner sur son lieu de travail afin de discuter de sa carrière, puis il l’a invitée dans son penthouse montréalais, prétextant avoir oublié ses clés. Une fois dans l’appartement, il l’a enfermée dans la chambre et l’a agressée sexuellement.

Selon les documents judiciaires, M. Nygard a dit à la victime qu’elle pourrait s’installer aux Bahamas et lui a promis une vie de luxe à condition qu’elle ait des relations sexuelles avec lui et d’autres femmes.

Les faits présumés se seraient déroulés dans l’appartement terrasse de M. Nygard à Montréal entre novembre 1997 et novembre 1998.

En 2022, M. Nygard a été accusé d’un chef d’agression sexuelle et d’un chef de séquestration.

La juge Nathalie Fafard, de la Cour du Québec, a accepté d’inclure dans le dossier le verdict de culpabilité antérieur rendu à Toronto, estimant que cela contrerait l’idée d’une coïncidence ou toute autre explication innocente concernant le fait que ces deux événements soient survenus.

Gerri Wiebe, l’avocate de M. Nygard, a indiqué que son client attend son extradition vers les États-Unis pour des chefs d’accusation similaires.

La juge Fafard a accepté de reporter le prononcé de la peine jusqu’à ce que M. Nygard se soumette à une expertise médicale.

Mme Wiebe a précisé que les États-Unis ne pourront extrader M. Nygard qu’une fois que ses démêlés judiciaires au Canada seront réglés.

Elle a ajouté que reporter le prononcé de peine assurait que M. Nygard puisse rester dans le pays.

Le parquet américain a affirmé que les faits reprochés concernaient au moins des dizaines de victimes aux États-Unis, aux Bahamas et au Canada.

Les autorités américaines ont affirmé qu’au cours d’une période de 25 ans, M. Nygard avait utilisé l’influence, les employés et les fonds de son entreprise de mode pour recruter et exploiter des femmes et des jeunes filles à des fins de satisfaction sexuelle, tant pour lui-même que pour ses amis et ses associés.

« Son transfert aux États-Unis à ce stade aurait des conséquences néfastes sur sa santé », a affirmé Mme Wiebe.

Elle a ajouté que M. Nygard était affaibli et craignait qu’il ne survive pas à l’extradition.

Les avocats se présenteront à nouveau devant le tribunal le 2 octobre pour présenter une recommandation commune concernant la peine.