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Perdre, accepter… et déjà penser à demain

Au lendemain de la défaite des Bleus face à l'Espagne, le bilan d'une prestation jugée insuffisante. Entre déception collective et fin de cycle, retour sur une rencontre marquante et sur les perspectives de renouveau pour le football français.

Au lendemain de la défaite des Bleus face à l'Espagne, le bilan d'une prestation jugée insuffisante. Entre déception collective et fin de cycle, retour sur une rencontre marquante et sur les perspectives de renouveau pour le football français.

Le but c'est d'accepter, d'abord qu'on ne comprendra peut-être jamais ce qui ne s'est pas passé hier soir sur la pelouse de Dallas, ce non-match, ce non-combat, comment les Bleus ont-ils pu à ce point se soumettre à la puissance tactique de l'Espagne qui, sans faire un gros match, en a livré un immense, en fait, une victoire à l'étouffée, en quelque sorte.

Un naufrage collectif

Accepter que pour les Bleus, rien n'a marché hier soir, puisque rien n'a même été tenté, aucune classe à Dallas, une pauvre prestation, la tête baissée face à un collectif espagnol qui avait bien raison de bomber le torse en expliquant que la France devait avoir peur d'eux, eh bien c'est exactement ce qui s'est passé, pas de révolte, pas de contestation, une faillite d'individualités qui conduit à un naufrage collectif. Il faudra accepter, là encore, de se contenter d'un dernier match en Floride, samedi, terminus d'une compétition, où là, tout sera petit, comme cette finale, sauf la désolation et la tristesse.

Savoir encaisser

Il faudra accepter que c'est tristement mérité, accepter aussi, et ce sera peut-être le plus dur, qu'il ne faut pas honnir ce que pendant un mois, on a adoré. Attention, la courte vue n'offre jamais aucun horizon ni aucune profondeur, non, il ne faudra pas jeter DD (Didier Deschamps) avec l'eau du bain, même s'il a fait à peu près tous les mauvais choix hier soir, du début à la fin, y compris dans sa réaction post-match concernant l'arbitrage.

Il va falloir accepter que ça arrive en fait, de passer complètement au travers d'une rencontre, même si elle est prestigieuse. Et cela ne balaie pas les bonheurs et les plaisirs passés, ceux de l'ère Deschamps qui restera jusqu'à preuve du contraire la plus riche et la plus glorieuse du foot français dans quelques heures, quelques jours peut-être. Le nouveau sélectionneur sera nommé : un secret de polichinelle qui s'appelle Zizou et qui n'effacera ni les triomphes ni les déceptions, mais qui aura le mérite de pouvoir faire un vrai reset, les talents ne vont pas s'évaporer dans l'été. Ils vont tous revenir fin août pour voguer vers de nouvelles aventures, rappelés par Zidane, qui sait mieux que quiconque en fait, que la vie n'est jamais une gloire permanente et qu'on est encore plus grand quand on sait encaisser, tomber et se relever.

L'Espagne, nouvelle bête noire

C'est fou, 20 ans, 20 ans que la France plie face à cette nation du foot, la dernière fois que les Bleus ont fait leur loi face à la Roja, il était sur le terrain, il, c'est Zidane encore lui, c'était évidemment en 2006, en Allemagne. Hier soir, la force défensive dotée d'une maîtrise absolue était espagnole emmenée par Rodri, majestueux, Dani Olmo, monstrueux. Yamal, un gros filou, tout ça a une bonne tête de champions du monde, disons-le, parce que pour accepter de perdre, il faut pouvoir admirer un peu ces bourreaux, c'est ça le but.

À écouter

France Inter

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