Pegasus Trains : la compagnie qui aime les tour-opérateurs et le…
Dans l’ombre de la SNCF ou de projets comme Velvet, Railcoop et Le Train, il existe une compagnie ferroviaire qui avance sans déclaration choc, ni nouveaux trains aux couleurs pétantes. La sociét...
Pegasus Trains va augmenter sa flotte en 2026Dans l’ombre de la SNCF ou de projets comme Velvet, Railcoop et Le Train, il existe une compagnie ferroviaire qui avance sans déclaration choc, ni nouveaux trains aux couleurs pétantes. La société Pegasus Trains est née en septembre 2024 et a pu se lancer officiellement quelques mois plus tard, le temps de trouver du matériel et un client. Alors que l’entreprise se prépare à accueillir une nouvelle rame, elle part à la conquête des agences de voyages et des tour-opérateurs.
David Mascorda et Guillaume de Marcillac, les deux fondateurs de Pegasus Trains - Crédit photo : Emile Rivet Personne ne le sait, ou presque, mais la SNCF n’est pas la seule compagnie ferroviaire française à opérer sur notre territoire. En effet, tapie dans l’ombre de sa grande sœur, il existe pourtant une entreprise qui possède une rame et roule depuis l’hiver 2025. À sa tête, un visage bien connu de l’industrie touristique : Guillaume de Marcillac. On l'a connu comme PDG de TravelFactory ou encore responsable financier d’Egencia et de Karavel-Promovacances. Il arbore désormais sa casquette de chef de train, à la tête de Pegasus Trains. Après un galop d’essai avec son ancien employeur lors du lancement du Travelski Express, pour redéployer l’Eurostar entre Londres et Bourg-Saint-Maurice, Guillaume de Marcillac a décidé de prendre son envol et donc de créer sa propre compagnie ferroviaire. La première difficulté a été de trouver le matériel. "Nous avons sillonné toute l’Europe pour trouver des propriétaires prêts à nous louer des voitures et une locomotive. Cela a nécessité beaucoup de travail pour dénicher et négocier du matériel qui venait de différents endroits. Notre voiture-restaurant vient des Pays-Bas, les voitures-couchettes viennent du Bade-Wurtemberg et la locomotive de France. Il y a des barrières à l’entrée très importantes dans le ferroviaire, ce qui explique le très faible nombre de nouveaux entrants ", nous explique l’heureux cofondateur de Pegasus Trains et propriétaire d’une rame.Pegasus Trains : "Nous sommes dans le slow travel", pas un TGV
"Nous sommes une compagnie ferroviaire, mais je n’utilise pas le terme d’entreprise ferroviaire, qui est un terme juridique spécifique. En effet, il existe trois statuts dans le monde ferroviaire. Le premier est celui de candidat autorisé, ce qui signifie que vous êtes reconnu comme crédible par SNCF Réseau et SNCF Gares & Connexions. Vous êtes un interlocuteur officiel pour ces entreprises. Le deuxième statut s’appelle la licence ferroviaire. Un peu à l’image de l’immatriculation pour les agences de voyages, c’est une reconnaissance accordée par le ministère des Transports et Bercy, qui s’appuie sur le fait que vous avez des capitaux propres suffisamment importants et certaines caractéristiques en matière de management. Le dernier grade, le plus élevé, est le certificat de sécurité de l’entreprise ferroviaire. C’est un processus complexe, qui prend du temps à obtenir, " nous explique-t-il.A lire : Rail Charter Service : et si vous affrétiez des... trains ? Titulaire de la licence, Pegasus Trains ne peut donc pas faire conduire ses trains par ses propres équipes. La compagnie doit trouver du personnel en possession de ce certificat. Pour trouver des conducteurs, il suffit de passer par la SNCF ou par des acteurs du fret également autorisés à transporter des passagers. Il existe aussi des opérateurs européens dont le cœur de métier est de détenir ce type de certificat de sécurité, comme c’est le cas pour European Sleeper. "Nous sommes en quelque sorte un orchestrateur, avec le matériel d’un côté, la locomotive de l’autre et le conducteur. Nous assemblons toutes ces briques. Nous sommes aussi dans le slow travel. Nous ne proposons pas de grande vitesse, comme les TGV ou la Frecciarossa. Nous pouvons, sur une nuit, rouler sur 1 300 km. "Pegasus Train : "Nous aurons deux rames en fonctionnement" à la fin de l’année 2026
Pegasus Train devrait sortir de la montagne pour desservir le littoral l'été prochain - Crédit photo : Pegasus Trains Ainsi, Pegasus Trains propose un voyage plus lent que le TGV, mais qui a le mérite d’être décarboné. Chaque rame possède une capacité comprise entre 300 et 650 passagers, en fonction des besoins de la clientèle. Elle comprend un wagon-restaurant. Les trains ont une vocation internationale, même s’ils ne peuvent pas se rendre au Royaume-Uni, car le tunnel sous la Manche requiert des caractéristiques très spécifiques, réservées à l’Eurostar. "Ce sont des trains qui ont déjà été rénovés par leur propriétaire, auprès duquel nous avons passé un accord sur le temps long. Le matériel n’est pas notre propriété, donc nous ne pouvons pas faire de transformation. En revanche, il nous est possible de faire énormément de décoration extérieure et intérieure. Nos trains servent aussi de plateforme de communication ", poursuit Guillaume de Marcillac.La rame devient, par conséquent, un élément marketing pour les destinations et les tour-opérateurs, comme Travelski. D'ailleurs, fort de ce succès, après deux hivers d’affrètement pour le tour-opérateur spécialiste des séjours aux sports d’hiver, la compagnie ferroviaire veut faire grossir sa flotte. "Notre vision, c’est que, progressivement, notre flotte va grandir et notre projet est d’avoir peu à peu nos propres trains, que nous rénoverons nous-mêmes. Cela prend du temps. À partir de la fin de l’année 2026, nous allons doubler la mise et nous aurons deux rames en fonction, au lieu d’une seule actuellement", s’enthousiasme le dirigeant.Pegasus Trains devrait sortir de la montagne pour desservir le littoral l'été prochain
Pegasus Train : "nous allons nous adresser aux agences de voyages" et aux TO - Photo : Pegasus Trains La première poursuivra son activité entre Paris et Bourg-Saint-Maurice, quand l’autre aura une destinée plus européenne. "Le deuxième train va partir d’Amsterdam, puis s’arrêter à Rotterdam, Anvers et Bruxelles-Midi, avant de filer dans les Alpes. Il a vocation à s’adresser aux Hollandais, aux Belges et aussi un peu aux Anglais, car l’Eurostar marque un arrêt à Bruxelles-Midi. Nous sommes en pleine préparation de son déploiement et c’est, à nouveau, la Compagnie des Alpes qui l’a préempté dans le cadre d’un contrat pluriannuel.Ils sont très satisfaits des premières rotations qui ont eu lieu ", se félicite le cofondateur de Pegasus Trains.A lire : Agences, comment mieux vendre le train ? Si les rames vont rouler aux couleurs de Travelski pour les rotations du week-end, des rotations en semaine sont envisagées pour le matériel chargé de la ligne au départ de Paris. Un produit qui sera plutôt destiné aux agences de voyages, aux groupistes et aux tour-opérateurs. Les départs se feront chaque mardi soir et les retours les mercredis matin. "Notre business model n’est pas seulement de rouler l’hiver, mais aussi de rouler l’été, donc toute l’année. Actuellement, nous discutons avec d’autres tour-opérateurs pour le printemps et l’été 2027, afin de desservir d’autres territoires que les montagnes françaises ", nous dévoile Guillaume de Marcillac.Pegasus Trains pourrait être amené à prendre le large et à sillonner la côte française, à desservir des destinations urbaines, voire même à proposer des excursions à l’étranger l’année prochaine. Il faut dire aussi que ce genre de produit colle parfaitement à l’événementiel et aux différents festivals qui ont lieu l’hiver comme l’été. Pegasus Train : "Nous allons nous adresser aux agences de voyages" et aux TOPour trouver des trains, obtenir la licence ferroviaire et développer sa flotte, Pegasus Trains ne s’appuie pas seulement sur les capitaux apportés par ses fondateurs. Elle a dû faire appel à des investisseurs. "Nous levons des fonds au fur et à mesure du développement de l’entreprise. Contrairement à ce que peuvent penser les gens extérieurs, notre approche n’est pas énormément consommatrice de fonds propres, ce qui en fait un modèle assez attractif pour les investisseurs. Nous pré-vendons nos trains, donc notre chiffre d’affaires n’est pas lié au taux de remplissage. Alors bien sûr, il existe des risques d’exploitation. Et puis, nous inventons un nouveau métier ", dévoile le dirigeant.L’été dernier, la start-up a tout de même levé 1 million d’euros. Les besoins seront tout autres quand elle voudra posséder son propre matériel ferroviaire et surtout le rénover. Les zéros derrière le 1 seront sans doute plus nombreux. Mais là n’est pas encore le sujet. Pour l'heure, il s'agit surtout de nouer des contacts avec les professionnels du tourisme. "Nous n’avons pas beaucoup communiqué, car nous étions focalisés sur la réalisation de nos hivers et nous parlions d’abord aux gros opérateurs. Dorénavant, nous allons nous adresser aux agences de voyages et aux brokers, qui peuvent être des intermédiaires entre les agences de voyages, un CSE ou un groupiste, et nous", conclut Guillaume de Marcillac. Il sera d’ailleurs possible de rencontrer la petite équipe de Pegasus Trains sur le salon IFTM Top Resa, du 15 au 17 septembre 2026, au village des initiatives durables. Lu 295 fois Notez Nouveau commentaire : Tous les commentaires discourtois, injurieux ou diffamatoires seront aussitôt supprimés par le modérateur. Dans la même rubrique : |
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