Pêcheurs mobilisés en Méditerranée : blocages et manifestations, “un ras-le-bol général” - ICI
Face à la hausse continue du prix du gazole et à la "dégradation continue" de leurs conditions de travail, les pêcheurs de Méditerranée ont entamé lundi un mouvement de mobilisation, dénonçant un "ras-le-bol général" et réclamant des réponses concrètes de la part des pouvoirs publics.
Face à la hausse continue du prix du gazole et à la "dégradation continue" de leurs conditions de travail, les pêcheurs de Méditerranée ont entamé lundi un mouvement de mobilisation, dénonçant un "ras-le-bol général" et réclamant des réponses concrètes de la part des pouvoirs publics.
Les pêcheurs de Méditerranée se mobilisent ce lundi, évoquant "un ras-le-bol général" face aux nouvelles hausses du prix du carburant et à la "dégradation continue" de leurs conditions de travail.
Les comités régionaux des pêches d'Occitanie, de Paca et de Corse, les trois organisations de producteurs (OP) de Méditerranée, et des syndicats de marins (salariés et patronaux) annoncent un mouvement commun qui "se poursuivra tant que des réponses concrètes n'auront pas été apportées aux principales revendications de la profession", selon leur communiqué.
Le président du comité Occitanie, Bernard Perez, a prévu une manifestation devant les Affaires maritimes à Sète (Hérault) lundi après-midi.
Le gazole "représente les trois-quarts des frais sur une journée de pêche"
Une vingtaine de bateaux de pêche venus notamment de Banyuls-sur-Mer, Argelès-Saint-Cyprien et du Barcarès bloquaient aussi lundi matin le port de Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales, selon Manu Martinez, vice-président du comité local pêche de l'Aude et des Pyrénées-Orientales et pêcheur à Port-Vendres. Il pointe le gazole, qui "représente les trois-quarts des frais qu'on peut avoir sur une journée de pêche" quand avant "c'était 30%", la guerre au Moyen-Orient ayant entraîné ces derniers mois une hausse des prix du carburant.
Pour Christine Poncharreau, présidente du Comité régional des pêcheurs maritimes de Provence-Alpes-Côte d'Azur, dont une délégation s'est rendue à Sète pour cette première journée de mobilisation, "les prix exponentiels du carburant" rendent "l'équation financière, difficilement tenable", et ce, malgré les aides gouvernementales à la filière, reconduites pour septembre et octobre. Selon elle, le gazole pêche détaxé atteint aujourd'hui 1,20 euro le litre dans la région.
"C'est un tout, un ras-le-bol général"
Mais au-delà du seul carburant, c'est l'ensemble des difficultés du secteur qui nourrit la colère. "C'est un tout, un ras-le-bol général", a-t-elle expliqué à l'AFP, évoquant une profession confrontée à "une surcharge administrative" et à un cadre réglementaire toujours plus contraignant, notamment avec le règlement West Med, qui encadre le chalutage et devrait encore se durcir. À cela, s'ajoute un problème de renouvellement des générations : les jeunes hésitent à s'installer tandis que les plus âgés partent à la retraite, entraînant selon elle "une diminution sans précédent" de la flotte.
Ce mouvement social intervient alors que la France reste le deuxième producteur européen de produits de la pêche, derrière l'Espagne, avec 477.000 tonnes de poissons et crustacés pêchés en 2024, un volume quasi-stable (+1 %) par rapport à 2023, selon les données du gouvernement.