Pêche, BTP, agriculture… Lecornu a demandé à ses ministres de « prolonger » les aides sur le carburant
Reconduites récemment jusqu’à octobre pour le BTP, l’agriculture et la pêche, les aides ciblées aux secteurs touchés par la flambée des prix des carburants pourraient être prolongées jusqu’au 31 décembre, comme demandé par le Premier ministre. Et même revalorisées pour un secteur.
Pêche, BTP, agriculture… Lecornu a demandé à ses ministres de « prolonger » jusqu’au 31 décembre les aides ciblées sur le carburant
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Reconduites récemment jusqu’à octobre pour le BTP, l’agriculture et la pêche, les aides ciblées aux secteurs touchés par la flambée des prix des carburants pourraient être prolongées jusqu’au 31 décembre, comme demandé par le Premier ministre. Et même revalorisées pour un secteur.
Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de « prolonger » jusqu’au 31 décembre les dispositifs d’aides ciblées aux secteurs touchés par la flambée des prix des carburants, a rapporté ce mercredi son entourage. La hausse des prix à la pompe avait - il faut le dire - provoqué des appels à manifester évoquant le mouvement des Gilets jaunes, ainsi que le blocage de dépôts pétroliers par des pêcheurs en Méditerranée.
Aide revalorisée pour la pêche
« L’objectif est de préserver l’activité économique, l’emploi et la croissance, en donnant de la visibilité aux entreprises », selon la même source. Pour les pêcheurs, l’aide sera relevée de 25 à 35 centimes par litre, pour les entreprises éligibles du BTP, le soutien sera « prolongé à hauteur de 20 centimes » par litre de gazole non routier, et pour les agriculteurs, l’aide de 15 centimes par litre sera également « prolongée ».
« Après son ajustement à la baisse cet été, en raison de la baisse des prix cet été », l’aide aux pêcheurs « retrouvera ainsi son niveau maximal autorisé par la Commission européenne pour permettre aux navires de continuer à sortir en mer », ont expliqué les services du Premier ministre. Il est par ailleurs précisé que l’aide aux agriculteurs sur les carburants viendra « en complément des autres aides du plan d’urgence agricole ».
D’autres aides à venir ?
Le gouvernement ne ferme « pas la porte à de nouveaux dispositifs » d’aide « parce que cette situation devient de plus en plus difficile, et particulièrement depuis quelques semaines », avait indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, à l’issue du Conseil des ministres. À ce même Conseil des ministres, le président Emmanuel Macron a demandé à son gouvernement sa « totale mobilisation » sur « l’approvisionnement » et la « maîtrise des prix » des carburants, selon elle.
Elle avait évoqué un travail « sur une possibilité d’avoir davantage de flexibilité dans la réglementation à l’échelle européenne », notamment pour « assouplir un petit peu le système » concernant les raffineries. Car environ 10 % des stations-services ont une difficulté d’approvisionnement sur « au moins un carburant », dont l'« immense majorité » appartiennent au réseau TotalEnergies, qui pratique un plafonnement de ses prix, selon la porte-parole.
« Ce n’est pas suffisant du tout »
« Ce n’est pas un cadeau du gouvernement, c’est de la poudre aux yeux ces 10 centimes car le prix du carburant a augmenté », a déclaré à l’AFP Ange Natoli, patron-pêcheur à Martigues (Bouches-du-Rhône). D’après lui, les 10 centimes suivent « un mécanisme de compensation lié à l’augmentation à la pompe ».

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Pour Bertrand Wendling, directeur de l’organisation des producteurs SaThoAn (120 navires) à Sète, cette mesure « est une prise en compte des revendications des pêcheurs, mais malheureusement ce n’est pas suffisant du tout », estime le patron. « Le seuil de rentabilité d’un navire de pêche, notamment un chalutier, c’est autour de 70 centimes du litre et aujourd’hui, on est à 1,30 euro à Sète, et dans certains ports, on est à plus », poursuit-il. « C’est un effort qui est fait par le gouvernement », reconnaît aussi Bernard Perez, président du Comité régional des pêcheurs d’Occitanie, « mais à moyen ou long terme, 35 centimes, ça ne sera pas viable, surtout si ça continue à augmenter. Ce n’est pas suffisant ! », martèle le dirigeant.