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Paul St-Pierre Plamondon laisse entrevoir ses premiers gestes de…

Le 34e premier ministre désigné du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, veut utiliser l’argent consacré à la lieutenante-gouverneure pour lutter contre l’itinérance. Il ne sait toutefois toujours pas comment — et ...

Le 34e premier ministre désigné du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, veut utiliser l’argent consacré à la lieutenante-gouverneure pour lutter contre l’itinérance. Il ne sait toutefois toujours pas comment — et si — il peut se débarrasser de la représentante officielle du roi d’Angleterre.

Depuis sa victoire de lundi, l’élu du Parti québécois (PQ) a demandé un avis juridique afin que l’actuelle occupante du siège de lieutenante-gouverneure, Manon Jeannotte, « ne participe pas à la cérémonie initiale [d’assermentation des députés] et que les sommes consenties à cette fonction soient désormais réattribuées à la lutte contre l’itinérance au Québec ».

Il s’agira d’un des premiers gestes posés dans son mandat de premier ministre, a-t-il indiqué mardi lors d’une première conférence de presse depuis son accession au gouvernement. Or, pour l’instant, personne ne sait comment il y parviendra.

« Tout ça va être entre les mains de juristes en charge d’évaluer les scénarios », a affirmé M. St-Pierre Plamondon, qui s’étonne que les lois du Québec soient toujours sanctionnées par le « représentant d’un roi étranger ».

« Est-ce qu’on a vraiment besoin de quelqu’un qui vient donner le sceau d’un roi pour que le peuple parle ? La réponse est non », a lancé l’élu péquiste, ouvrant la porte à « garder [ce] sceau d’approbation », mais « entre les mains d’un gardien du peuple, d’une entité à réinventer ».

Lutte contre l’itinérance

En 2026-2027, le gouvernement québécois avait prévu un budget de 1,3 million de dollars pour le cabinet de la lieutenante-gouverneure. PSPP s’engage à tout verser dans la lutte contre l’itinérance.

Le nouveau premier ministre désigné avait justement fait de ce dossier une « affaire personnelle » durant la campagne électorale. Pour le démontrer, il organisera rapidement un « grand rendez-vous sur l’itinérance ». « Ce sera le premier geste que je poserai », a-t-il dit.

Devant les journalistes, Paul St-Pierre Plamondon a tenu à rappeler « que l’argent ne pousse pas dans les arbres ». Devant le déficit budgétaire et les « couches de bureaucratie » laissées par le gouvernement sortant, il lance un avertissement aux employées de l’État : il faudra faire « des efforts ». « On est dans une logique d’enlever des programmes superflus. On n’est pas dans son une logique qui vise des personnes », a-t-il précisé mardi.

Pendant la campagne électorale, PSPP s’est engagé à réduire de 2,5 % la masse salariale de l’État québécois. Pour ce faire, il souhaite procéder par attrition et en instaurant un gel d’embauches. Il veut également abolir Santé Québec.

Sur ce sujet, le chef du PQ croit pouvoir s’entendre avec ses collègues de l’opposition conservatrice, a-t-il dit. Avec les libéraux, il pourrait s’aligner en matière de prévention et de santé. Avec les solidaires, sur les questions touchant le filet social. « J’ai hâte de travailler avec les partis d’opposition dans l’intérêt supérieur du Québec », a-t-il souligné, moins de 24 heures après avoir appris qu’il dirigerait un gouvernement minoritaire.

Le premier ministre désigné convient que, pour toute question qui nécessite le dépôt d’une loi, le gouvernement aura besoin « de la collaboration des autres partis qui seront peut-être tentés de poser des conditions ». « On est devant des négociations », a-t-il ajouté.

C’est le cas par ailleurs du référendum sur l’indépendance qu’il a promis dans un premier mandat, mais dans l’après-Donald Trump. À l’heure actuelle, 68 représentants élus portent les couleurs de formations souverainistes, mais les porte-paroles de Québec solidaire, Ruba Ghazal et Sol Zanetti, ont laissé entendre mardi que leur appui au projet ne serait pas inconditionnel.

À Montréal, ils ont rappelé mardi qu’ils souhaitaient « une construction commune avec les Premières Nations et les Inuits ». Or, au cours de la campagne, Paul St-Pierre Plamondon avait affirmé qu’il ne donnerait pas de « droit de veto » aux nations autochtones sur la question de la constitution provisoire qu’il souhaite déposer avant le déclenchement d’un référendum.

Un référendum ? Pas si vite

Malgré un appui d’environ 40 % à des formations politiques se disant souverainistes lundi soir, Paul St-Pierre Plamondon persiste et signe. « Même quand ça demande du courage, on prend la responsabilité de mettre l’avant ce qu’on pense est la meilleure réponse », a-t-il soutenu.

M. St-Pierre Plamondon n’y était pas allé par quatre chemins dans son discours de victoire de lundi : « La courageuse lutte des francophones en Amérique pour perdurer dans leurs différences culturelles trouvera un sens lorsque ce peuple obtiendra son pays et la reconnaissance qui en retourne », avait-il affirmé.

En parallèle de ces démarches visant à accéder à l’indépendance, Paul St-Pierre Plamondon tentera de tisser une relation de « collaboration » et de « respect » avec le premier ministre canadien, Mark Carney, « à condition que l’intérêt du Québec soit servi ». « Nous nous sommes parlé ce matin et on a convenu de se rencontrer prochainement », a-t-il dit.

Quelques jours après avoir attaqué son nouvel homologue en raison de ses intentions de réfléchir à une « augmentation contrôlée » de l’immigration, Paul St-Pierre Plamondon s’est montré moins inquiet mardi. « [M. Carney] m’a assuré que ce n’était pas un projet immédiat. Il parlait plutôt généralement de l’avenir. »

Après avoir nommé sa garde rapprochée en matinée, le chef du prochain gouvernement entend procéder rapidement à la nomination de son Conseil des ministres. Privé de deux loyaux soldats, Pascal Paradis et Alex Boissonneault, défaits lundi, il compte passer par d’autres moyens pour que ces derniers puissent « continuer de servir le Québec ».