Patrimoine. « C’est une première » : une exposition dans les coulisses présidentielles au château de Rambouillet
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« C’est une première » : une exposition dans les coulisses présidentielles au château …
Ex-villégiature d’été et lieu de travail, le château des Yvelines a, jusqu’à une période récente de la Ve République, accueilli les présidents pour des week-ends en famille et servit de décor à de nombreux rendez-vous internationaux. Une réalité du pouvoir que peuvent désormais appréhender les visiteurs dans le parcours muséal “100 ans de diplomatie à Rambouillet” ouvert depuis début juillet.
Christine Beranger -
Aujourd’hui à 08:15 | mis à jour aujourd’hui à 08:19
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Le château de Rambouillet, à une cinquantaine de kilomètres de Paris, a officiellement perdu son rang de villégiature présidentielle en 2018. En réalité, Jacques Chirac a été le dernier des chefs d’État à prendre ses quartiers d’été dans les Yvelines. Élu en 2007, Nicolas Sarkozy a préféré occuper La Lanterne à Versailles, jusqu’alors réservée au Premier ministre.
Devenu exclusivement un musée confié au Centre des monuments nationaux (CNN), le château de Rambouillet continue cependant à capitaliser sur le rôle politique qui fût le sien, depuis l’Ancien Régime jusqu’à la Ve République. En témoigne, le parcours de visite permanent “100 ans de diplomatie” inauguré début juillet et l’ouverture de l’appartement présidentiel tel qu’il a été occupé par Valéry Giscard d’Estaing sous son septennat (1974-1981).
Le château de Rambouillet. Photo d'archives Sipa/TF1/Sureau
« Valéry Giscard d’Estaing aimait beaucoup Rambouillet. Il y venait à la fois pour des séjours familiaux et des rendez-vous officiels », souligne Isabelle de Gourcuff, administratrice du château. Surtout, “VGE” a redonné à Rambouillet sa vocation diplomatique naturelle liée à la chasse que l’on pratiquait dans son vaste domaine forestier depuis François 1er. En novembre 1975, le président français y organise avec son homologue américain, Gerald Ford, un premier G6 (élargi en G7 par la suite), comptant sur le cadre bucolique pour favoriser des relations plus directes entre dirigeants des puissances occidentales.
« Jusqu’ici ces espaces n’étaient pas accessibles au public »
La tenue de ce premier sommet a profondément contribué à la transformation de Rambouillet. Il s’agissait de l’adapter à ces rendez-vous très protocolaires, très codifiés dans ses usages. « C’est ce que l’on montre au public et évidemment, cela l’intéresse car ce récit et son décor d’époque, reconstitué de façon authentique avec le Mobilier national, font référence à une histoire somme toute récente que beaucoup de nos visiteurs ont connue. Et tout ce que l’on raconte est vrai, étayé par les archives nationales, diplomatiques et photographiques », détaille encore Isabelle de Gourcuff.
Les témoignages sonores du majordome du président et de plusieurs de ses anciens collaborateurs encore en vie recueillis avec l’aide de la Fondation Valéry Giscard d’Estaing, font parler tous ces meubles et laissent entrevoir la vie présidentielle, côté cour et un peu, côté jardin. « C’est une première car jusqu’ici ces espaces n’étaient pas accessibles au public. On a choisi de privilégier la vie officielle du président car l’on a davantage de choses à raconter, notamment sur la préparation de ces sommets. Mais on sent qu’il y a une vraie appétence des visiteurs pour les coulisses du pouvoir et le quotidien des présidents », résume l’administratrice du château.