Pas de fusion éventuelle avec Ethias avant la privatisation partielle de Belfius, selon Jan Jambon
Le projet de rapprochement entre les deux groupes financiers publics ne figure pas à l'ordre du jour dans l'immédiat, selon le ministre des Finances Jan Jambon (N-VA). Une fusion que défend le président libéral Georges-Louis Bouchez.
Depuis quelques jours, on reparle à nouveau beaucoup de Belfius et d'Ethias. Au point que l'on ne savait plus très bien s'il fallait encore parler de deux dossiers distincts – celui de la privatisation partielle de Belfius avec la vente d'une tranche de 20 % des parts (NdlR : ce qui pourrait rapporter 2 milliards d'euros à l'État belge) à des investisseurs privés et celui de l'analyse d'un possible rapprochement entre Belfius et l'assureur liégeois Ethias – ou s'il s'agissait désormais d'un seul et même dossier, tant les enjeux semblaient interconnectés.
Champion de la bancassurance
D'autant que dans la nuit de vendredi à samedi, le gouvernement a précisé qu'il allait sonder les Régions (NdlR : wallonne et flamande) pour voir si elles étaient "vendeuses" de leurs parts dans Ethias, accréditant le scénario privilégié par le MR d'un rapprochement avec Belfius permettant de créer un champion belgo-belge de la bancassurance et de préserver un centre de décision en Belgique dans un secteur financier où plusieurs acteurs sont passés sous pavillon étranger.
Bref, un peu de clarté s'imposait sans doute dans le chef du politique sur la méthode suivie. Le ministre des Finances, Jan Jambon (N-VA), s'y est employé ce mercredi en commission de la Chambre, en précisant qu'il n'y aura pas de fusion (éventuelle) de Belfius et d'Ethias avant la vente partielle de Belfius.
Belfius, Ethias, Ageas...: pourquoi le secteur financier redevient un enjeu de souveraineté économique pour l'ArizonaLes deux enjeux sont donc bien dissociés dans le temps. L'État est, il est vrai, à la recherche de milliards pour financer notamment les efforts dans le domaine de la défense et la réalisation d'une fusion entre Belfius et Ethias est un processus à la fois long et complexe. Sans garantie de résultat.
"Le processus de fusion d'Ethias et Belfius et la procédure de vente 20% du capital de Belfius ne peuvent être exécutées ensemble."
Alors que le processus de privatisation partielle est lancé, "il est juridiquement difficile et très discutable de mener une telle fusion sans processus de vente ouvert et transparent", a expliqué le ministre, dans des propos relayés par l'agence Belga. Il ne serait notamment pas possible de mener une "due diligence" (NdlR: analyse des comptes) correcte. Quand Jan Jambon parle de processus de vente "ouvert et transparent", il semble aussi écarter l'idée d'un rapprochement arrangé, voire forcé par l'État (NdlR : les managements de Belfius et d'Ethias ont de sérieuses réserves, voire s'opposent à un tel deal) entre les deux groupes belges. Et si vente d'Ethias il y a par les Régions, elle devra permettre à Belfius mais aussi à d'autres prétendants, éventuellement étrangers, de se manifester.
Belfius-Ethias, un dossier miné"Le processus de fusion d'Ethias et Belfius et la procédure de vente de 20 % du capital de Belfius ne peuvent être exécutés ensemble", a encore explicité Jan Jambon. "La piste de la privatisation de Belfius sans intégration préalable d'Ethias est dans l'intérêt de l'État et des deux entreprises."
Reste à voir si cette méthode, désormais clarifiée, ne suscitera pas des tensions au sein de la majorité Arizona. On le sait, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, est un ardent avocat d'un rapprochement entre Belfius et Ethias. Une opération qu'il aurait voulu voir se concrétiser avant de parler d'une éventuelle privatisation… Le MR semble, en tout cas, bel et bien isolé au sein de l'Arizona sur cette question.
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