Pas-de-Calais. Le lycéen amputé d’une main à Lens dément avoir ramassé la grenade et livre sa version
Le lycéen grièvement blessé lundi à Lens « dément avoir ramassé la grenade » qui a arraché sa main gauche et « nie toute participation à des violences ». ...
Le lycéen grièvement blessé lundi à Lens « dément avoir ramassé la grenade » qui a arraché sa main gauche et « nie toute participation à des violences ».
La rédaction avec AFP -
Hier à 20:39 | mis à jour hier à 20:40
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Le lycéen grièvement blessé lundi à Lens (Pas-de-Calais) « dément avoir ramassé la grenade » qui a arraché sa main gauche et « nie toute participation à des violences », affirme son avocate dans un communiqué ce samedi.
Vendredi, le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, s'appuyant sur les premiers éléments de l'enquête confiée à l'IGPN, a estimé que le tir de la grenade policière s'est fait « conformément au mode opératoire » prescrit par la réglementation. Il a par ailleurs indiqué que « l'ensemble des témoignages [...] à l'exception d'un seul convergent sur le fait que la grenade a été tirée à longue distance (80 mètres) », qu'elle « a atterri au sol », avant que l'un des manifestants « ne s'en empare jusqu'à ce qu'elle explose », précisant toutefois qu'il « n'existe pas de vidéo à disposition des enquêteurs permettant de visualiser l'explosion de la grenade ».
« Evan est la victime »
« Evan conteste formellement la version des faits retenue par le parquet », répond ce samedi Me Christine Bouquet-Wattez, l'avocate de l'adolescent et de sa mère. « Sa famille s'étonne de voir la version policière déjà soutenue par le procureur, alors même qu'Evan n'a pas encore été entendu par la police, qu'aucune image directe des faits n'est disponible et que les témoignages recueillis présentent des divergences », poursuit-elle. « Il faut rappeler l'évidence », souligne l'avocate : l'adolescent, dont la main gauche a été arrachée par l'explosion d'une grenade assourdissante, « est la victime ». « Aucune opération de maintien de l'ordre ne saurait justifier qu'un adolescent perde une main », insiste Me Bouquet-Wattez, déplorant que l'on fasse « peser sur Evan la responsabilité de sa propre mutilation ».
Auditionnée jeudi, la mère de l'adolescent a déposé plainte « pour les blessures subies par son fils », selon le procureur de Béthune. Ce dernier a par ailleurs indiqué que l'enquête, qui tente notamment de déterminer si le lycéen a ramassé la grenade ou si elle a atterri sur lui, « se poursuit ».
Cette affaire, parmi d'autres cas de blessures graves de lycéens imputées aux forces de l'ordre, a suscité une vive émotion et des critiques à gauche sur les méthodes de maintien de l'ordre depuis le début du mouvement de protestation des lycéens mi-septembre. En réaction, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a ordonné mercredi la suspension de l'usage des grenades assourdissantes face à la mobilisation lycéenne, tant que les circonstances du drame à Lens n'auront pas été éclaircies.