Pas-de-Calais. Accusé de viols, le tatoueur d’Arras s’est suicidé dans la douche de la prison
Jeudi, son procès avait été renvoyé sine die, l'accusé de 54 ans ayant été découvert le matin même pendu alors qu'il était allé prendre sa douche au centre pénitentiaire de Longuenesse.
Florent M., un tatoueur d’Arras accusé de cinq viols et onze agressions sexuelles sur des clientes, est décédé ce vendredi à la suite de sa tentative de suicide la veille, annonce La Voix du Nord.
Jeudi, son procès avait été renvoyé sine die, l'accusé de 54 ans ayant été découvert découvert pendu vers 8 heures du matin alors qu'il était allé prendre sa douche au centre pénitentiaire de Longuenesse, non loin de Saint-Omer (Pas-de-Calais).
Florent M., qui avait nié en bloc tous les faits qui lui sont reprochés à l'ouverture de son procès, vendredi dernier, avait commencé à en reconnaître certains au fil des jours et des auditions de ses victimes présumées : « On voyait le personnage commencer à s'effriter », a confié Emmanuel Riglaire, avocat de l'une des parties civiles.
Le procès touchait à sa fin
« Il nous avait promis encore des aveux aujourd'hui », a-t-il ajouté. « On attendait des réponses. J'ai eu quelques aveux, des excuses de l'accusé, mais il y a un sentiment d'inachevé », a réagi l'une des victimes présumées du tatoueur, qui a souhaité garder l'anonymat.
Le procès était suspendu depuis jeudi matin. Mais il touchait à sa fin, avec les plaidoiries des parties civiles, le réquisitoire et la plaidoirie de la défense initialement prévues jeudi, avant le verdict prévu ce vendredi.
L'avocat général avait dès lors estimé que le procès « devait continuer », tandis que les avocats des parties civiles étaient divisés. « Un procès sert aussi à ce qu'il (l'accusé, NDLR) entende la parole des avocats, du parquet. Sa position aurait encore pu évoluer demain », a estimé Me Marie Fichelle, avocate de deux victimes dans cette affaire. L'avocat de la défense, Me Mathieu Strubbe, qui avait dit ne pas savoir s'il fallait ou non poursuivre les débats sans son client, n'a pas réagi publiquement au renvoi du procès.
En détention provisoire depuis près de trois ans, Florent M. est accusé du viol de cinq femmes et d'agressions sexuelles sur 11 autres, pour des faits commis entre 2006 et 2023 dans le cadre de son activité de tatoueur. Il encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion.
etb-siu/dfa