Paris. « Pluie de décorations » : le général Puga placé en garde à vue pour des Légions d’honneur suspectes
Le général Benoit Puga a été entendu par les enquêteurs de l'Office anticorruption. Il est soupçonné d'être de corruption et de trafic d'influence pour des faits datant de son passage à la grande chancelierie de la Légion d'honneur.
Le général Benoît Puga, ancien grand chancelier de la Légion d'honneur, a été placé en garde à vue mardi et mercredi dans l'enquête pour corruption et trafic d'influence en lien avec la remise de décorations, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. Le général a été entendu par les enquêteurs de l'Office anticorruption (Oclciff), chargé de l'enquête, a précisé cette source, confirmant une information du Parisien.
A l'issue de sa garde à vue mercredi, le militaire, ancien chef de l'état-major particulier de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy puis François Hollande, a été relâché sans poursuite à ce stade, a-t-elle précisé. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire en septembre 2023 pour corruption, trafic d'influence et prise illégale d'intérêts visant Benoît Puga et le sénateur LR Jean-Pierre Bansard, décédé en 2024.
Vacances en Corse, dîners, contrats...
Cette procédure « vise à éclaircir si, et dans quelles conditions, Benoît Puga – à l'époque où il était Grand Chancelier de la Légion d'honneur – est intervenu pour permettre à plusieurs personnes appartenant à l'entourage familial ou professionnel de Jean-Pierre Bansard de bénéficier de décorations entre 2016 et 2023 », avait indiqué à l'époque à l'AFP une source judiciaire. Les investigations devront déterminer « le cas échéant, si ces interventions ont donné lieu à des contreparties directes ou indirectes », avait-elle précisé.
Homme d'affaires et sénateur, Jean-Pierre Bansard a été élevé en 2015 à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur. Il a dirigé le groupe hôtelier et immobilier Cible et créé le parti de droite Alliance solidaire des Français de l'étranger (ASFE) en 2009. Dans le cadre de cette enquête, des perquisitions avaient été réalisées début 2024.
Selon Le Parisien, l'épouse du général ainsi que d'autres personnes ont été entendues en audition libre et un homme d'affaires a été placé en garde à vue. Mediapart, qui avait révélé en 2023 les liens entre le sénateur et le général Puga, affirmait que le militaire avait bénéficié entre autres de vacances en Corse et de dîners. L'un de ses fils aurait aussi décroché des contrats avec des structures liées à Jean-Pierre Bansard, selon Mediapart.
Des membres de la famille du sénateur et de son entourage politique ont reçu « une pluie de décorations », la Légion d'honneur ou la médaille du Mérite, détaillait le site d'investigations. Jean-Pierre Bansard avait contesté les faits, se disant « persuadé » que l'enquête « permettra de contrarier les accusations et insinuations véhiculées par un média ».