Papier, crayon, marqueur, encre acrylique : dans son atelier situé tout près du circuit Paul-Ricard, cet artiste varois dévoile les entrailles des nobles mécaniques d’antan
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Maître de l’écorché technique, l’illustrateur varois Sébastien Sauvadet met à nu subtilement les bêtes de course. Rencontre au Castellet dans le paddock des Dix Mille Tours.
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GI.L
Gil Léon
Créé le 31 août 2026 • 19:40
Mis à jour le 31 août 2026 • 19:40
Photo Luc Boutria
Si vous avez sillonné en long et en large et le village des exposants du Grand Prix de France Historique, au printemps, ou déambulé dans le paddock des Dix Mille Tours, le week-end dernier, nul doute que ce coup de crayon à nul autre pareil a aimanté votre regard.
Personnage singulier du monde de l’art automobile, Sébastien Sauvadet dévoile l’intimité des voitures de course d’hier et d’avant-hier via ses dessins en écorché technique.
« Je croquais des bagnoles »
« La passion du sport auto, je l’ai embrassée dès ma plus tendre enfance, à 4 ou 5 ans, en banlieue parisienne, dans les pas de mon père qui fréquentait assidûment ce milieu, suivait ses amis pilotes », raconte l’illustrateur varois dont l’atelier est niché à deux pas du circuit Paul-Ricard, du côté de Signes. « Lui, il prenait des photos. Moi, je croquais les bagnoles sur un bout de papier. Sans imaginer un instant que ça deviendrait mon job. Ado, au Beausset, où j’ai grandi durant les années 80, je me voyais plutôt bricoler des moteurs, être préparateur. Je montais souvent au Castellet en auto-stop. J’arrivais à me faufiler partout, au plus près des hommes et des machines, même lors du Grand Prix de France F1. C’était presque ma deuxième maison ».
Aujourd’hui, celui-ci plonge bel et bien dans les entrailles mécaniques, sous les capots. Mais pas avec les outils qu’il imaginait.
Sa sensibilité artistique s’exprime d’abord à travers des bandes dessinées, des affiches… Chemin faisant germe l’idée de l’écorché. « Ça vient de loin », poursuit le quinquagénaire. « Gamin, je feuilletais beaucoup de vieilles revues spécialisées, L’Automobile Magazine entre autres. Une pub pour la Peugeot 404 m’avait marqué. Le coffre était écorché afin de vanter la capacité de chargement. On voyait les valises ! Voilà, ce procédé m’a tapé dans l’œil, en quelque sorte. Je me le suis approprié et je l’ai développé à ma manière ».
Précision d’orfèvre
Top départ en 1998, au salon Rétromobile, où les premiers croquis présentés suscitent un vif intérêt. Encouragé à développer le concept par des maîtres du dessin tels que Jean Giraud, alias Mœbius, et Denis Sire, Sébastien Sauvadet reproduit ainsi moteurs, châssis, structures avec une précision d’orfèvre. Et « sans aucune interprétation » souligne l’artiste dont le travail minutieux commence en décortiquant photos, revues techniques… et même « le véhicule réel pour certains détails cachés, si possible ». Une fois toutes les mesures prises, papier, crayons, marqueurs et encre acrylique entrent en scène. « Il peut aussi y avoir de la craie, du stylo-bille, du crayon de couleur. Jamais de gouache ni d’huile, en revanche… »
Son talent a vite séduit nombre d’amateurs de nobles mécaniques d’antan, parmi lesquels quelques collectionneurs de renom. Mais aussi des institutions prestigieuses comme M24, le musée flambant neuf jouxtant le circuit du Mans qui lui ouvre ses portes.
Une « Birdcage » en pole
Si Ferrari et Porsche figurent en première ligne sur la grille des « best sellers », son coup de cœur personnel porte la griffe d’une autre marque.
« Bien que ce fût un échec commercial, je garde une tendresse particulière pour l’écorché en noir et blanc d’une Maserati Birdcage produit il y a un certain temps. En pole position ! Tout simplement parce que cette auto des années 60 disposait d’un châssis hallucinant, ultra-léger, constitué de plus de 200 petits tubes d’aluminium. Challenge très intéressant que j’estime avoir réussi puisque même les imperfections de ce dessin me plaisent. »
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