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Ottawa demande de se préparer à remettre l’alcool américain en vente

Ottawa a demandé aux provinces et aux territoires de se tenir prêts à remettre l'alcool américain sur les tablettes dans l'éventualité d'un accord entre le Canada et les États-Unis, à quelques jours de l’entrée...

Ottawa a demandé aux provinces et aux territoires de se tenir prêts à remettre l'alcool américain sur les tablettes dans l'éventualité d'un accord entre le Canada et les États-Unis, à quelques jours de l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane de 50 % sur une multitude de produits canadiens, selon des sources de CBC.

Un tel accord est toutefois toujours loin, selon Ottawa, ont indiqué ces sources bien informées de la rencontre entre le ministre responsable du Commerce États-Unis–Canada, Dominic LeBlanc, et les ministres provinciaux responsables du commerce. Des divergences importantes subsistent entre les deux parties, ont-elles ajouté.

À l'issue de cette rencontre, le ministre de l’Économie du Québec, Bernard Drainville, a, lui aussi, déclaré que le Canada et les États-Unis étaient assez loin d’une entente. Pour le moment, il n’a aucun signe que M. Trump pourrait reporter l’application des tarifs de 50 % mardi prochain, a-t-il ajouté.

Ottawa a aussi fait savoir aux provinces qu'en échange d’une diminution importante des droits de douane sectoriels, le Canada devrait céder sur certains irritants de l’administration Trump, soit les droits de douane sur le secteur automobile, le retrait de l'alcool américain des étagères, ainsi que les quotas sur les produits laitiers.

Le retrait de l'alcool américain et les droits de douane sur le secteur automobile faisaient partie de la réponse initiale du Canada aux menaces tarifaires du président Donald Trump.

La gestion de l'offre

En point de presse après cette rencontre, la première ministre du Québec, Christine Fréchette, a soutenu qu’aucune concession ne devait être faite concernant la gestion de l’offre.

Je veux réitérer auprès du gouvernement fédéral l’importance de préserver le système de gestion de l’offre. C’est une ligne à ne pas dépasser dans le cadre des négociations en cours parce que c’est au cœur de la préservation de nos producteurs et transformateurs laitiers, a-t-elle affirmé devant les journalistes, après avoir rencontré les représentants du secteur agricole.

Christine Fréchette regardant sa montre.

La première ministre du Québec, Christine Fréchette, craint des répercussions dans le secteur laitier, qui embauche des dizaines de milliers de personnes. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il faut préserver ce système parce qu’on ne veut pas adopter un système à l’américain avec de grandes usines et la fin des fermes familiales, a dit Mme Fréchette. C’est ce qui fait la force de notre secteur et on veut garder cette vivacité-là.

Le Québec a déjà grandement payé, a-t-elle ajouté, citant les répercussions de cette guerre commerciale dans les secteurs de l'aluminium, de l’acier et du bois d'œuvre, entre autres.

Aux côtés de la première ministre, le président par intérim des Producteurs de lait du Québec, Alain Brassard, a souligné : Ce sont des fermes familiales [qui sont menacées], ce ne sont pas de grandes entreprises; c'est important de conserver ça au Québec.

Fréchette rencontre les syndicats

La première ministre a également rencontré les syndicats de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

La présidente de la CSN, Caroline Senneville, a dit avoir demandé au gouvernement du Québec d’avoir un plan pour venir en aide aux secteurs qui seront touchés, comme la foresterie et la culture. Il faut espérer pour le mieux, mais toujours se préparer pour le pire, a-t-elle fait valoir.

Le ministre LeBlanc et la négociatrice commerciale en chef du Canada, Janice Charette, se trouvent actuellement à Washington, où ils ont rencontré le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, à plusieurs reprises au cours des derniers jours.

Ils resteront dans la capitale américaine durant la fin de semaine afin de poursuivre les discussions, selon le cabinet de M. LeBlanc.

Avec les informations de La Presse canadienne

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