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Ormuz : les victimes qu’on ne compte pas

Focus sur les victimes oubliées du détroit d’Ormuz. On parle, à juste titre, des morts côté iranien et américain. Pas des autres. Publié le mardi 4 août 2026 à 08:16 Or la guerre ne tue pas seulement là où e...

Focus sur les victimes oubliées du détroit d’Ormuz. On parle, à juste titre, des morts côté iranien et américain. Pas des autres.

Publié le mardi 4 août 2026 à 08:16

Or la guerre ne tue pas seulement là où elle éclate.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) redoute, à terme, que 45 millions de personnes basculent, du fait de ce conflit, dans l'« insécurité alimentaire aiguë ». Parmi les pays concernés, on trouve en Afrique, notamment : le Soudan, la Somalie, l'Éthiopie, le Mozambique. D’autres pays pourraient être concernés en Asie, c’est le cas de l’Afghanistan, du Bangladesh, du Pakistan et du Sri Lanka.
Ils sont loin d’Ormuz, très loin, n'entendront jamais une seule explosion et pourraient bien, pourtant, faire les frais de cette guerre.

En cause : la pénurie d’engrais…

Les pays du Golfe sont des fournisseurs majeurs d'ammoniac, de soufre, de gaz naturel… tous ces composants indispensables à la fabrication des engrais.
En février dernier, lorsque le conflit a éclaté, des cargaisons entières se sont retrouvées immobilisées, ce qui a mécaniquement augmenté le prix des fertilisants.

Le conflit s’éternisant, les cours restent très élevés. Les tankers ont, en effet, deux options : soit prendre le risque de passer par Ormuz et doivent, dans ce cas, s’acquitter de primes d’assurances exorbitantes ; soit emprunter d’autres voies maritimes, ce qui rallonge leur trajet et augmente leur facture de fuel… Quoi qu’il en soit, donc, le prix des engrais reste sensiblement plus élevé qu’avant la guerre.
Les pays les plus riches peuvent encaisser le choc - voire surenchérir pour mettre la main sur les cargaisons d’engrais disponibles. Impossible pour les nations les plus pauvres qui, elles, doivent faire sans...

Cela impacte directement les récoltes

Les paysans doivent réduire les doses de fertilisant, semer moins ou sur des parcelles plus petites. Les rendements chutent et les récoltes avec. Mécaniquement, le prix des denrées alimentaires augmente et ce dans des pays où, déjà, le sort s’acharne.

Et on ne voit pas vraiment d’issue prochaine à ce conflit

Les dirigeants américains et iraniens se menacent de « destruction » mutuelle (hier soir encore, Donald Trump exigeait une « capitulation totale » de Téhéran). Les deux camps se bombardent tout en menant des pourparlers. Ils promettent un cessez-le-feu puis haussent le ton et font tout échouer. Bref, ils n’arrivent ni à gagner cette guerre, ni à l’arrêter.

Si ce conflit n’a pas encore de vainqueur, il a déjà ses victimes silencieuses loin, très loin d’Ormuz dans les villages perdus de la Corne de l’Afrique ou dans les plaines du Bangladesh.
Là-bas, la survie des populations dépend d’une guerre qu’elles n’ont ni décidée, ni provoquée et sur laquelle elles n’ont aucune prise. C’est « l'autre » bilan d'Ormuz.

À écouter

France Inter

3 min