OpenAI prévoit d’investir 750 milliards de dollars dans des infrastructures d’IA d’ici 2030, alimentées au gaz naturel, dont un quart proviendra de turbines à cycle simple, plus polluantes
OpenAI prévoit d'investir la somme colossale de 750 milliards de dollars dans ses infrastructures technologiques d'ici 2030 pour soutenir ses ambitions en IA. Ce projet d'envergure débute par la création du Project Camellia, un centre de données massif situé en Géorgie représentant un investissement de 20 milliards de dollars. Pour faciliter son installation, OpenAI bénéficie d'importantes exonérations fiscales locales tout en s'engageant à assumer l'intégralité des coûts d'infrastructure. Mais
OpenAI prévoit d'investir la somme colossale de 750 milliards de dollars dans ses infrastructures technologiques d'ici 2030 pour soutenir ses ambitions en IA. Ce projet d'envergure débute par la création du Project Camellia, un centre de données massif situé en Géorgie représentant un investissement de 20 milliards de dollars. Pour faciliter son installation, OpenAI bénéficie d'importantes exonérations fiscales locales tout en s'engageant à assumer l'intégralité des coûts d'infrastructure. Mais des préoccupations subsistent quant à l'impact environnemental et à la stabilité du réseau électrique régional. La viabilité à long terme de ces projets inquiète également.
OpenAI a considérablement revu à la hausse ses ambitions en matière de centres de données destinés à l'IA, ainsi que son budget alloué à cet effet. L'entreprise porte désormais ses prévisions de dépenses en puissance de calcul à environ 750 milliards de dollars d’ici 2030. Cette somme vertigineuse représente une augmentation de 25 % par rapport aux 600 milliards de dollars qui avaient été projetés plus tôt dans l'année.
Cette hausse s'explique par la conclusion de nouveaux accords avec des fournisseurs de services cloud, OpenAI cherchant à s'assurer l'immense capacité de calcul nécessaire à ses ambitions en IA. Les dépenses d’OpenAI en matière de cloud computing sont devenues une priorité le PDG Sam Altman, mais ont suscité des tensions entre ce dernier et sa directrice financière, Sarah Friar, à l’approche de l’introduction en bourse prévue de l'entreprise.
Sarah Friar s'inquiète du fait qu'OpenAI pourrait ne pas être en mesure de payer ses futurs contrats informatiques si la croissance des revenus n'est pas assez rapide. Ses inquiétudes font échos aux préoccupations des analystes de Wall Street, qui alertent sur le niveau de la dette hors bilan des entreprises d'IA.
Project Camellia : première étape de l'ambitieux projet d'OpenAI
La première étape concrète de cette stratégie est le Projet Camellia, un campus de centres de données de 20 milliards de dollars situé dans le comté d'Effingham, en Géorgie. Ce développement s'étendra sur plus de 560 hectares et nécessitera 3,2 gigawatts d'électricité, qui seront fournis par Georgia Power entre 2028 et 2032. Selon une source au fait du projet, il s'agit du tout premier campus dont OpenAI est concepteur et développeur principal.
Auparavant, OpenAI se contentait de louer des puces à des fournisseurs cloud. (C'est une pratique très répandue dans l'industrie de l'IA.) Afin de rassurer les autorités locales, l'entreprise a déclaré qu'elle allait « payer le coût total des infrastructures et des services électriques » de ce nouveau centre de données.
OpenAI a recruté Brent Mayo, l’un des architectes du déploiement des centres de données d’Elon Musk, selon des sources proches du dossier. En tant que responsable de la construction et de la mise en service des centres de données chez OpenAI, Brent Mayo a pour mission de veiller à ce que les campus construits par ses partenaires cloud soient livrés dans les délais. Il participera également au nouveau projet de centre de données en Géorgie.
Brent Mayo, qui a quitté xAI au début de l'année, a joué un rôle important dans la mise en place du premier supercalculateur Colossus de l'entreprise d'Elon Musk à Memphis, dans le Tennessee. Il a supervisé les travaux nécessaires à l’installation rapide et à la mise en service de vastes clusters de puces d’IA. Ces derniers mois, OpenAI s'est lancé dans une vaste opération d'embauche, débauchant des talents chez xAI, Apple et bien d'autres encore.
Inquiétudes liées aux enjeux énergétiques et environnementaux
L'alimentation d'un projet de cette envergure soulève d'importants défis énergétiques. Pour honorer le contrat, Georgia Power prévoirait d'ajouter 9 885 mégawatts de capacité à son réseau. La majeure partie de cette nouvelle énergie proviendra du gaz naturel, la compagnie prévoyant de construire ou d'acheter environ 5,8 gigawatts de capacité générée par ce biais, ce qui fera plus que doubler sa flotte actuelle d'infrastructures liées au gaz naturel.
Pour atténuer l'impact sur le réseau, OpenAI s'est engagée à réduire sa consommation d'électricité jusqu'à 1 gigawatt lors des périodes de forte demande. Le projet a par ailleurs reçu le soutien des autorités locales et bénéficiera d'une réduction de 50 % de ses impôts fonciers pendant 15 ans, ce qui suscite des protestations.
Bien que le montant exact versé à Georgia Power pour réserver cette énergie n'ait pas été dévoilé, Sachin Katti, le vice-président de la stratégie de calcul d'OpenAI, a indiqué qu'il s'agissait d'un « montant significatif » donnant à la compagnie d'électricité la certitude de pouvoir construire des capacités de production supplémentaires. L'essor rapide des centres de données a provoqué la hausse des prix de l'électricité, impactant les populations locales.
Les centres de données d'Irlande consomment 23 % de l'électricité du pays, ce qui fait grimper les factures des ménages, leur consommation ayant augmenté de 518 % depuis 2015 et triplé entre 2019 et 2025. Avec ses 37 centres de données, le comté de Henrico, en Virginie, a récemment demandé aux écoles de « faire des économies d'électricité » pour faire face à l'augmentation des coûts de l'énergie provoquée par l'appétit énergétique de l'IA.
La consommation énergétique mondiale des centres de données pourrait tripler d'ici à 2030. Aux États-Unis, les prix de détail ont déjà progressé de 6 % en moyenne en 2025, avec des hausses spectaculaires comme +19 % dans le New Jersey, une tendance attribuée à la demande des centres de données. En Europe, la situation reste plus contenue grâce aux énergies renouvelables, mais des tensions apparaissent déjà dans certains pays européens.
Remaniement stratégique chez OpenAI et contrats pharaoniques
À la suite des difficultés rencontrées par son initiative initiale baptisée Stargate, OpenAI cherche désormais à prendre un contrôle plus direct sur ses centres de données. À l'origine, Sam Altman envisageait Stargate comme une coentreprise avec SoftBank et Oracle qui investirait jusqu'à 500 milliards de dollars dans l'infrastructure américaine d'IA sur quatre ans. Mais ce projet a peiné à démarrer. De nombreux analystes sont sceptiques quant à sa réussite.
Aujourd’hui, OpenAI relance son initiative interne pour renforcer son contrôle sur ses centres de données. Dans cette optique, la société a subi un remaniement avec le recrutement de plusieurs anciens cadres de xAI d'Elon Musk. Outre Brent Mayo, OpenAI a également recruté Uday Ruddarraju, qui avait auparavant travaillé sur le projet Colossus de xAI. Uday Ruddarraju est désormais le directeur technique chargé de la capacité de calcul chez OpenAI.
Dans un autre registre, Apple poursuit OpenAI pour avoir débauché certains de ses employés et leur avoir soutiré, lors d'entretiens d'embauche, des informations sur le matériel de l'iPhone et d'autres secrets. OpenAI aurait ainsi incité des candidats à divulguer des composants internes et des données sur des projets non révélés. OpenAI nie tout intérêt pour les secrets commerciaux d'autrui et maintient son ambition de créer une technologie originale.
En plus de développer ses propres infrastructures, OpenAI maintient des accords avec d'autres partenaires, incluant 6 gigawatts réservés auprès d'Oracle, un contrat de 138 milliards de dollars sur huit ans avec AWS, et un engagement supplémentaire de 250 milliards de dollars envers Microsoft Azure.
Les dépenses massives d'OpenAI creusent son déficit d'exploitation
La croissance d'OpenAI s'appuie sur une base d'utilisateurs massive, le laboratoire revendiquant plus de 900 millions d'utilisateurs actifs hebdomadaires sur ChatGPT, parmi lesquels on compte environ 50 millions d'abonnés payants. Malgré cette croissance fulgurante, les revenus de l'entreprise sont largement éclipsés par des dépenses faramineuses, en particulier dans le domaine de la recherche et du développement (R&D) et du cloud computing.
Les coûts de R&D sont passés de 7,81 milliards en 2024 à 19,18 milliards en 2025, dont 10,59 milliards versés uniquement à Microsoft. À cela s'ajoutent les coûts de production et de distribution, qui ont grimpé de 2,65 milliards à 7,5 milliards de dollars sur la même période, reflétant l'augmentation de la puissance de calcul requise. Les dépenses de vente et de marketing ont également explosé, passant de 1,11 milliard à environ 6 milliards de dollars.
Par conséquent, la perte d'exploitation a considérablement augmenté, passant de 8,78 milliards en 2024 à 20,92 milliards de dollars en 2025. Au niveau global, les documents indiquent que la perte nette annoncée pour 2025 a atteint près de 39 milliards de dollars, contre un peu plus de 5 milliards en 2024.
Toutefois, ce chiffre colossal comprend une charge comptable non récurrente d'environ 30 milliards de dollars liée à des ajustements de valorisation à la suite du passage d'OpenAI à une structure à but lucratif. Sans cela, la perte nette s'élève à un montant plus raisonnable d'environ 8 milliards de dollars. Parallèlement, l'entreprise continue de séduire les investisseurs : une levée de fonds réalisée en mars lui a permis de récolter 122 milliards de dollars.
Source : documents déposés par OpenAI
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