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“On voit toujours une petite lumière dans les yeux, quand on parle de ce que l’on fait” : les métiers d’arts, l’excellence au service du patrimoine

Plusieurs millions de visiteurs sont attendus pour les Journées du Patrimoine, qui se poursuivent jusqu’au dimanche 20 septembre. France Télévisions se penche sur le travail des Compagnons du Devoir, une organisation séculaire dédiée à la formation et l’apprentissage des métiers d’exception.

Publié le 19/09/2026 20:52

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Article rédigé par France 2 - S. Ricottier, F. Mathieux, A. Tribouart, R. Laurentin - Édité par l'agence 6Medias

France Télévisions

Plusieurs millions de visiteurs sont attendus pour les Journées du Patrimoine, qui se poursuivent jusqu’au dimanche 20 septembre. France Télévisions se penche sur le travail des Compagnons du Devoir, une organisation séculaire dédiée à la formation et l’apprentissage des métiers d’exception. 

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.


Ils sont la mémoire vive d'un savoir-faire ancestral. Ils travaillent le fer, le bronze ou le bois, au chevet de notre patrimoine. À 23 ans, Clara-Lou Launay a choisi un métier rare : patineuse sur bronze. Ils ne sont qu'une dizaine en France. "Quand on discute avec des personnes qui font un métier tout autre, on voit toujours une petite lumière dans les yeux quand on parle de ce qu'on fait. C'est magnifique de travailler pour des projets, pour l'art et le patrimoine", confie-t-elle.

Avec son chef d'atelier, Cyril Martinez, ils restaurent les bronzes appartenant au bassin des Bains des Nymphes à Versailles (Yvelines). L'artisan pulvérise de la poudre de noyaux de pêche pour les nettoyer sans les altérer. Car ce masque de satire a plus de trois siècles. "Quand on voit le travail qui a été fait avant avec les moyens qu'ils avaient et ce qu'on arrive à faire aujourd'hui, c'est vraiment génial. On sait que quand on va le reposer, après, ce sera encore pendant des années et des années derrière nous. Et c'est chouette", commente Cyril Martinez.

Des artisans, pour la plupart des Compagnons, sont accueillis à la Fondation de Coubertin, qui leur propose de travailler sur des chantiers d'excellence. Victor Querty, ferronnier, se spécialise cette année dans les ouvrages d'art. "Depuis que je suis arrivé, tout est nouveau. Et ici, ce qui est génial, c'est qu'il y a toujours plus passionné que nous. Du coup, on va apprendre plein de choses. C'est fantastique. C'est une chance incroyable", se réjouit-il.

Il travaille sous les yeux de Frédéric Amosse, Compagnon lui aussi. Il y a quelques années, il a participé à la restauration de la grille royale du château de Versailles. Aujourd'hui, dans cet atelier, il entend passer le relais à ses apprentis. "Le compagnonnage, c'est le fait d'être un maillon dans cette chaîne de transmission, de pouvoir justement, de retransmettre ce qu'on connaît", explique ce dernier.

Mais à l'heure des nouvelles technologies, quel avenir pour ces métiers manuels ? Matthis Labrouche apprend celui de releveur-repousseur, une pratique presque orpheline. Il travaille le fer brut, en l'occurrence des décorations pour les grilles du château de Dampierre dans les Yvelines. Et il ne se sent pas particulièrement menacé. "On travaille avec nos mains et surtout avec notre œil. C'est notre œil qui est formé aux formes, aux volumes, aux courbes, à l'harmonie des choses. Et ça, avant qu'une machine ne comprenne, je pense qu'il y a encore un petit bout de temps", raisonne l'artisan.

Pour les métiers d'art, le principal défi est aujourd'hui le recrutement. En 2023, 7% des entreprises dans ce domaine ne trouvaient pas de candidats qualifiés.

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