“On va commencer à puiser dans les réserves” : la Belgique face à une sécheresse qui s’installe
Depuis le début du mois de septembre, en Belgique, les précipitations se font particulièrement rares. "On est dans ce tunnel très sec pour la Belgique", constate Pascal Mormal, météorologue à l'Institut royal m...
Depuis le début du mois de septembre, en Belgique, les précipitations se font particulièrement rares. "On est dans ce tunnel très sec pour la Belgique", constate Pascal Mormal, météorologue à l'Institut royal météorologique (IRM).
Sur les trois derniers mois, la situation est aujourd'hui comparable à celle de 2018, une année déjà marquée par un été très chaud et très sec. "On pourrait même être un peu plus sec encore que cette année-là", estime le météorologue. Dans certaines parties de la Wallonie, notamment dans le sud de l'Ardenne, moins de 10 millimètres de pluie sont tombés depuis le début du mois de septembre. À cette sécheresse s'ajoutent des températures qui s'annoncent particulièrement élevées pour la fin du mois. "On parle de températures qui pourraient à nouveau atteindre les 27-28 °C", indique Pascal Mormal. "On sera probablement presque 10 °C au-dessus des normales de saison."
Une sécheresse qui s'installe
Pour autant, parler d'une sécheresse "historique" nécessite quelques précautions. Les données de l'IRM permettent surtout de comparer les situations depuis 1970. À cette échelle, l'épisode actuel est particulièrement sec (voire pourrait devenir le plus sec), mais "ce n'est pas la sécheresse la plus extrême qu'on ait jamais connue", rappelle le météorologue. Les années 1911 et 1921 ont connu des déficits encore plus importants.
Les pluies de ces dernières semaines ont été absorbées par la végétation avant de pouvoir rejoindre les nappes phréatiques.La problématique actuelle tient surtout à la durée de l'épisode. Après un début d'année relativement humide, la situation s'est progressivement inversée. Avril a été particulièrement sec, avant qu'une nouvelle période de sécheresse ne s'installe à partir de la fin du mois de juin. D'autant plus que cet épisode intervient après une année 2025 elle-même très sèche. Une succession qui pourrait peser sur les réserves. "Si on enchaîne deux années sèches consécutive, ce n'est pas une excellente nouvelle", souligne-t-il.
L'eau potable sous surveillance
"La situation n'est pas encore vraiment critique", rappelle le météorologue. Mais certains signaux doivent être surveillés, notamment du côté de l'eau potable. Quelques communes ardennaises ont déjà pris des mesures limitant certains usages de l'eau potable, comme l'arrosage des pelouses ou le remplissage des piscines. À Bruxelles aussi, la situation mérite une attention particulière. Une partie importante de l'eau potable de la capitale provient de la Meuse, dont le niveau est actuellement bas après plusieurs mois de faibles précipitations. "Au niveau de la production en eau potable, on va commencer un peu à puiser dans les réserves", explique Pascal Mormal.
Pour autant, le scénario d'une rupture généralisée de l'approvisionnement n'est pas à l'ordre du jour. "Ce n'est pas une sécheresse de quelques semaines ou quelques mois qui va vraiment avoir des conséquences sur les nappes", précise-t-il.
Chaleur, sécheresse, incendies : pourquoi le "Super El Niño" inquiète les scientifiques et pourrait coûter la vie à plus de 450 000 personnesL'attente de la pluie
Pour le météorologue, les prévisions des prochains jours ne devraient pas apporter de véritable répit. Un retour des précipitations peut se dessiner début octobre, mais les quantités restent incertaines. "Si on a quelques jours de pluie, ça ne suffira pas à combler le déficit", prévient Pascal Mormal.
L'automne pourrait justement jouer un rôle déterminant. Entre la mi-octobre et le printemps, "c'est la meilleure période de l'année pour la recharge des nappes phréatiques", explique le météorologue. Les projections saisonnières laissent d'ailleurs entrevoir des mois de novembre et décembre potentiellement plus pluvieux.

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