thejournalofsierraleonestudies.com

“On se dirige vers une bascule sur la bonne santé de notre État de droit” : les craintes et les recours se multiplient face aux interdictions de manifester samedi partout en France

Plusieurs lieux culturels et grands musées parisiens resteront fermés en marge de la journée de mobilisation du samedi 24 octobre. Des interdictions de manifester ont également été décrétées par les préfets, comme à Lyon (Rhône) et à Montpellier (Hérault), tandis qu'à Paris, le parcours du cortège prévu entre Bastille et Nation fait encore débat.

Publié le 23/10/2026 22:13

Mis à jour le 23/10/2026 22:13

Liste des vidéos similaires

Article rédigé par France 2 - S. Perez, M. Bougault, L. Berbey, D. Sébastien, A. Lepinay, T. Germain, Y. Kadouch. Édité par l'agence 6Medias

France Télévisions

Plusieurs lieux culturels et grands musées parisiens resteront fermés en marge de la journée de mobilisation du samedi 24 octobre. Des interdictions de manifester ont également été décrétées par les préfets, comme à Lyon (Rhône) et à Montpellier (Hérault), tandis qu'à Paris, le parcours du cortège prévu entre Bastille et Nation fait encore débat.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.


Une forte mobilisation dans les centres-villes pour dénoncer la vie chère ou réclamer de meilleures conditions de travail et d'études, l'image pourrait être rare samedi 24 octobre. De nombreuses préfectures ont d'ores et déjà interdit les rassemblements pour éviter tout débordement. Quelles villes sont concernées ? Du nord au sud, d'est en ouest, la liste des manifestations interdites ne cesse de s'allonger : Brest, Nancy, Lyon, Nice… Les négociations continuent à l'heure actuelle entre organisateurs et autorités.

Ainsi, à Marseille (Bouches-du-Rhône), les syndicats ont finalement obtenu le droit de défiler. Ils se sont accordés sur un itinéraire avec la préfecture des Bouches-du-Rhône et la CGT affiche sa satisfaction. "On a eu l'impression ces derniers temps que les mesures du gouvernement nous rapprochaient de plus en plus d'un État totalitaire. Là, avec ce recul et cette possibilité de manifester qu'on a arraché, on revient dans le giron de la démocratie", réagit Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT-Bouches-du-Rhône.

Ces interdictions sont-elles abusives ? Pour le gouvernement, il s'agit d'empêcher les dérapages en marge des cortèges. Mais les défenseurs des droits de l'Homme dénoncent, eux, une atteinte à la liberté de manifester. "Des débordements ne peuvent pas être utilisés pour justifier des atteintes trop fortes aux libertés fondamentales. Si on accepte de faire ça, on se dirige vers une bascule, en réalité, sur la bonne santé de notre État de droit. Il y a des attaques très fortes. Et là, le déséquilibre, il est en train de se faire au détriment des libertés fondamentales", prévient Manon Lefebvre, secrétaire nationale du Syndicat de la magistrature.

Les recours devant les tribunaux administratifs se multiplient. Ils sont possibles jusqu'au dernier moment. Ainsi, hier à Paris, la justice a annulé l'interdiction d'un rassemblement d'étudiants. La manifestation a pu avoir lieu dans le calme. Les interdictions de manifester demain seront-elles respectées ? C'est bien sûr la grande inconnue. Certaines intersyndicales, en Corrèze, par exemple, annoncent le maintien des cortèges.

À Lyon (Rhône), des étudiants hésitent, partagés entre la peur de la police et la crainte de voir oublier leurs revendications. "Ça fait entre guillemets un peu plus peur, avec toutes les précautions qui ont été prises par l'État, le GIGN, l'armée…", admet l'un d'eux. "Je pense que c'est important qu'on manifeste, oui, parce que sinon le mouvement va s'étouffer, il va s'épuiser", estime une autre.

Participer à un rassemblement interdit est passible d'une amende de 135 euros. Selon les renseignements territoriaux, entre 400 et 500 000 manifestants sont attendus demain dans toute la France.

Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?

Sur le même thème

Shorts