“On respire des fumées toxiques à travers une cagoule à 10 € !” : quelles sont les revendications des pompiers, en grève sur la Comédie à Montpellier ?
Les sapeurs-pompiers de l’Hérault ont manifesté leur mécontentement ce samedi 12 septembre sur la place de la Comédie à Montpellier. Ils réclament des embauches et la reconnaissance des risques de leur métier. Le mouvement de grève national doit se poursuivre jusqu’au 20 octobre.
Les sapeurs-pompiers de l’Hérault ont manifesté leur mécontentement ce samedi 12 septembre sur la place de la Comédie à Montpellier. Ils réclament des embauches et la reconnaissance des risques de leur métier. Le mouvement de grève national doit se poursuivre jusqu’au 20 octobre.
Ambulances, 4x4, camion de lutte contre les incendies… Les sapeurs-pompiers de l’Hérault ont déployé les grands moyens ce samedi 12 septembre au matin sur la place de la Comédie. Ils n’étaient pas en intervention, mais en opération communication auprès des Montpelliérains, dans le cadre d’un mouvement de grève national déclenché mardi et prévu pour durer jusqu’au 20 octobre.
Spontanément, des personnels des trois casernes de Montpellier – La Paillade, Montpellier Sud et Max Dormoy – se sont retrouvés pour "montrer à la population que l’on est en grève, que l’on est en colère, et que nos revendications doivent être entendues même si nous continuons de protéger les gens", détaille Jean-Marc Espinasse, membre du Syndicat National des Sapeurs-Pompiers Professionnels et chef de garde à la caserne Max Dormoy.
La reconnaissance de métier à risque
Les soldats du feu réclament notamment de meilleures protections face à la toxicité des fumées, problématique au cœur des vastes incendies qui ont touché la France cet été. "On respire pendant des heures de la fumée avec pour seule protection des cagoules en coton à 10 €. Il y a énormément de cancers chez les pompiers et la reconnaissance comme maladie professionnelle est encore trop compliquée." Un constat qui pousse les pompiers à exiger la reconnaissance de leur profession comme un métier à risque. "Pour les gens, c’est une évidence. Pour l’état, ce n’est pas le cas… Nous sommes de simples fonctionnaires."
Un manque de pompiers professionnels
"Je n’ai pas vu mon fils depuis des jours. Ce week-end je devais être avec lui, finalement je suis au boulot, parce que nous ne sommes pas assez au planning." La colère de ce pompier montpelliérain mobilisé ce samedi illustre une autre des revendications. L’embauche de 20 000 personnels professionnels pour structurer des équipes composées à 80 % de pompiers volontaires au niveau national, avec des disparités importantes entre les villes et les territoires ruraux.
"Dans les campagnes, l’intervention des secours est plus longue qu’avant, avec des équipes 100 % volontaires. Nous faisons des interventions en mode dégradé. Même à Montpellier, la nouvelle caserne qui vient d’être créée a entraîné l’appauvrissement en personnels des deux autres, explique Jean-Marc Espinasse, qui pointe également une augmentation des interventions liées aux événements climatiques : mégafeux, tornades ou épisodes cévenols.
Les griefs des pompiers de l’Hérault n’étaient ce mardi pas dirigés contre le Département, leur employeur direct, mais bien contre l’État, responsable selon eux du manque de moyens financiers. "Le Département de l’Hérault embauche selon un plan quinquennal. Mais leur enveloppe n’est pas extensible. Ils sont comme nous, ils subissent ! C’est une mission régalienne. Tous les Français doivent être protégés de la même manière."