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« C’est la Révolution, on prend la Bastille » : à Marseille, déjà des violences… Suivez les manifestations du 17 octobre

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Les forces de l'ordre ont eu recours à un canon à eau samedi à Paris pour repousser des manifestants aux abords de la place de la République, d'où doit partir un cortège protéiforme contre la "vie chère", ont constaté des journalistes de l'AFP.

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Avant cela, elles avaient fait usage de gaz lacrymogène pour répondre à plusieurs centaines de manifestants, pour la plupart masqués et vêtus de noir, dont certains tiraient des mortiers d'artifice, selon une reporter de l'AFP. Un peu plus tard, dans le même secteur, une voiture a été incendiée, sous les applaudissements d'une partie de la foule, d'après la même source.

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14h30 : Un manifestant sur la statue de la République

Un manifestant est monté en rappel en haut de la statue de la République, à Paris, alors que la foule commence de remplir la place. Le cortège se rendra jusqu'à la place de Clichy. Un gilet jaune a été déployé par deux militants de Extinction Rebellion sur la statue avec écrit «2026, la police mutile les lycéens ». Ils sont acclamés par les autres manifestants.

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14h : « C’est la Révolution, on prend la Bastille »... à Marseille

Plusieurs dizaines de manifestants ont pénétré brièvement samedi dans le hall de la mairie de Marseille, dans le sud de la France, après avoir enfoncé la porte en criant « C’est la Révolution, on prend la Bastille », a constaté un journaliste de l’AFP.

Présents dans le cadre d’une journée nationale de mobilisation et de « colères » contre « la vie chère », ils ont été dispersés par les forces de l’ordre qui se sont positionnées devant la mairie pour en empêcher l’accès, a également constaté l’AFP.

13h30 : des affrontements en cours place de la République à Paris

Les manifestants chargent les flics, qui envoient du gaz lacrymogène à gogo. Toute la place pleure alors que le début de la manifestation est prévue à 14h.

13h Départ des cortèges à Nantes

Déjà beaucoup de monde place du miroir d’eau, constate notre envoyé spécial sur place. Plus de 10 000 personnes sont annoncées à Nantes. Toutes en noir, masquées, capuchées, y compris des membres importants de l’ultra-gauche, dit une source à Paris Match.

12h45 : le message d'Elwan

Lycéen en terminale à Paris, Elwan, 17 ans, est présent dans le cortège ce 17 octobre. Déjà très suivi sur les réseaux sociaux et régulièrement invité sur les plateaux télé, il s’est confié au micro de Paris Match sur les raisons de sa mobilisation.

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Un appel à la mobilisation

« C’est samedi et c’est les vacances » : lancé début septembre sur les réseaux sociaux, l’appel à la mobilisation du 17 octobre a été tour à tour rejoint par des figures des gilets jaunes, des syndicats, jusqu’aux étudiants et lycéens, qui lui ont donné une nouvelle ampleur.

— Vidéo TikTok virale —

La date du 17 octobre semble avoir été propulsée grâce à la viralité d’une vidéo appelant à la mobilisation à cette date, publiée le 7 septembre par un compte nommé « V2 » sur TikTok. Plus d’un mois plus tard, elle a engrangé plus de 600 000 likes et suscité près de 10 000 commentaires.

« C’est samedi et c’est les vacances, tout le monde peut être là », y lançait face caméra un jeune créateur de contenu anonyme, dans cette publication accompagnée des hashtags #essence et #giletsjaunes. « Ne me remerciez pas, je vous donne la date, c’est tout », glissait-il.

L’adhésion à cette date du 17 a ensuite progressivement suscité une adhésion croissante sur les réseaux, notamment auprès des lycéens, invités à rejoindre des boucles de messageries cryptées dédiées au mouvement.

À l’approche de la journée de mobilisation, des cartes interactives des mobilisations en préparation ont commencé à fleurir sur les réseaux sociaux. L’une d’elles recensait vendredi quelque 1 365 actions prévues.

— Le retour des gilets jaunes —

Sur fond d’envol du prix de l’essence et de renchérissement du coût de la vie, l’appel pour le 17 octobre a dès le départ surfé sur le souvenir du mouvement inédit des gilets jaunes en 2018-2019, avec ses particularités : la chasuble fluo et l’occupation des ronds-points.

S’ils n’en sont pas à l’origine, plusieurs figures emblématiques du mouvement originel des gilets jaunes, comme Priscillia Ludosky, Maxime Nicolle, Éric Drouet ou François Boulo, l’ont ensuite soutenu, face à l’ampleur des manifestations lycéennes et aux violences avec les forces de l’ordre.

« Nous avons le droit de réclamer des conditions de vie dignes. Nous avons le droit de demander des réponses à nos difficultés. Nous avons le droit de nous mobiliser pour que nos revendications soient prises au sérieux. Le 17 octobre, faisons entendre cette exigence », a défendu Jérôme Rodrigues, éborgné après une manifestation en 2019.

— Lycées et étudiants —

Sur les réseaux sociaux, le mot d’ordre « Gilets jeunes » apparaît largement relayé par un visuel viral appelant à la convergence des revendications.

La mobilisation d’ampleur depuis deux semaines, avec blocages d’établissements et manifestations massives pour une amélioration des conditions d’éducation, a gonflé l’appel à mobilisation du 17 octobre.

Face à un gouvernement qui comptait sur le début des vacances scolaires pour faire avorter le mouvement, cinq jours après leur « Acte V », les organisations lycéennes et étudiantes ont fait leur cette date.

« La jeunesse n’fait qu’un dans cette mobilisation [...] et aujourd’hui nous rejoignons les gilets jaunes dans la mobilisation parce qu’il y en a marre que nos revendications ne soient pas entendues par ce pouvoir », a déclaré vendredi Ryad Rani, de l’Union syndicale lycéenne.

— Les syndicats —

« Ce que nous constatons sur le terrain, c’est à quel point la colère est profonde », a insisté vendredi sur France Inter la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Après une rentrée sociale centrée sur la défense des services publics et des salaires, le syndicat a décidé d’être aussi présent le 17 octobre, quand « les conditions sont réunies ». « Dans un cadre légal, autorisé », a indiqué vendredi Karl Ghazi, de la CGT parisienne.

L’Union syndicale Solidaires en sera également.

La CFDT et FO se concentrent elles sur l’appel intersyndical à manifester et faire grève le 5 novembre pour le pouvoir d’achat, la fiscalité, les services publics, etc.

— Agriculteurs et livreurs VTC —

Plusieurs syndicats professionnels ont aussi invité leurs adhérents à se joindre à cette « convergence des luttes ». Chez les agriculteurs, c’est le cas de la Confédération paysanne, marquée à gauche, avec des tracteurs et des paysans qui devraient rejoindre plusieurs cortèges.

En revanche, la FNSEA et la Coordination rurale n’y participeront pas.

L’intersyndicale nationale VTC a appelé de son côté les chauffeurs de VTC et les livreurs à se rendre place de la Bastille samedi.

— Militants pour le climat —

Après un retour des marches pour le climat, qui ont rassemblé des milliers de personnes le 26 septembre à travers la France, leurs organisateurs, dont certains sont aussi dans l’organisation de la mobilisation de samedi, se sont joints au mouvement.

« Fin du monde, fin du mois : le 17 octobre nous serons là ! », a écrit la coordination nationale du mouvement du 26 septembre.

Un manifestant sur la statue de la République, le 17 octobre à Paris.