“On ne va pas travailler à perte” : plombées par le prix des carburants, des auto-écoles bagnolaises contraintes d’augmenter leurs tarifs
Face à la flambée des prix des carburants, des autos-écoles de Bagnols-sur-Cèze ont décidé d’augmenter leurs tarifs. Ces professionnels déplorent l’absence d’aides gouvernementales pour compenser ces coûts.
Face à la flambée des prix des carburants, des autos-écoles de Bagnols-sur-Cèze ont décidé d’augmenter leurs tarifs. Ces professionnels déplorent l’absence d’aides gouvernementales pour compenser ces coûts.
Le 1er septembre dernier, Magali Jaunet et Valérie Bovagnet ont augmenté les tarifs de leur auto-école bagnolaise. Une décision qu’elles ont prise en réaction à l’envol des prix des carburants. "Lors de la première hausse, au printemps, on ne l’avait pas répercuté sur nos clients. Mais là, ça dure et on voit que ça ne va pas vers le mieux", expliquent les deux gérantes de MV auto-école. Auparavant fixées à 46 €, les heures de conduite – dans le forfait des 20 heures obligatoires – sont passées à 48 € pour les nouveaux clients. Une répercussion qu’un autre professionnel, situé à quelques encablures de là, a également choisi d’appliquer au vu de l’impact sur son activité.
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Huit pleins par semaine
À l’auto-école du lycée, Xavier Clais a fait grimper de deux euros les heures de conduite supplémentaires il y a quelques mois. Il réfléchit aussi, d’ici le 1er octobre, à augmenter "d’une cinquantaine d’euros" ses forfaits de 20 heures car "la trésorerie fond. J’ai quatre voitures qui réalisent environ 900 km par semaine donc en tout, ça me fait huit pleins à près de 90 € chaque semaine. Au mois, ça va vite", calcule le gérant. Qui avait aussi pris l’habitude de se réapprovisionner en essence chez Total "qui plafonne ses prix. Mais là, en leçon, on ne va pas perdre trois quarts d’heure dans les files d’attente. Et le soir, après les cours, il n’y a plus rien. Donc, on va ailleurs mais c’est plus cher", indique le Bagnolais.
Depuis plus de trente ans qu’il est dans la profession, ce dernier assure ne jamais avoir connu une telle crise. "Il y en a eu mais pas de aussi longue", lâche Xavier Clais. Même constat pour les deux associées de MV auto-école qui, depuis la hausse du prix des carburants, évite désormais d’aller chercher leurs élèves avant les leçons. "Il y avait eu des hausses lors du conflit avec les chauffeurs routiers, des restrictions mais on a toujours réussi à gérer, témoignent-elles. Là on ne sait pas où ça va s’arrêter. On ne va pas travailler à perte donc il y aura des répercussions pour le client".
Et le passage à l’électrique ?
L’an dernier, Xavier Clais de l’auto-école du lycée à Bagnols-sur-Cèze a investi dans une nouvelle voiture, une hybride. "Mais si j’avais su, j’aurais pris une électrique", lance le Bagnolais au regard du prix actuel de l’essence. Mais pour les écoles de conduite, il n’est pas, pour l’heure, viable de passer à une flotte 100 % électrique qui permet uniquement de décrocher un permis B automatique. "On n’a pas assez de demandes", soulignent Magali Jaunet et Valérie Bovagnet de MV auto-école. "Entre 10 et 12 %" des élèves, selon Xavier Clais, passent le permis de cette façon. Encore trop peu donc, même si "ça commence à bouger un peu".
"On n’est jamais concernés par les aides"
Ce que les professionnels de la conduite déplorent d’autant plus que les auto-écoles ne vont pas bénéficier des nouvelles aides annoncées par le gouvernement pour venir en aide aux Français les plus touchés par la hausse des prix des carburants. "La voiture, c’est notre outil de travail. Pourquoi on n’est pas concernés par ces aides ? Que ce soit pendant le Covid, là par rapport à l’essence, on n’est jamais concernés par les aides", lâche Magali Jaunet. "On est mis à l’écart", renchérit le gérant de l’auto-école du lycée. Les syndicats, comme Mobilians, avaient en effet demandé des aides de 35 centimes du litre, comme pour les pêcheurs. En réaction à cette absence de prise en compte, ils n’excluent d’ailleurs pas une mobilisation.
"C’est un peu la guerre des prix entre les auto-écoles car tout le monde veut rester au plus bas. Mais là ça ne sert à rien si c’est pour gagner des pacotilles, réagit Xavier Clais. Tout le monde dit déjà que le permis de conduire est cher mais là ça va être encore pire".