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“On ne peut pas enlever leurs armes aux policiers et aux gendarmes”, estime un spécialiste du maintien de l’ordre

Nouvelle journée de mobilisation des lycéens et étudiants, "l'acte 5" d'un mouvement qui a débuté il y a plus de trois semaines. Après les manifestations qui se sont déroulées mardi et jeudi derniers, des cortèges se reforment ce mardi dans plusieurs villes, et des blocages sont de nouveau organisés.

Nouvelle journée de mobilisation des lycéens et étudiants, "l'acte 5" d'un mouvement qui a débuté il y a plus de trois semaines. Après les manifestations qui se sont déroulées mardi et jeudi derniers, des cortèges se reforment ce mardi dans plusieurs villes, et des blocages sont de nouveau organisés.

Radio France

Publié le 13/10/2026 14:01

Temps de lecture : 2min

Des CRS mobilisés à l'occasion de la manifestation d'étudiants à Nantes (13 octobre 2026) (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)
Des CRS mobilisés à l'occasion de la manifestation d'étudiants à Nantes (13 octobre 2026) (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Estimant n'avoir reçu "que des miettes", lycéens et étudiants ont repris les blocages le 13 octobre. Des cortèges se sont formés à l'appel des organisations lycéennes et étudiantes, pour marquer "l'acte 5" du mouvement, à Paris, Nantes, Lens, Lyon, Strasbourg ou encore Marseille. La mobilisation a reçu le soutien de la militante suédoise Greta Thunberg, qui s'est jointe aux jeunes rassemblés devant le lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, un des épicentres du mouvement. Alors qu'Emmanuel Macron appelle à une mobilisation "dans le calme, dans l'ordre", les jeunes dénoncent la violence d'une réponse policière que documentent les réseaux sociaux. Selon Richard Caminade, ancien général de gendarmerie spécialiste du maintien de l'ordre, "on filme beaucoup d'éléments factuels, sans restituer le contexte, ce qui s'est passé avant et a abouti aux comportements violents."

Franceinfo : Les moyens employés par les forces de l'ordre sont-ils adaptés à l'âge des manifestants ?
Richard Caminade : Oui, les gendarmes et les policiers sont entraînés à ce genre de confrontation. En ce moment, on filme beaucoup d'éléments factuels, sans restituer le contexte, ce qui s'est passé avant et a abouti aux comportements violents. Il faut avoir été confronté à ce genre de situation pour comprendre ce qui peut se passer. Il y a eu plus de 700 policiers blessés depuis le début du mouvement, mais ça n'excuse pas les comportements non conformes. Ils ne sont pas excusables et l'IGPN et l'IGGN sont là pour gérer ces situations.

"Blesser quelqu'un, ce n'est pas dans l'ADN des policiers ou des gendarmes."

Richard Caminade, ancien général de gendarmerie spécialiste du maintien de l'ordre

à franceinfo

Nous devons faire preuve du plus grand discernement quand nous sommes confrontés, notamment à des jeunes qui peuvent être nos enfants. Nous devons respecter la gradation et la proportionnalité dans l'usage des moyens qui sont à notre disposition, et c'est ce qui se passe aujourd'hui dans la majorité des cas.

La France est le pays européen qui a le plus de blessés graves et de mutilés dans des manifestations. Faut-il considérer que c'est normal ?
Pratiquement aucun autre pays d'Europe n'a autant de manifestations que la France. Et, dans les pays scandinaves notamment, ce n'est pas le même type de manifestants, il y a beaucoup moins d'étudiants, ce sont plutôt des adultes. Mais peu importe, on ne peut pas enlever leurs armes aux policiers et aux gendarmes, ils en ont vraiment besoin pour répondre aux attaques et aux agressions qu'ils subissent.

"Si vous leur enlevez tous les moyens de force intermédiaires, comment font-ils ?"

Richard Caminade, ancien général de gendarmerie spécialiste du maintien de l'ordre

à franceinfo

Ce n'est pas possible, ce n'est pas gérable, ils ne peuvent pas s'inscrire dans un spectre de gradation et de proportionnalité.

En 2024, Gérald Darmanin avait laissé les agriculteurs bloquer les routes. Pourquoi la réponse de l'État à ces mobilisations n'est-elle pas toujours la même ?
Ce n'est pas aux forces de l'ordre de décider qui doit pouvoir manifester pour exprimer des revendications. Ce n'est pas notre problème. Nous recevons l'instruction de maintenir l'ordre public, et à partir de là, nous mettons en œuvre les dispositifs et les moyens nécessaires pour y parvenir. C'est le pouvoir politique qui décide. Le maintien de l'ordre en France, cela revient au pouvoir politique. Dans chaque département, c'est le préfet qui est responsable, et il reçoit ses ordres du gouvernement.

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