On change d’heure ce week-end: bientôt la fin du système? L’Europe relance le dossier dont “l’impact économique a toujours été très limité”
Dans la nuit de samedi à dimanche, nous dormirons une heure de plus. Et, comme chaque année, on peut s'interroger sur l'avenir du système. La suppression du changement d'heure reste envisagée en Europe, tandis que son intérêt énergétique est contesté.
Une heure de sommeil en plus, mais des soirées qui sembleront raccourcir : dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, la Belgique repassera à l'heure d'hiver. À 3 heures du matin, les aiguilles reculeront jusqu'à 2 heures. Le soleil se lèvera et se couchera une heure plus tôt sur l'horloge. Un rituel familier, accompagné d'une question récurrente : cette fois sera-t-elle la dernière ?
La réponse est non, du moins en l'absence d'une décision européenne. Le prochain passage à l'heure d'été reste prévu le 28 mars 2027. Pourtant, la suppression de cette alternance avait semblé proche : la Commission européenne l'avait proposée en septembre 2018 et le Parlement avait adopté sa position en mars 2019, avec l'objectif d'en finir en 2021.
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Mais le vote des eurodéputés ne suffisait pas. Il fallait aussi un accord entre les États membres au Conseil, qui n'a jamais abouti. Et le blocage ne s'explique donc pas seulement par le Covid, qui avait tout ralenti. En effet, les discussions s'étaient déjà enlisées en 2019. Arrêter de changer d'heure implique de choisir celle que chaque pays conservera, tout en évitant des décalages problématiques avec ses voisins.
On se rappelle par exemple que la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg avaient décidé d'une position commune, sans avoir choisi de fuseau. Mais il penchait sur un maintien à l'heure d'hiver, alors que la France, par exemple, penchait sur l'heure d'été.
Mais le dossier n'est pas enterré. En 2025, la présidence polonaise du Conseil a proposé un essai européen de deux ans à l'heure d'été permanente. Les États ont demandé davantage d'analyses. Une étude a donc été lancée par la Commission en février 2026, avec des résultats attendus pour la fin de l'année. Dix scénarios doivent être examinés, avec leurs conséquences sur l'énergie, les transports, la santé et le marché intérieur.
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Pour mémoire, réintroduit en Belgique en 1977, dans le contexte des chocs pétroliers, le changement d'heure devait permettre d'économiser l'énergie. Le mécanisme avait déjà été utilisé pendant la Première Guerre mondiale. L'idée était de mieux faire coïncider les activités avec la lumière naturelle, afin de moins recourir à l'éclairage artificiel en soirée.
"L'objectif de l'heure d'été était de disposer de davantage de lumière en soirée. Avec l'heure d'été, le soleil se lève et se couche une heure plus tard sur l'horloge", rappelle Damien Ernst, professeur à l'Université de Liège et spécialiste en énergie.
Près de cinquante ans après son retour, l'argument convainc beaucoup moins l'expert. "L'impact sur la consommation d'électricité a toujours été très minime. Et il l'est encore davantage aujourd'hui, parce que la consommation d'électricité est désormais beaucoup moins liée à l'éclairage. Les lampes LED ont notamment réduit les besoins pour s'éclairer", avance-t-il.
Argent : grâce à une décision de justice les victimes de phishing pourront bientôt récupérer leur argent ! "Un tournant dans le comportement des banques"Les études vont dans le même sens. Une méta-analyse publiée en 2018, réunissant 162 estimations issues de 44 études, rapporte une économie moyenne de 0,34 % d'électricité pendant les jours où l'heure d'été s'applique. Un gain modeste, "d'autant plus que l'utilisation de la climatisation en été change les habitudes de consommation d'électricité", complète Damien Ernst.
Revenir à une heure fixe ?
Pour lui, la meilleure solution est toute trouvée. "Autant revenir à l'heure normale, c'est-à-dire à l'heure d'hiver. Surtout que l'on sait que les passages de l'heure d'été à l'heure d'hiver, et inversement, ont quand même des effets sur la santé. Ils provoquent davantage de fatigue parce qu'ils perturbent le rythme de sommeil."
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