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Nouveau réseau de bus sur le territoire de Narbonne : une maman malvoyante au bord de l’épuisement témoigne

Alors que de nombreux usagers expriment leur mécontentement quant à la refonte des lignes de bus depuis début juillet 2026 sur le territoire du Grand Narbonne, une jeune mère de famille en situation de handicap témoigne.

Alors que de nombreux usagers expriment leur mécontentement quant à la refonte des lignes de bus depuis début juillet 2026 sur le territoire du Grand Narbonne, une jeune mère de famille en situation de handicap témoigne.

Livia Cheytion, 33 ans, est employée à l’hôpital de Narbonne. Elle est aussi maman d’une petite fille de 7 ans et porteuse de handicap. Malvoyante et malentendante, les transports en commun sont pour elle indispensables. Résidant à St-Marcel-sur-Aude, elle emprunte le bus depuis 2022, notamment pour se rendre sur son lieu de travail. Depuis la réorganisation des lignes interurbaines par un nouveau prestataire début juillet, son quotidien déraille.

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Mercredi, le bus n’est pas passé

"Auparavant, le trajet entre St-Marcel et Narbonne prenait environ 20 minutes. Aujourd’hui, je dois passer par Marcorignan pour aller à Moussan, puis repasser par Marcorignan pour aller enfin sur Narbonne. Ce qui porte mon trajet à environ 45 minutes", explique Livia Cheytion. "Ces changements ont un impact direct sur mon travail. Mes horaires habituels étaient de 9 h à 17 h. Comme le bus ne passe plus à 8 h mais seulement à 7 h, j’ai dû les modifier et travailler de 8 h à 17 h. Mes journées sont devenues beaucoup plus longues et beaucoup plus fatigantes".

Pire encore. "Mercredi 29 juillet, le bus que je devais prendre n’est pas passé à la gare routière. Nous étions une dizaine de personnes habituées à prendre ce bus et à l’attendre. J’ai finalement dû prendre le bus de 18 h 15 (aucune autre solution n’a été proposée), ce qui m’a fait rentrer très tard. En arrivant chez moi, j’étais tellement épuisée que je suis allée me coucher directement". Pourtant, quand la jeune femme a tenté de se renseigner sur ce dysfonctionnement, "il m’a été indiqué que le bus était bien passé. De mon point de vue et de celui des autres personnes qui attendaient avec moi, cela ne correspond pas à ce que nous avons vécu".

Ce nouveau réseau nous fait perdre du temps, de l’énergie et de la qualité de vie

Livia Cheytion voudrait "pouvoir aller au travail et rentrer chez moi dans des conditions dignes, comme n’importe quel habitant de l’agglomération".
Livia Cheytion voudrait "pouvoir aller au travail et rentrer chez moi dans des conditions dignes, comme n’importe quel habitant de l’agglomération". Independant - F.P.

Pour Livia Cheytion, ce nouveau rythme est tout simplement intenable. "Mon double handicap me demande une grande concentration : lors du trajet, quand je ne vois pas bien, je compense avec les oreilles. Quand je n’entends pas bien, j’essaye de compenser avec les yeux. Donc, quand j’arrive chez moi le soir, je suis exténuée".

Pour elle et sa petite fille, l’impact familial est aussi bien réel. "Je n’ai plus de vie. Je ne la vois quasiment plus. Je ne vous dis pas comment elle est triste parce qu’elle n’a pas pu profiter de moi cette semaine. Heureusement qu’elle est compréhensive, qu’elle est adorable. Mais elle en souffre énormément. Ce matin, quand je suis partie au travail, elle m’a même demandé de ne pas y aller". Épuisée par cette situation, "j’en deviens moi aussi irritable et extrêmement fatiguée", confie-t-elle.

Comme de nombreux utilisateurs en colère, Livia Cheytion voudrait "pouvoir aller au travail et rentrer chez moi dans des conditions dignes, comme n’importe quel habitant de l’agglomération. Je ne demande pas un privilège… Je souhaite simplement que les difficultés rencontrées par les usagers soient entendues". Selon elle, "les transports en commun devraient faciliter la vie des habitants et non pas la compliquer. Aujourd’hui, ce nouveau réseau nous fait perdre du temps, de l’énergie et de la qualité de vie".