« Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte » : ce qu’il faut retenir de l’allocution d’Emmanuel Macron
Dans une allocution retransmise dimanche 18 octobre à la télévision, le chef de l’État appelle à ne pas confondre les manifestants aux « revendications légitimes » avec « ceux qui ont détruit, cassé, pillé ».
Emmanuel Macron a promis dimanche la fermeté contre les auteurs des violences en marge des manifestations de samedi, mais aussi « la transparence » sur le dispositif de maintien de l’ordre, alors que de nouvelles tensions ont éclaté dimanche à Paris et à Lyon. « Nous ressentons tous ce soir de la colère, de la honte », a déclaré le président de la République dans une allocution d’une dizaine de minutes diffusée dimanche soir.
Le président de la République a dénoncé « des factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants », qui « se sont livrés à une violence débridée dans nos villes ». Mais « jamais nous ne devons confondre » les manifestants aux « revendications légitimes » avec « ceux qui ont détruit, cassé, pillé », a-t-il ajouté.
Le chef de l’État a également promis « la transparence » quant à la stratégie de maintien de l’ordre employée samedi, demandant au gouvernement et en particulier « au ministre de l’intérieur » Laurent Nuñez de « tirer toutes les leçons », notamment en matière « de renseignement et d’anticipation » et disant attendre « des réponses claires ».
Dans les prochains jours, les préfets « prendront les décisions » afin de « protéger nos villes », « y compris en allant jusqu’à interdire » certains rassemblements, a annoncé le chef de l’État, qui maintient son déplacement de trois jours prévu au Moyen-Orient. Il a aussi appelé à ce que le « suivi judiciaire » soit « exemplaire ». « Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser (…) Nous serons intraitables », a-t-il martelé.
« Condamner sans ambiguïté »
Emmanuel Macron a appelé les « partis politiques », mais aussi les « organisations professionnelles et syndicales à condamner sans ambiguïté » les violences et a insisté sur la proximité de l’élection présidentielle, dans six mois exactement. « Chacun doit prendre ses responsabilités. Le pays a besoin d’ordre, d’apaisement et pas d’une escalade », a plaidé Emmanuel Macron, prônant, à six mois de l’élection, des débats « avec les partis et non pas dans la rue ».
Le chef de l’État a également annoncé que le gouvernement travaillerait dès cette semaine avec les lycéens, les étudiants, les enseignants, les syndicats, les organisations patronales et les élus pour élaborer des réponses aux inquiétudes de la jeunesse. « Nous ne pouvons pas demander à notre jeunesse de croire en l’avenir sans lui donner la possibilité de construire les réponses et d’être autour de la table », a-t-il déclaré.