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“Nous parlons d’elle au présent, car elle continue de vivre avec nous” : après le décès de sa fille de 15 ans dans un accident, une mère veut accompagner les familles dans le deuil et faire de la prévention

En Lot-et-Garonne, la mère et la sœur de Kelly Clauzet, qui a perdu la vie à l'âge de 15 ans dans un accident de la route, veulent sensibiliser le grand public aux dangers de la route et faire perdurer le souvenir de l'adolescente sur les réseaux sociaux. Leur initiative a également pour but d'apporter une oreille attentive aux familles dans le deuil.

l'essentiel En Lot-et-Garonne, la mère et la sœur de Kelly Clauzet, qui a perdu la vie à l'âge de 15 ans dans un accident de la route, veulent sensibiliser le grand public aux dangers de la route et faire perdurer le souvenir de l'adolescente sur les réseaux sociaux. Leur initiative a également pour but d'apporter une oreille attentive aux familles dans le deuil.

La vie de Sylvie Faugeres et de sa fille Priscilla a été bouleversée par l'un de ces drames auxquels "on n'est jamais préparé". La perte brutale d'un enfant pour la quinquagénaire. Celle d'une sœur pour sa fille aînée. Kelly Clauzet est décédée à l'âge de 15 ans dans un accident de la route à Barbaste en février 2023, qui a également coûté la vie de Cassandre, 16 ans, la seconde passagère. L'affaire, conduite devant la justice du chef d'homicide involontaire à l'égard du jeune homme qui conduisait le véhicule dans lequel circulait le trio, trouvera son terme dans le délibéré rendu, au mois de septembre, par le tribunal judiciaire d'Agen.

Dans le lourd processus de deuil, le volet judiciaire a permis à cette famille originaire de Nérac d'aborder une tout autre étape. "On y pensait depuis longtemps mais il nous a fallu le temps de sortir de notre bulle." Sur les réseaux sociaux Facebook et Instagram, mère et fille ont ouvert une page destinée à préserver la mémoire de Kelly et sensibiliser aux dangers de la route, "parce qu'un accident n'arrive pas qu'aux autres". "Ça ne s'adresse pas qu'aux jeunes. Se retrouver derrière un volant et commettre des imprudences, ça peut arriver absolument à tout le monde. Je ne veux pas que ma fille soit partie pour rien."

Elle tend également à offrir un espace de soutien aux familles à jamais écorchées par la disparition d'un proche. "Chacun vit cette épreuve différemment. Je sais à quel point il est important d'être écouté. Je veux tendre la main à ceux qui en ont besoin. Au début, on est énormément accompagné mais, au fil du temps, les personnes qui nous ont soutenues reprennent le cours de leur vie et oublient la souffrance que nous portons toujours dans nos cœurs."

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"Loin de l'image que l'on se fait du deuil"

Sylvie Faugeres y véhicule des messages empreints de tendresse et de bienveillance, inscrits dans un design travaillé en rose fuchsia, symbole de la joie de vivre qui caractérisait l'adolescente. "Nous voulions créer un univers à son image. Kelly adorait cette couleur. Elle aimait les choses surprenantes, courir, écouter de la musique, chanter sous la pluie. Sa sépulture, aussi, était différente des autres. Loin de l'image que l'on se fait du deuil", confie la mère de famille qui, à travers ses publications, invite l'entourage de Kelly à faire vivre sa mémoire, comme elle s'attache à le faire chaque jour aux côtés de son aînée Priscilla.

Quoi de mieux, pour cela, que de raccrocher l'expression "en vie" dans l'intitulé de ces pages. "Cette formule veut dire énormément de choses pour nous. Sa mort n'est pas tabou. On parle d'elle régulièrement, et au présent, parce qu'on continue de vivre avec elle, de faire fonctionner notre famille. Sa chambre est restée intacte, elle est le refuge de nos animaux. Je suis toujours en contact avec ses amies."

Comme cette quinquagénaire guidée par son optimisme l'exprime sans pudeur : le deuil est un cheminement personnel. Le sien s'est traduit autrement que par un sentiment de colère nourri à l'encontre de l'automobiliste qui a perdu le contrôle de son véhicule et percuté un platane après avoir dépassé la limitation de vitesse autorisée de plus de 50 km/h, et ce malgré des pneus bien trop lisses et un permis tout juste obtenu. "C'était un ami de Kelly. Je sais qu'il n'a pas voulu ce qui est arrivé. Nous nous sommes constituées parties civiles car nous voulions savoir ce qu'il s'était passé. Mais ce n'était pas contre lui."