“Nous ne sommes pas encore au plus bas”: la troisième fortune de Russie assure que l’économie du pays peut encore chuter (le Kremlin ne prévoit que 0,6% de croissance)
Vladimir Potanin, troisième homme le plus riche de Russie, a estimé dans un entretien que l'économie russe pouvait encore chuter davantage. Il a également pris ses distances avec le Kremlin, qu'il soutenait avant un changement de fiscalité.
"Nous ne sommes pas encore au plus bas": la troisième fortune de Russie assure que l'économie du pays peut encore chuter (le Kremlin ne prévoit que 0,6% de croissance)
Publié aujourd'hui à 12h59
Lire dans l'appVladimir Potanin, troisième homme le plus riche de Russie, a estimé dans un entretien que l'économie russe pouvait encore chuter davantage. Il a également pris ses distances avec le Kremlin, qu'il soutenait avant un changement de fiscalité.
La Russie a beau investir massivement sur le front ukrainien, la croissance ne suit pas en conséquence. Vladimir Potanin, troisième fortune du pays et principal actionnaire de MMC Norilsk Nickel PJSC, le plus grand groupe minier du territoire, l'a regretté lors d'une interview accordée ce samedi 10 octobre à RBC TV.
"Nous ne pouvons pas encore affirmer que nous sommes au plus bas", a-t-il déclaré, arguant que le principal défi était de retrouver de l'investissement. Le magnat a toutefois reconnu que le Kremlin mettait en oeuvre des "efforts considérables" pour équilibrer le budget, en vue d'assouplir la politique monétaire.
Le ministère russe de l'Économie anticipe une croissance plafonnée à 0,6% cette année mais surtout un déficit budgétaire croissant, creusé par la guerre. Le financement des offensives en Ukraine contraint ainsi Moscou à puiser dans tous les autres secteurs, à coups d'impôts et de taxes.
Les oligarques s'éloignent du Kremlin
L'entreprise de Vladimir Potanin va par exemple devoir s'acquitter d'une taxe exceptionnelle pouvant atteindre 30% de ses superprofits - les profits qui excèdent largement les bénéfices habituels, portés par un événement exceptionnel - entre 2027 et 2029. Un coup dur pour le magnat, qui estime que cette taxe risque de pénaliser l'investissement et, par extension, la croissance.
"Nous comprenons la nécessité d'une charge fiscale supplémentaire, a concédé l'oligarque. Mais cette charge devrait être exclusivement prélevée sur les bénéfices."
Les propos de Potanin, à la tête d'un empire de 22 milliards de dollars selon l'indice Bloomberg des milliardaires, témoignent d'un fossé grandissant entre les plus grandes entreprises et le gouvernement, qui doit s'assurer que le pays puisse continuer à financer la guerre.

Le Monde qui bouge - le parti pris : Russie - le budget s'essoufle, Poutine reste déterminé - 08/10
3:49
Les géants de l'industrie avaient soutenu les réformes fiscales de 2024, partant du principe qu'elles seraient stables jusqu'en 2030. Aujourd'hui, face au déficit croissant et à cette promesse non-tenue, ils déchantent.
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