Neuf loups abattus illégalement, un charnier découvert, trois personnes interpellées… ce que l’on sait du coup de filet contre le braconnage de loups
Trois personnes soupçonnées d’avoir abattu illégalement neuf loups dans les Hautes-Alpes ont été placées en garde à vue ce mardi 28 juillet 2026. Ressorties sous contrôle judiciaire, elles seront jugées devant le tribunal...
Trois personnes soupçonnées d’avoir abattu illégalement neuf loups dans les Hautes-Alpes ont été placées en garde à vue ce mardi 28 juillet 2026. Ressorties sous contrôle judiciaire, elles seront jugées devant le tribunal correctionnel de Gap.
Trois personnes vont être jugées pour avoir abattu illégalement neuf loups dans les Hautes-Alpes, a annoncé, ce jeudi 30 juillet 2026, la procureure de Gap. L’enquête a duré près d’un an.
En avril 2025, les investigations avaient débuté "à la suite d’un signalement d’atteintes à la faune sauvage", dans le nord du département, a indiqué Marion Lozac'hmeur dans un communiqué sur ce "vaste coup de filet contre le braconnage des loups".
À la suite de ces signalements, des mesures de surveillance ont alors été mises en place par l’Office français de la biodiversité (OFB). Elles ont permis de découvrir "des dispositifs de captation d’images installés à proximité d’une habitation".
Le 28 mars 2026, au cours d’une de leurs observations sur ce site, les inspecteurs de l’environnement de l’OFB ont fait des constatations leur laissant présumer qu'un loup venait d'être abattu "en dehors de tout cadre légal".
Un charnier d'animaux, de nombreuses armes à feu et un cadavre de loup retrouvés
Le lendemain, les gendarmes et l’OFB ont découvert, lors des perquisitions, un charnier d’animaux, vraisemblablement destiné à servir d’appât pour le loup, de "nombreuses" armes à feu et un cadavre de loup.
L’exploitation des preuves recueillies, en particulier de téléphone, a révélé "la présence de nombreuses photographies d’animaux morts, en particulier de loups", ainsi que "l’implication plus ou moins directe de plusieurs personnes".
Trois personnes placées en garde à vue
Ce mardi 28 juillet 2026, les enquêteurs ont alors procédé à l’interpellation de trois personnes, placées en garde à vue puis sous contrôle judiciaire dans l’attente d’un procès devant le tribunal correctionnel en janvier 2027.
Ces dernières devront répondre de "destruction et de complicité de destruction illégale d’espèce protégée".
Six autres individus ont par ailleurs été entendus en audition libre. D'autres personnes sont attendues à la même audience selon une procédure par convocation.
L'abattage des loups strictement encadré en France
En France, l’abattage de loups est encadré par la loi. Il est interdit en milieu naturel, sauf aux fins de défense des troupeaux. Une procédure est définie pour les "tirs de prélèvement", donc indépendamment de l’attaque d’un troupeau en cours. Un nombre maximum de loups pouvant être abattus est fixé, sur une population estimée à un peu plus d’un millier d’individus.
En 2026, le seuil est fixé à 227 loups, pouvant être porté à 248 par arrêté du préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, préfet coordonnateur du Plan national d’action pour le loup et les activités d’élevage.
Avec AFP.