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Népal : le bilan s’alourdit à 1 225 morts et 4 757 disparus

Des familles népalaises organisaient des cérémonies funéraires symboliques pour "libérer l’âme" de leurs proches portés disparus depuis que des crues soudaines meurtrières ont balayé leurs villages et leurs mai...

Des familles népalaises organisaient des cérémonies funéraires symboliques pour "libérer l’âme" de leurs proches portés disparus depuis que des crues soudaines meurtrières ont balayé leurs villages et leurs maisons dans la région himalayenne, il y a une semaine.

Les équipes de secours ont déjà retrouvé plus de 1 000 corps, tandis que près de 4 500 personnes sont toujours portées disparues après qu’une vague gigantesque d’eau glacée, de rochers et de débris, déclenchée par l’effondrement d’un glacier d’altitude, a dévalé la frontière sino-népalaise le 26 août, détruisant une grande partie de tout ce qui se trouvait sur son passage.

Après plusieurs jours à fouiller les centres d’accueil et les morgues, les proches de certains disparus ont perdu tout espoir et ont commencé à célébrer les derniers rites funéraires.

"Nous devions faire cela pour libérer son âme, afin qu’il soit en paix et heureux, où qu’il se trouve", a déclaré Dolma Newar Tamang, encadrée par son fils en sanglots, lors des funérailles de son mari.

Il se rendait en Chine lorsque la catastrophe a frappé. "J’ai vu les informations et je l’ai appelé", dit-elle. "J’ai appelé à plusieurs reprises, mais il n’a jamais décroché".

Une semaine après cette catastrophe d’ampleur colossale, les sauveteurs népalais gardent l’espoir de retrouver des survivants, notamment dans les multiples tunnels des centrales hydroélectriques de la région. Jusqu’à présent, ils n’ont récupéré que des corps dans des tunnels obstrués par la boue, mais les équipes continuent de creuser, de forer et de faire exploser les débris dans l’espoir d’atteindre d’éventuels survivants.

Le ministre népalais des Affaires étrangères, Shisir Khanal, a déclaré qu’il espérait encore que certains des milliers de personnes signalées disparues soient en vie.

"Des miracles, ça existe", a-t-il déclaré dans un entretien. "À ce stade, je ne veux pas renoncer complètement à tout espoir".

Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a estimé que la catastrophe constituait "un sérieux signe que les risques auxquels nous sommes confrontés dans la région himalayenne augmentent à mesure que le changement climatique s’aggrave". "Le changement climatique résulte d’une contribution mondiale, et la réponse aux catastrophes est elle aussi une responsabilité mondiale", a-t-il écrit dans un message sur Facebook.

Selon les scientifiques, l’Himalaya, la plus haute chaîne de montagnes du monde, se réchauffe rapidement avec la hausse des températures mondiales, ce qui accélère la fonte des glaciers.

Les glaciers de l’ensemble de la région himalayenne et de la chaîne de l’Hindu Kush constituent une source d’eau essentielle pour environ 240 millions de personnes vivant en montagne, ainsi que pour 1,65 milliard d’habitants supplémentaires dans les vallées fluviales d’Asie du Sud et du Sud-Est situées en contrebas.

La colère monte face à l’ampleur des destructions qui frappent le Népal, pays en grande partie rural de 30 millions d’habitants. Le pays a peu contribué aux émissions de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique, mais fait partie de ceux qui en subissent les conséquences.

Katmandou a prévenu que les coûts de reconstruction pourraient atteindre "des milliards de dollars". L’économie népalaise est déjà sous tension, avec des ressources limitées pour faire face à une catastrophe de cette ampleur.

Les morgues étant débordées au Népal, les autorités ont dû enterrer des centaines de corps non identifiés dans des fosses communes, après prélèvements ADN, provoquant une vive indignation au sein de la population, majoritairement hindoue, qui accuse le gouvernement de bafouer les rites funéraires religieux.

Mardi soir, le nombre total de décès confirmés s’élevait à 1 225. 4 757 autres sont toujours portées disparues.

Sources additionnelles • AFP