Natation - Championnats d’Europe. De diminué à doublement sacré : comment le pari de Léon Marchand s’est avéré payant
On prend les mêmes et on recommence. Ou presque. Un Léon Marchand diminué avant les Europe mais qui a progressé sur sa technique. Un public survolté. Une finale européenne. Le Français qui sort du bassin l’or a...
On prend les mêmes et on recommence. Ou presque. Un Léon Marchand diminué avant les Europe mais qui a progressé sur sa technique. Un public survolté. Une finale européenne. Le Français qui sort du bassin l’or autour du cou et le poing levé. Comme samedi lors du 200 m papillon, distance qu’il maîtrise davantage pour en être le champion olympique en titre, Léon Marchand a décroché une couronne européenne, la deuxième de la semaine. Cette fois, sur le 400 m nage libre, une distance qu’il maîtrise beaucoup moins puisqu’il s’y aligne pour la première fois en compétition internationale.
Et pourtant, au départ, c’était comme si c’était lui le roi de la discipline. Il a encore été acclamé par une foule en délire qui a scandé son nom du début à la fin de son entrée dans la piscine. Mais ça, on en a presque l’habitude. Ce qui était plus surprenant, c’est la maîtrise avec laquelle il a lancé sa course, lui le “néophyte”. Quatrième temps des séries le matin (3’45’’85), le Toulousain est parti beaucoup plus fort en finale, prenant la tête dès le premier 50 mètres pour ne plus jamais la lâcher.
« J’ai essayé de m’amuser »
« J’ai essayé de partir vite, de voir ce que ça pouvait donner. J’ai réussi à garder mes jambes sur le dernier 100 mètres, et heureusement parce que ça revenait », s’est réjoui celui qui s’est offert un deuxième sacre continental en deux jours devant le Hongrois Oliver Papai (3’44’’46) et l’Allemand Lukas Martens (3’44’’57). « C’est une course nouvelle pour moi, donc j’ai essayé de m’amuser. » Chronométriquement, lui qui voulait « se rapprocher de [ses] 3’44’’ » en décembre dernier a même établi un nouveau record de France (3’43’’14), effaçant Yannick Agnel des tablettes.
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Il a encore fait parler sa force sur les coulées, notamment la dernière, qui a confirmé son sacre. « J’avais vraiment envie de la réussir celle-là, et mes poumons n’étaient pas encore assez atteints pour me compliquer les choses », a expliqué le double champion d’Europe, qui a fait le plein d’enseignements pour la suite. « Stratégiquement, je pense qu’il y a plein de choses que je peux améliorer. Les coulées je peux les pousser pour la prochaine fois. Je pense que j’étais un peu peureux. Par contre j’étais bien en puissance sur les bras, c’est vraiment bien », a décrypté le Français.
Musculation, nutrition et progrès
Les pépins physiques derrière lui, Marchand a pourtant été perturbé dans sa préparation par une blessure à l’adducteur droit qui l’a poussé à travailler autrement et faire ce pari un peu fou. « Je ne pouvais plus faire d’ondulations. Du coup, j’ai pu me concentrer sur la partie nagée, essayer de créer de la vitesse sur la nage en crawl sans faire forcément des grosses coulées », a expliqué le nageur.
Affûté par un nouveau programme, le protégé de Bob Bowman a passé une nouvelle étape, et ça paie. « Cette année j’ai fait un travail un peu plus important sur ma nutrition, sur la musculation, et sur les bras à l’entraînement. J’ai beaucoup progressé », analysait le Français lors du stage de préparation des Bleus à Vichy.
Dimanche soir, Léon Marchand a encore prouvé que la nouveauté ne lui faisait pas peur et qu’il est un travailleur acharné. « En crawl, une des techniques c’est quand même de partir vite sans trop mettre de jambes. Et ça, j’avais besoin de le travailler à l’entraînement, en bossant beaucoup plus sur les bras que sur les jambes. »
Le travail accompli à l’Euro de natation, Léon Marchand s’est offert le luxe d’une nouvelle Marseillaise a capella comme il en raffole. Nul doute que le Français aimerait l’entendre encore dans deux ans, à Los Angeles, mais on pourrait d’abord le retrouver aux Mondiaux en petit bassin à Pékin en décembre. « C’est quelque chose que j’ai vraiment envie de réussir », promet-il.