Nancy. Le repas étudiant à 1 euro attire les foules, les agents du Crous demandent des moyens supplémentaires
Il est midi passé devant le resto’U du cours Léopold. La file d’attente s’allonge sur une centaine de mètres, au point d’obstruer l’entrée de la supérette située plus loin dans l’artère. ...
Il est midi passé devant le resto’U du cours Léopold. La file d’attente s’allonge sur une centaine de mètres, au point d’obstruer l’entrée de la supérette située plus loin dans l’artère.
Des dizaines d’étudiants patientent dans le calme avant de pouvoir se mettre à table. Pour éviter d’attendre trop longtemps, certains ont des tactiques : « Le prof nous laisse sortir un peu avant afin de pouvoir arriver avant le rush », expliquent Noah et Simon, étudiants à l’Ensic (École nationale supérieure des industries chimiques). Les deux futurs ingénieurs prennent leur mal en patience et se montrent philosophes : « Un repas à un euro, ça reste un privilège ». Erwan, étudiant en droit, privilégie une arrivée plus tardive : « Le pic, c’est à midi et quart, quand l’emploi du temps le permet, j’arrive plutôt vers midi et demi ». Si le temps d’attente est conséquent, tous les étudiants interrogés se montrent compréhensifs : « C‘est normal que le prix attire les étudiants, moi ça ne me dérange pas d’attendre », témoigne Eliza, qui vient du campus lettres et sciences humaines où le futur restaurant universitaire n’est pas encore livré.
« Il faut pousser les murs »
Mais l’attractivité du prix a nécessairement des répercussions sur les personnels du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires). L’afflux d’étudiants n’étant pas forcément en adéquation avec le nombre d‘agents.
Ainsi, l’appel national à la grève du mardi 22 septembre a été largement suivi. Sur la vingtaine de sites de restauration du Crous, répartis entre Nancy et Vandoeuvre, la moitié était fermée. « Au point de vue national, la grève a été bien suivie », explique Raymond Rivière, secrétaire fédéral de la CFDT (Éducation formation recherche publiques). « Les agents sont en colère ! Nous n’avons rien contre le repas à 1 euro, mais nous demandons des moyens pour pouvoir accueillir le public, car là il faut pousser les murs ».
Pour le représentant syndical, le repas à 1 euro serait l’arbre qui cache la forêt : « Nous sommes passés de 287 structures en 2000 à près d’un millier en 2025, et pendant ce temps, les moyens humains ont augmenté de 7 %. La dégradation date de 25 ans ».
Si les étudiants se réjouissent de pouvoir se nourrir à moindres frais, les agents du Crous tirent la langue. Joint par téléphone, le directeur de cabinet du Crous a fait savoir que : « Le Crous n’a pas à commenter le mouvement de grève des collègues, tout en disant respecter l’exercice de ce droit ».
La semaine prochaine, une nouvelle mobilisation nationale est prévue et concernera l’ensemble de la fonction publique.
Cette fois, la revalorisation des salaires est au menu.