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“The Cold Song” par Klaus Nomi : épisode 13/20 du podcast Music Queer | France Inter

AUDIO Music Queer, épisode 13/20 : "The Cold Song" par Klaus Nomi. Une série inédite proposée par France Inter. Écoutez "The Cold Song" par Klaus Nomi, et découvrez nos podcasts en ligne.

1981 : Klaus Nomi bouleverse la pop avec "The Cold Song", entre chant lyrique baroque et allure extraterrestre. Portrait d'un artiste hybride, disparu du sida en 1983, qui a inventé une créature inédite pour échapper aux normes de son époque.

En 1981, les États-Unis envoient leurs premières navettes dans l'espace, Bowie sort Scary Monsters, et débarque une créature qui semble venue de nulle part et de partout à la fois : Klaus Nomi, avec "The Cold Song".

Une créature entre deux mondes

Né en 1944, Klaus Sperber grandit à Berlin-Ouest, tiraillé entre Elvis Presley, que sa mère détestait, et Maria Callas, qu'elle adorait. Il se rêve chanteur lyrique, mais à l'opéra, le seul rôle qu'on lui propose est celui d'ouvreur. En 1972, il met le cap sur New York et continue de chanter, faute de mieux, dans les clubs gays de la ville.

C'est là qu'il invente son double : une silhouette haut perchée, au corps de robot mal huilé, mi-humaine, mi-mécanique, mi-masculine, mi-féminine. Il se rebaptise Nomi, anagramme d'Omni, magazine de science-fiction dont il est fan. À une époque où afficher son homosexualité peut coûter cher, cette figure d'extraterrestre lui permet toutes les transgressions. Le jour, pourtant, rien de spatial : Klaus fait des gâteaux pour gagner sa vie, fidèle à sa devise : "Un homme sans maquillage est comme un gâteau sans glaçage."

Une étoile filante

"The Cold Song" est extrait de King Arthur, opéra baroque anglais composé par Henry Purcell au XVIIe siècle. Klaus y mêle clavecin ancien et sonorités synthétiques futuristes, choc temporel qui résume tout son projet artistique. Nomi devient une star mondiale, un ovni de la pop hybride, dans sa silhouette comme dans sa musique.

Mais sous le costume, des cicatrices apparaissent. Klaus Nomi est atteint de ce que l'on appelle alors, faute de nom officiel, le cancer gay. Le 16 août 1983, il meurt du sida, abandonné par une grande partie de son entourage, terrifié par une maladie encore mal comprise. Il laisse derrière lui une créature inédite, restée sans équivalent dans l'histoire de la pop.

À écouter

France Inter

54 min