Mulhouse. Festival sans nom : ces autrices et auteurs de polars issus du milieu judiciaire
« Ça dispense de pas mal de recherche », sourit Nicolas Feuz, un des 30 auteurs et autrices présents ces 17 et 18 octobre à l’édition 2026 du Festival sans nom à Mulhouse. Procureur dans la vie en Suisse en plu...
« Ça dispense de pas mal de recherche », sourit Nicolas Feuz, un des 30 auteurs et autrices présents ces 17 et 18 octobre à l’édition 2026 du Festival sans nom à Mulhouse. Procureur dans la vie en Suisse en plus d’être écrivain, Nicolas Feuz s’inspire entre autres de détails des affaires qu’il traite pour écrire ses romans. « Ça peut être un dialogue qu’on a eu sur le terrain ou la description d’une scène de crime », explique-t-il.
Meï Lepage, policière de formation, présente son premier roman, « Sécher tes larmes », ces 17 et 18 octobre au Festival sans nom à Mulhouse. Un roman né de cinq années de travail. Photo Valentine Heitz
Spécialisé dans le trafic de stupéfiants, il a drastiquement réduit ses recherches pour son roman Impérium, coécrit avec Marc Voltenauer grâce à ses connaissances dans le domaine. Pourtant, son inspiration ne s’arrête pas à son métier. « Je ne me cantonne pas à la procédure pénale. J’ai fait des flash-back historiques dans certains de mes romans aussi », souligne-t-il.
Nicolas Feuz est écrivain et procureur en Suisse. Son métier est une source d’inspiration pour ses romans. Photo Valentine Heitz
Quand la réalité dépasse la fiction
Pour Valentine Vendôme, l’écriture d’un polar est surtout « cathartique ». Magistrate depuis sept ans, elle a commencé l’écriture « après un trop-plein » il y a environ trois ans. « J’étais sur une scène de crime pour un noyé et mes Louboutin se sont enfoncées dans la boue. J’étais l’autorité et en déséquilibre avec la boue. C’est cette sensation qui m’a donné envie d’écrire », raconte la magistrate.
Son métier est une source d’inspiration, « ça aide à trouver des idées ». Pourtant, la fiction prend bien évidemment le pas, ne pouvant pas trahir le secret de ses dossiers et la réalité étant parfois pire que ce que l’on imagine. « Si je racontais ce que j’ai dans mes dossiers, les gens n’y croiraient pas, ajoute-t-elle. […] La fiction me libère du poids de la réalité. »
Pour Valentine Vendôme, l’écriture est un moyen d’extérioriser son métier de magistrate. Photo Valentine Heitz
Si l’enquête est un élément indispensable au polar, la description des procédures et du monde judiciaire ne l’est pas pour autant. « Je prends parfois quelques libertés sur les procédures sans pour autant entacher le récit », avoue Nicolas Druart.
Infirmier dans la vie en plus d’être romancier, le monde judiciaire est loin de son quotidien mais ne l’empêche pas de se renseigner « pour ne pas écrire n’importe quoi ». Dans ses romans, il donne une plus grande place aux personnages, reléguant l’enquête au second plan. « Je ne me sens pas d’écrire un roman sur un policier par exemple », confie-t-il.
Suivre le fil rouge
Romain Puértolas est même plus radical. « Je trouve basique qu’un policier écrive un roman policier », lance-t-il. Auteur qui ne se cantonne pas à un seul style, il ne se définit pas comme auteur de polar. « Le polar, c’est quelque chose de sombre. J’écris plutôt quelque chose de plus édulcoré et de plus fantaisie », souligne-t-il.
S’il a exercé plus d’une vingtaine de métiers dans sa vie, ce n’est qu’après être sorti de la police qu’il a commencé les enquêtes qu’il retrace dans ses ouvrages. « Je choisis les enquêtes que je veux mener », précise-t-il.
Romain Puertolas, ancien policier et un auteur multicasquette, ne se cantonne pas à un seul style de roman. Photo Valentine Heitz
Pour Meï Lepage, sa formation de policière a été un vrai plus dans l’écriture de son premier roman, Sécher tes larmes. Elle l’a aidé « à avoir du recul » sans pour autant la cloisonner dans ce rôle d’autrice-flic. « Je vois l’écriture d’un roman comme un problème mathématique. Tout est une succession logique pour une résolution divertissante », explique-t-elle.
Fruit de cinq ans de travail, son premier roman trouve sa genèse dans une chanson de Billie Eilish. « C’est à partir d’une phrase du refrain de All the good girls go to hell que j’ai eu l’idée. » Si le roman a pris plusieurs formes lors de l’écriture, c’est finalement le thriller psychologique qui l’a emporté. « La première version se passait aux États-Unis avec un shérif, puis j’ai fait du young adult avant de recommencer… », se remémore l’autrice.
Que son auteur soit professeur ou journaliste, policier ou magistrat, ce qui fait un bon polar reste avant tout une bonne dose de mystère.
Festival sans nom, à la bibliothèque Grand-rue à Mulhouse, dimanche 18 octobre de 10 h à 17 h avec ouverture du stand librairie à partir de 9 h 30. Informations et programme sur www.festival-sans-nom.fr