thejournalofsierraleonestudies.com

Mostra de Venise : la présidente du jury Maggie Gyllenhaal tacle la faible présence de réalisatrices en compétition

Seuls deux films de la sélection sont réalisés ou coréalisés par une femme, "un problème systémique" selon l'actrice américaine. ...

Seuls deux films de la sélection sont réalisés ou coréalisés par une femme, "un problème systémique" selon l'actrice américaine.

France Télévisions - Rédaction Culture

Publié le 03/09/2026 12:56

Temps de lecture : 3min

L'actrice américaine Maggie Gyllenhaal, présidente du jury de la 83e Mostra, le 2 septembre 2026, à Venise. (TIZIANA FABI / AFP)
L'actrice américaine Maggie Gyllenhaal, présidente du jury de la 83e Mostra, le 2 septembre 2026, à Venise. (TIZIANA FABI / AFP)

La 83e édition de la Mostra s'est ouverte mercredi 2 septembre avec la remise d'un prix honorifique à George Clooney, habitué du plus vieux festival de cinéma au monde, lequel est critiqué cette année pour le faible nombre de femmes sélectionnées en compétition.

L'actrice et réalisatrice américaine Maggie Gyllenhaal, qui aura la lourde tâche de départager les 21 films en compétition en tant que présidente du jury, n'a pas hésité à critiquer le choix de la Mostra de ne programmer que deux films réalisés par des femmes – dont un coréalisé avec un homme et ajouté tardivement à la sélection.

"Je suppose qu'il est désormais clair une bonne fois pour toutes que les hommes font de meilleurs films que les femmes", a-t-elle ironisé devant le directeur artistique du festival Alberto Barbera, qui a justifié l'absence de réalisatrices par la moindre qualité des films proposés. "Il y a évidemment un problème systémique. Je pense vraiment qu'il est beaucoup plus difficile pour les femmes de faire financer leurs films", a-t-elle ajouté.

De son côté, George Clooney, 65 ans, désormais citoyen français, a profité de la tribune offerte par la Mostra pour, de Venise, s'en prendre au gouvernement américain, qualifié de "kakistocratie", soit "un pays dirigé par les personnes les moins qualifiées". "Nous vivons une époque où les gens qui nous dirigent, les gens qui ont le plus d'argent, nous disent d'avoir peur les uns des autres", a déploré l'acteur et réalisateur, opposant de longue date à Donald Trump et toujours attentif sur la situation politique de son pays natal, lors de la remise de son Lion d'or d'honneur.

Sur sa carrière cinématographique, George Clooney a mis en avant "une série d'accidents heureux" qui lui ont permis d'acquérir ce statut d'icône, lui qui a percé tardivement dans le métier, et d'abord à la télévision via la série Urgences, à 34 ans, au milieu des années 1990.

L'acteur et réalisateur George Clooney a reçu un Lion d'or d'honneur des mains de sa collègue Laura Dern, le 2 septembre 2026, à Venise, en Italie. (OTTAVIA DA RE / SINTESI / SIPA)
L'acteur et réalisateur George Clooney a reçu un Lion d'or d'honneur des mains de sa collègue Laura Dern, le 2 septembre 2026, à Venise, en Italie. (OTTAVIA DA RE / SINTESI / SIPA)

Outre l'absence critiquée des femmes réalisatrices dans la sélection 2026, remarquée, celle des gros studios américains, une tendance déjà observée à Cannes et Berlin, se confirme à Venise. Cela laisse de la place pour des films indépendants comme Ink, du cinéaste britannique Danny Boyle. Projeté en ouverture, il revient sur l'histoire du tabloïd anglais The Sun et son propriétaire, le magnat des médias Rupert Murdoch, lequel se dit "très heureux" d'être incarné par Guy Pearce, a déclaré l'acteur mercredi. Robert Pattinson jouera, de son côté, un présentateur de télévision sans scrupule dans Primetime (réalisation de Lance Oppenheim), film inspiré par Chris Hansen, le créateur du programme To Catch a Predator.

En outre, plusieurs documentaires projetés hors compétition seront aussi consacrés à des figures charismatiques comme Musk, film de 3h45 sur la trajectoire chaotique du propriétaire de Tesla et SpaceX ou bien Don't Look Back in Anger sur les frères Gallagher et le groupe Oasis.

Au centre des débats l'année dernière, le conflit israélo-palestinien sera à nouveau très discuté sur le Lido avec quatre films traitant de cette question, dont NAZA, des réalisateurs israéliens oscarisés Yuval Abraham et Rachel Szor, qui dévoile "les systèmes derrière le massacre calculé de civils palestiniens à Gaza par Israël".

En revanche, la Mostra a essuyé des critiques pour avoir programmé Dau du réalisateur Ilya Khrzhanovsky. Ce film, consacré à la vie du prix Nobel de physique Lev Landau, père de la bombe atomique soviétique, est entouré d'une aura de scandale pour ses conditions de tournage jugées dégradantes, notamment pour les actrices, entre 2008 et 2011 à Kharkiv, en Ukraine.

Le ministère de la Culture ukrainien a dénoncé un projet lié à des intérêts russes et des oligarques. La Mostra a défendu le film, en insistant sur le statut d'exilé de son réalisateur, un opposant politique de longue date à Vladimir Poutine qui a renoncé à sa nationalité russe.

En l'absence des studios américains, une place de choix a été accordée cette année au cinéma français avec quatre longs-métrages en lice. Florian Zeller (The Father) est très attendu avec son thriller Bunker mettant en scène le couple star espagnol Javier Bardem et Penélope Cruz.

Cédric Kahn présentera, quant à lui, 15/18, une plongée dans le quotidien d'une unité de soins pédopsychiatriques. Nicolas Pariser (Alice et le maire) viendra défendre Un peu avant minuit avec Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni et Golshifteh Farahani, et Stéphane Brizé (La Loi du marché) proposera une nouvelle radiographie du capitalisme contemporain et de ses travers avec Un bon petit soldat.

Par ailleurs, cinq longs-métrages de réalisateurs italiens sont également en compétition, dont Succederà questa notte marquant le retour à Venise après trente-sept ans d'absence de Nanni Moretti, avec Louis Garrel à l'affiche.

Shorts