Moselle. « Aujourd’hui encore, j’y repense avec beaucoup de tendresse » : un bout du cœur de Philippine est resté en Normandie
Granville, Normandie, printemps 2017 : Philippine va bientôt avoir 14 ans. C’est une jeune fille tout en éclats de rire qui, de son propre aveu, n’envisage pas encore les garçons autrement que comme des camarad...
Granville, Normandie, printemps 2017 : Philippine va bientôt avoir 14 ans. C’est une jeune fille tout en éclats de rire qui, de son propre aveu, n’envisage pas encore les garçons autrement que comme des camarades de jeu. Elle est en Normandie à la faveur d’un déplacement professionnel de sa mère. Heureuse de cette parenthèse, l’ado avide de voyages découvre un environnement idyllique : le spot où le duo mosellan est hébergé, avec piscine naturelle, plage à portée de main et plus de nature que le regard n’en peut embrasser, a tout pour la ravir. Tranche de pomme sur le calva, la formule club de l’endroit facilite les rencontres et sa maman ne tarde pas à nouer connaissance avec une autre mère de famille elle-même aussi accompagnée de sa fille.
Fanny a beau être nettement plus jeune qu’elle, Philippine se sent l’âme d’une monitrice de colo et va passer pas mal de temps avec la petite fille de 8 ans. « Très vite, elle s’est liée avec une autre petite, à peu près du même âge, que tout le monde appelait Maïs… », se souvient Philippine qui garde un œil sur les bouts de chou pendant les activités de la journée, pour le plus grand bonheur des adultes qui ont ainsi un peu de temps pour elles.
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Des étoiles… dans les yeux
Balades, pêches à pied et visites culturelles s’enchaînent jusqu’au jour où Anthony, le grand frère de Maïs, apparaît dans un couloir de l’hôtel. Un rêve éveillé : « J’ai tout de suite demandé à Maïs qui était ce garçon. J’étais sans voix : il était grand, très mince avec des cheveux noirs et les yeux bleus les plus clairs que je n’avais jamais vus… », raconte Philippine avec une précision qui en dit long sur son émoi d’alors. Problème : à 14 ans à peine et sans la moindre expérience amoureuse, la simple idée d’engager la conversation avec le jeune homme la tétanise.
C’est un trajet en bus, au retour de la traditionnelle visite du Mont-Saint-Michel, qui va lui offrir l’opportunité espérée. « Il y avait une place à côté de lui mais je m’étais mis deux rangs derrière. Je l’ai entendu parler de Star Wars™ avec le garçon qui était devant lui. Je connaissais par cœur : j’étais fan ! Mais je tenais mon prétexte : j’ai fait mine de ne pas comprendre et je lui ai demandé de m’expliquer de quoi il parlait ! », sourit encore Philippine.
Le stratagème fonctionne. Anthony, un peu plus âgé, ne boude pas son plaisir : il lui brosse la saga en détail, adore qu’on boive ses paroles, ignorant que si la jeune fille le regarde avec des yeux comme des soucoupes, cela n’a rien à voir avec la Guerre des étoiles …
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« Un beau souvenir »
« À partir de là, on ne s’est plus quittés : je n’avais jamais eu autant de facilité à échanger avec un garçon. Assis dans les rochers, je lui ai raconté Metz, ma région, ma vie et toutes les bêtises auxquelles on accorde tellement d’importance à cet âge. Nous avons passé le reste de la semaine ensemble à veiller sur nos “petites sœurs” et à se dévorer du regard. Mais il ne s’est rien passé. Nous n’avons pas osé… »
Le week-end arrivé, le retour s’effectue en train mais le terminus pour Anthony est à Paris… « J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps durant le trajet vers Metz et pendant des jours après. J’avais son numéro – un fixe à l’époque – mais je n’ai osé appeler qu’une seule fois. C’est Maïs qui a décroché… J’ai raccroché immédiatement. » Philippine entrera ensuite au lycée et Anthony prendra place dans sa mémoire… vive. « Un beau souvenir, celui de mon premier amour de vacances, d’une parfaite chasteté. Aujourd’hui encore, j’y repense avec beaucoup de tendresse… »