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Montréal mettra à disposition 3000 places dans des centres…

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a annoncé que la Ville prévoit d’offrir environ 3000 places dans des refuges d’urgence afin de lutter contre ce qu’elle qualifie de plus grande crise humanitair...

La mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a annoncé que la Ville prévoit d’offrir environ 3000 places dans des refuges d’urgence afin de lutter contre ce qu’elle qualifie de plus grande crise humanitaire à laquelle la Ville est confrontée : l’itinérance.

Elle a promis en conférence de presse jeudi qu’elle ne laissera personne mourir de froid dans la rue et que son administration fera tout son possible pour y parvenir.

La Ville installera ces 3000 places dans neuf centres d’accueil d’urgence, ouverts en tout temps, répartis dans sept de ses arrondissements. Mme Martinez Ferrada explique que les refuges doivent pouvoir offrir des services continus, plutôt que d’obliger les personnes vulnérables à se déplacer d’un endroit à l’autre tout au long de la journée.

La mairesse a précisé qu’une partie des 3000 places serait constituée de chaises, mais n’a pas pu confirmer le nombre de lits.

Elle a ajouté que la Ville a fait l’acquisition de 350 nouveaux lits pour les nouveaux centres d’accueil d’urgence, lesquels étaient nécessaires, car de nombreuses personnes ayant fréquenté les refuges d’urgence ces dernières années ont dû dormir sur des chaises.

Les 3000 places prévues s’ajoutent aux refuges et aux ressources existantes pour les personnes sans abri, gérés par des organismes communautaires.

La Ville ne prévoit pas d’ajouter de nouveaux lits d’urgence dans le quartier Hochelaga, dans l’est de Montréal, où se trouve actuellement un campement d’environ 200 tentes.

Elle a indiqué vouloir assurer une répartition plus équitable des ressources pour les personnes en situation d’itinérance dans la région de Montréal.

En novembre dernier, la Ville comptait environ 2500 places dans les refuges d’urgence et les centres d’accueil. La mairesse Martinez Ferrada avait annoncé que son administration avait ajouté 500 places d’ici Noël, pour un total d’environ 3000.

Elle a affirmé qu’aucune autre ville québécoise n’a une telle capacité.

Une question qui concerne la province aussi

Le gouvernement du Québec estimait qu’un peu plus de 12 000 personnes vivaient dans la rue au Québec en 2025 et qu’environ 42 % de la population sans abri de la province vivait à Montréal.

Selon la mairesse, Montréal a besoin d’environ 20 millions $ pour mettre en œuvre son plan d’urgence.

Elle a affirmé que les organismes communautaires ont besoin de cette certitude pour conserver leurs équipes et leur personnel et pour planifier l’avenir.

Mme Martinez Ferrada a ajouté qu’elle croit que la Ville obtiendra le financement nécessaire après que le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon, a promis de faire de l’itinérance une priorité absolue.

L’annonce de la Ville survient après le décès d’une femme dans un campement de l’arrondissement de Montréal-Nord, tôt mercredi, après un incendie.

M. St-Pierre Plamondon a réagi à la nouvelle du décès sur les médias sociaux mercredi, affirmant qu’il faisait « de la lutte à l’itinérance une affaire personnelle ». Il a écrit que son gouvernement fournira le financement nécessaire pour cet hiver. Lors d’une conférence de presse distincte jeudi, le premier ministre Mark Carney a déclaré qu’il collaborerait avec le prochain gouvernement du Parti Québécois sur cette question.

Une femme en situation d’itinérance est décédée cette nuit. Je tiens à offrir mes plus sincères condoléances à ses proches et à sa famille. Comme premier ministre, je fais de la lutte à l’itinérance une affaire personnelle. Ce sera notre priorité comme gouvernement d'intervenir. J’ai annoncé que des budgets d’urgence seront rendus disponibles à court terme. L’hiver est à nos portes et on doit être prêt. Ces ressources devront notamment servir à de l'hébergement d'urgence et de refuge pour l'hiver. On va agir résolument pour éviter que ce genre d’événement tragique ne se reproduise. Bien sûr, nous aurons aussi des solutions pour le logement à long terme. https://t.co/2LyrsO03y6

— Paul St-Pierre Plamondon (@PaulPlamondon) October 7, 2026

Des représentants d’organismes communautaires se félicitent des ressources supplémentaires allouées pour s’attaquer à un problème qui, selon eux, devient de plus en plus complexe. Ils affirment toutefois que tous les paliers de gouvernement doivent s’engager à construire davantage de logements de transition et à financer des services, comme les centres de traitement des dépendances et le soutien en santé mentale, afin de sortir les gens de la rue.

La mairesse a exhorté le gouvernement à augmenter le financement des logements de transition, ajoutant que la ville travaille à la construction de 2000 unités.

Sam Watts, directeur général de la Mission Welcome Hall, a déclaré aux journalistes que la ville a fait preuve d’efficacité dans la planification, mais qu’il est nécessaire de trouver des solutions permanentes.

« Nous ne voulons pas que quiconque naisse ou meure dans la rue, mais je ne veux pas non plus que quiconque y vive, a-t-il dit. On entend parler de logements de transition à maintes reprises. C’est vraiment la solution : permettre aux gens de retrouver un logement permanent plutôt que de recourir à une série de mesures d’urgence, qui sont très coûteuses. »

Émilie Fortier, vice-présidente aux services à la Mission Old Brewery, a expliqué que le loyer et le prix des logements constituent un obstacle supplémentaire, les logements abordables devenant de plus en plus difficiles à trouver.