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Mondial de l’Auto 2026 : Stellantis, Renault et Volkswagen lancent la bataille avant l’ouverture

La soirée commence à bord d’une 2 CV historique. Pour rejoindre le Hangar Y, à Meudon, où Stellantis organise son grand show à la veille du Mondial de l’Auto 2026, les journalistes sont conduits dans plusieurs ...

La soirée commence à bord d’une 2 CV historique. Pour rejoindre le Hangar Y, à Meudon, où Stellantis organise son grand show à la veille du Mondial de l’Auto 2026, les journalistes sont conduits dans plusieurs exemplaires de l’icône Citroën. La mienne est l’une des toutes dernières produites, en 1990. Tout est encore dans son jus, jusqu’au compteur qui affiche près de 90 000 kilomètres. Une demi-heure plus tard, changement d’époque.

Lumières, musique, écrans géants, scène monumentale : Stellantis a choisi le grand spectacle pour lancer le Mondial avant même son ouverture officielle. Le groupe a dévoilé six concept-cars représentant Alfa Romeo, Citroën, DS Automobiles, Fiat, Opel et Peugeot. John Elkann, Antonio Filosa, directeur général de Stellantis, Emanuele Cappellano, patron de l’Europe élargie, ainsi que les dirigeants des différentes marques étaient présents. Une impressionnante brochette, exclusivement masculine.

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Stellantis mise gros sur le Mondial de l’Auto 2026

L’exercice est réussi, mais il est surtout révélateur de l’importance que Stellantis accorde au rendez-vous parisien. Le groupe revendique le plus grand stand du Mondial de l’Auto 2026, avec plus de 60 véhicules, huit marques, neuf concept-cars et six premières mondiales. « C’est notre plus gros investissement de l’histoire » insiste même John Elkann. Cette débauche de moyens en dit long sur l’état d’esprit des constructeurs européens. Avant même l’ouverture du salon, Volkswagen, Renault et Stellantis ont profité de la fin du week-end pour multiplier les annonces. Dans une industrie confrontée à la concurrence chinoise, aux restructurations et au ralentissement du marché, le message est clair : les marques européennes veulent encore montrer qu’elles ont des produits, des idées et une capacité d’investissement. Chez Stellantis, Antonio Filosa insiste sur le choix, le design et les technologies. Emanuele Cappellano annonce de son côté plus de 50 nouveaux produits d’ici 2030 et un élargissement de 25 % de la couverture du marché du groupe en Europe.

La future Citroën 2 CV déjà star du salon

Parmi les six concept-cars dévoilés, un modèle a immédiatement attiré l’attention : la future Citroën 2 CV. Électrique, fabriquée en Europe et annoncée autour de 15 000 euros, elle veut retrouver l’esprit populaire de l’originale. Citroën joue à fond la carte de la nostalgie, jusque dans les détails du concept. À quelques heures de l’ouverture du Mondial de l’Auto 2026 à la presse, une chose est déjà claire : la bataille de l’attention a commencé. Et avec cette nouvelle 2 CV, Stellantis tient sans doute déjà l’une des voitures les plus commentées du salon.

Volkswagen choisit le terrain politique

À quelques kilomètres de là, Volkswagen a choisi un registre très différent. Moins de spectacle, davantage de politique. « Pour l’Europe » : le leitmotiv d’Oliver Blume, patron du groupe allemand, sonne comme le pendant de la stratégie menée en Chine, résumée par la formule « In China, for China ». Car derrière les nouveautés présentées à Paris, c’est bien la confrontation avec les constructeurs chinois qui domine les esprits. « La Chine et l’Europe doivent être en compétition sur un pied d’égalité », martèle Oliver Blume le patron de Volkswagen. « L’Europe peut gagner. » Même confiance affichée par Werner Tietz, responsable de la R&D du groupe : « Je suis persuadé que nous avons les meilleurs ingénieurs du monde de l’automobile. Nous allons combiner l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine. »

Le symbole est d’autant plus fort que Volkswagen revient de loin… et revient tout court au Mondial. « Voilà dix ans que le groupe Volkswagen n’était pas venu au Mondial de l’Automobile avec toutes ses marques », souligne Oliver Blume. Le constructeur met notamment en avant sa nouvelle famille de petites électriques : Volkswagen ID. Polo et ID. Cross, Cupra Raval et Skoda Epiq. « Quatre petites voitures électriques, conçues en Europe, pour l’Europe. », insiste le dirigeant. Le groupe revendique déjà 50 000 commandes pour l’ID. Polo et 150 000 pour les quatre modèles réunis. Un programme industriel qui représente dix milliards d’euros d’investissement en Espagne. Pour réduire les coûts, Volkswagen pousse très loin la mutualisation : selon Thomas Schäfer, directeur des marques « core », 80 % des pièces sont communes aux quatre véhicules. « Quand vous achetez pour trois marques, c’est à des échelles et des tarifs sans commune mesure », explique-t-il. Une standardisation qui n’empêche pas de chercher à préserver les identités. « aIl y a ce que les chiffres ne montrent pas. Les clients d’une Volkswagen ID. Polo ne sont pas ceux qui recherchent une Cupra Raval. »

Face à la Chine, l’Europe automobile serre les rangs

La conférence prend même des allures de plaidoyer industriel lorsque le ministre français de l’Industrie Sébastien Martin monte sur scène. « L’ambition que nous avons pour notre continent, c’est de rester une puissance industielle », lance-t-il. Et face aux constructeurs chinois, le message se durcit : « Il n’y a rien de juste à envahir le marché avec des usines ultra subventionnées. » Le ministre annonce également que « La France soutiendra les mesures douanières sur les véhicules hybrides et hybrides rechargeables chinois », alors que les surtaxes européennes concernent aujourd’hui les véhicules 100 % électriques. Volkswagen ne demande pourtant pas seulement à Bruxelles d’agir. « Nous ne demandons pas seulement à l’Europe de changer, nous changeons nous-même. », insiste Oliver Blume. Le constructeur allemand est engagé dans une restructuration majeure et cherche à réduire ses coûts pour financer les énormes investissements nécessaires dans l’électrique, le logiciel et l’intelligence artificielle. « Nous devons renforcer notre solidité économique pour continuer à innover. », explique son directeur financier Arno Antlitz. « Il faut investir dans les modules unitaires, et les développer à grande échelle. »

Le Mondial comme démonstration de confiance

Renault a lui aussi profité du week-end pour prendre date avant l’ouverture du salon. Trois des plus grands constructeurs européens auront donc choisi d’occuper le terrain avant même que les portes de la Porte de Versailles ne s’ouvrent à la presse. Les stratégies diffèrent. Stellantis mise sur l’émotion et ses marques historiques. Volkswagen sur la puissance industrielle et le Made in Europe. Renault sur le renouvellement accéléré de sa gamme. Mais le message de fond est le même. Après des mois de fermetures d’usines, de plans d’économies, d’alertes sur la compétitivité et de progression des marques chinoises, les constructeurs européens veulent profiter du Mondial de l’Auto 2026 pour démontrer qu’ils n’ont pas renoncé. À quelques heures de l’ouverture officielle du salon, cette débauche inhabituelle de moyens raconte donc quelque chose : l’automobile européenne est sous pression, mais elle veut encore croire qu’elle peut reprendre l’initiative. Et cette semaine parisienne s’annonce déjà comme le premier grand test de cette contre-offensive.