Modiano, Kerninon, Panassenko : nos trois coups de cœur littéraires de la semaine
Chaque mercredi, nos critiques littéraires sont publiées dans le supplément "Arts Libre". Chaque samedi sur le web, nous sélectionnons trois "coups de cœur" parmi nos recensions.Cette semaine, nous vous proposo...
Chaque mercredi, nos critiques littéraires sont publiées dans le supplément "Arts Libre". Chaque samedi sur le web, nous sélectionnons trois "coups de cœur" parmi nos recensions.
Cette semaine, nous vous proposons un style d'une pureté absolue, une impressionnante tension dramatique et une superbe quête mémorielle.
"L'Éléphant" (Patrick Modiano)
Ludo Van Walle est un homme vieillissant, empêtré par sa taille et son poids. L'éléphant, un surnom qu'il s'est infligé, ne sort jamais de son quartier des Invalides. Mais il observe ses voisins d'en face, avec le sentiment qu'il les a croisés par le passé. Il va mener l'enquête… Nimbé d'une touche de fantastique inédite chez Modiano, L'Éléphant est un très grand livre très mince, à peine une centaine de pages dans un style d'une pureté absolue. J.-L.C.
Notre critique
"La dernière des Wilberforce" (Julia Kerninon)
Dans le nouveau roman de Julia Kerninon, on est en terrain familier. L'écrivaine française (Nantes, 1987) possède des thèmes de prédilection (l'égalité homme-femme, le métier d'écrivain, la maternité, le poids des silences,…) qu'elle décline dans nombre de ses ouvrages. À cette différence, de taille, une tension dramatique et une puissance narrative impressionnantes habitent La dernière des Wilberforce. Subrepticement, elle distille des informations comme autant de pièces qui vont permettre de reconstituer le puzzle. Jusqu'à l'explosive scène finale. Brillant. M.-A.G.
Notre interview
"A voix haute" (Polina Panassenko)
La talentueuse Polina Panassenko enquête sur la disparition de son aïeul envoyé au Goulag en 1937. On est conquis par ses souvenirs adolescents du collège (le concours Kangourou !), le voyage (jusqu'en Sibérie) qu'elle nous offre dans la Russie de Poutine. Elle dépeint, surtout, si bien, une galerie de personnages hauts en couleur, grâce à son regard ironique et sa langue décalée. Exemple : "Quand je la vois, j'ai le regard qui se met à bégayer". Sa quête mémorielle pour redonner vie à son ancêtre – geste qu'elle compare à une "catabase" mythologique, descendre aux Enfers "pour ramener aux vivants un mort qui leur est cher" – est superbe. J.Besn.
Notre critique
Chaque mercredi, découvrez toutes nos critiques littéraires dans le supplément" Arts Libre".
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