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Mobilisation du 24 octobre : sans pillages de commerces, ni “climat insurrectionnel”, pourquoi le bilan des interpellations a été plus lourd à Perpignan que le week-end précédent ?

À une semaine d’écart, de l’acte I à l’acte II de la mobilisation sociale à Perpignan, l’ambiance n’a pas du tout été la même. Tandis que le 17 octobre a laissé un souvenir de chaos, le 24 octobre, certes tendu en fin de journée, n’a pas donné du tout l’impression d’un climat pour ainsi dire insurrectionnel. Pourquoi, pour autant, le nombre d’interpellations est passé du simple au double ?

À une semaine d’écart, de l’acte I à l’acte II de la mobilisation sociale à Perpignan, l’ambiance n’a pas du tout été la même. Tandis que le 17 octobre a laissé un souvenir de chaos, le 24 octobre, certes tendu en fin de journée, n’a pas donné du tout l’impression d’un climat pour ainsi dire insurrectionnel. Pourquoi, pour autant, le nombre d’interpellations est passé du simple au double ?

Dans un premier temps, ce samedi 24 octobre en fin de journée, la préfecture des Pyrénées-Orientales annonçait 21 interpellations et 4 gardes à vue lors de la mobilisation sociale contre la vie chère à Perpignan, mais surtout après le face-à-face entre les forces de l’ordre et un groupe d’environ 500 manifestants. À ce moment-là, la nuit n’était pas encore tombée, et avec elle, l’application d’un arrêté préfectoral interdisant aux mineurs de moins de 18 ans, accompagnés ou non, de se trouver sur la voie publique jusqu’au lendemain 6 heures.

C’était à prévoir, dans un second temps le lendemain, les chiffres étaient revus… Très à la hausse. Comment expliquer que le bilan de l’acte II de la grogne sociale a été plus "lourd" que le week-end précédent à Perpignan, alors qu’il n’a pas été question de "climat insurrectionnel" et que le centre-ville n’a pas été le théâtre de scènes de chaos et de pillages de commerces ?

55 interpellations, le double du week-end d’avant après les pillages de commerces

Replantons d’abord le décor. Ce samedi 24 octobre, bien que la mobilisation contre la vie chère n’avait pas été déclarée en préfecture et qu’il était interdit à cette fin de déambuler dans l’hypercentre, la journée avait commencé dans le calme. La manifestation ralliait les étudiants et les lycéens en tête de cortège, soutenus par les syndicats, les salariés, les retraités, les Gilets jaunes, les soignants… Soit entre 1 500 et 2 500 personnes. Ce n’est que plus tard, dans le courant de l’après-midi, que la tension montait. Le public encore présent se composait de 500 personnes, relativement jeunes, et dont certaines provoquaient les forces de l’ordre et tentaient de s’introduire dans le centre-ville, plus qu’elles ne défendaient leur droit à avoir des salaires décents ou l’abrogation de Parcoursup.

Finalement, 55 interpellations ont été effectuées dont 23 placements en garde à vue "pour des faits de jets de projectiles sur les forces de l’ordre", selon la préfecture, mais aussi pour avoir bravé l’interdiction de manifester en centre-ville, incendié des poubelles, incité à l’émeute et outragé des personnes dépositaires de l’autorité publique, selon des sources de L’Indépendant : "Ce chiffre est susceptible d’évoluer en fonction de l’avancée des procédures." Concernant les gardes à vue des personnes interpellées la veille, "elles n’ont pas toutes été levées. Certaines sont toujours en cours". À la suite de la mobilisation du 17 octobre, il y avait eu 28 arrestations pour 27 gardes à vue, et des peines de prison prononcées contre des Messieurs Tout-le-Monde. Un écart notable.

Les principaux objectifs du dispositif ont été atteints

"La nuit s’est déroulée dans le calme, sans incident particulier", justifiait la préfecture des Pyrénées-Orientales quelques heures après la levée du couvre-feu, à l’appui du dispositif de sécurité mis en place qui "a mobilisé près de 200 policiers nationaux, gendarmes (PSIG) et policiers municipaux. Certains de ces effectifs ont été placés en réserve d’intervention : tous n’ont pas eu à aller au contact des manifestants". Quand le week-end d’avant, 90 policiers nationaux et gendarmes, et près de 35 policiers municipaux, avaient été décomptés par la préfecture. Forcément, qui dit plus de présence de forces de l’ordre et d’engagement, dit plus d’interpellations. Pour autant, elles auraient utilisé moins de gaz lacrymogènes et n’auraient pas fait usage des lanceurs de balles de défense (LBD) malgré le "feu vert" du préfet, "car l’ambiance était moins hostile que la semaine dernière", expliquait-on à L’Indépendant. Deux blessés ont été à déplorer chez les policiers. Les lésions seraient légères et toucheraient les articulations des fonctionnaires de police. Chez les sapeurs-pompiers, pas de blessé. Le week-end précédent, certains avaient été caillassés, et l’un d’eux visé par un projectile.

"Les principaux objectifs du dispositif ont été atteints, déclarait la préfecture. Pas de dégradation matérielle et pas de désordre dans le périmètre protégé en centre-ville. Le couvre-feu a été respecté par les personnes concernées." Précision : "Le contrôle du couvre-feu a ciblé prioritairement les mineurs n’étant pas accompagnés de leurs parents. Les forces de l’ordre ont fait preuve de discernement pour les sorties en famille." Sous-entendu notamment, à la foire Saint-Martin dont le jour d’ouverture était ce samedi.