Mobilisation du 24 octobre. « On manifeste pour un minimum de qualité de vie » : entre 4 500 et 6 500 personnes rassemblées à Dijon
Aux alentours de 14 h 30, samedi 24 octobre, plusieurs centaines de personnes se rassemblent place de la République, à Dijon, pour manifester comme le samedi précédent. Et ce, malgré l’interdiction faite par la...
Aux alentours de 14 h 30, samedi 24 octobre, plusieurs centaines de personnes se rassemblent place de la République, à Dijon, pour manifester comme le samedi précédent. Et ce, malgré l’interdiction faite par la préfecture de Côte-d’Or. Les revendications sont multiples, portées pour certains par la colère, quand d’autres apparaissent sereins.
La sculpture de la fontaine de la place de la République est prise d’assaut par des jeunes vêtus de noirs, drapeaux palestiniens à la main, FFP2 rivés sur le visage, prêts à en découdre. « Ils préfèrent taper sur le peuple. Si on me frappe, je réponds. Je vais finir en garde à vue cette fois-ci ou la prochaine, c’est sûr », glisse l’un d’eux.
Pour le deuxième acte des manifestations à Dijon contre la vie chère, près de 4 500 personnes se sont réunies samedi 24 octobre. Photo Cesar Vargas
« On vient pour nos enfants »
Une posture qui contraste avec des manifestants déguisés en tyrannosaures gonflables ou costumés de manière burlesque. Plus bas, assis sur le rebord de l’édifice, un couple de quadragénaires, Cédric et Elza, qui venait pour visiter la ville initialement, est dans une dynamique apaisée, malgré son désarroi : « On est là pour nos enfants, pour leur avenir, qui n’augure pas d’être rose, vu comment ça se profile… Sans parler du coût de la vie. Notre fille aînée a du mal à se payer un logement, alors qu’elle a fait des études supérieures. » Quant à ces deux amis, venus ensemble, ils sont là à la fois « en réaction à la vague de répression » et pour revendiquer « un minimum de budget pour les services publics », qu’il s’agisse des « hôpitaux, de l’Éducation ou de la recherche ». « Un minimum de qualité de vie », concluent-ils, laconiques.
Si certains manifestants ont opté pour des cagoules et des tenues noires, d’autres ont misé sur l’originalité. Photo Cesar Vargas
Les arrêts de tramway Drapeau ont été saccagés par des casseurs. Photo Cesar Vargas
« Les gens en ont marre de ne pas pouvoir finir le mois »
Le cortège part avec pour but initial de rejoindre le tribunal judiciaire, « en soutien à tous ceux qui se sont fait arrêter ». Il n’y parviendra jamais, tournant autour de l’avenue du Drapeau et se voyant obligé d’emprunter les rues résidentielles, bloqué par les cordons des CRS qui suivent la foule de près. Les premiers gaz lacrymogènes ne se font pas attendre.
Des automobilistes klaxonnent par sympathie, des habitants scandent avec les manifestants depuis leurs fenêtres. Un soutien qu’explique un participant, qui justifie sa présence au rassemblement par la même occasion : « C’est un mouvement de fond lié à des politiques néolibérales, avec un enrichissement des élites au détriment d’une partie de la population. Les gens en ont marre de ne pas pouvoir finir le mois. Il y a un ras-le-bol du gouvernement, avec un résultat des élections qui n’a pas été respecté. »
Des slogans sont tagués tout le long du parcours, repris par la foule : « Macron démission », « À bas l’État, les flics et les fachos ». Une colère que subissent les arrêts de tramway de l’avenue du Drapeau, dont les vitres sont pulvérisées, comme celles de nombreux panneaux d’affichage, quand le siège de la fédération LR de Côte-d’Or est tagué. Certains manifestants s’offusquent quand des poubelles sont renversées et jetées en travers de la rue ou au milieu des voies du tram : « Bah non, les gars ! ». Une même lutte, des manières de faire qui divergent.
Le dispositif policier était renforcé par rapport à la semaine précédente. Photo Cesar Vargas
Une tentative avortée de rejoindre le centre-ville
Galvanisés par leur nombre – la préfecture a annoncé la présence d’environ 4 500 personnes, 6 500 selon Solidaires 21–, les manifestants tentent d’atteindre la place Darcy en remontant la rue de l’Égalité. Le cortège, un peu dissipé au niveau des rues de Jouvence et du Général-Fauconnet, retrouve de sa cohésion vers la rue de Montchapet. Mais arrivé avenue Victor-les CRS, massés en nombre, bloquent toute possibilité de rejoindre la porte Guillaume. Les gaz lacrymogènes sont lancés et enfument le carrefour. Certains manifestants tentent de les renvoyer vers les forces de sécurité, quand le gros du cortège se disperse aux alentours des rues adjacentes, là où il le peut.
Dans un communiqué, la préfecture a annoncée 11 interpellations.