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Mobilisation du 17 octobre : entre 550.000 et 800.000 manifestants en France, des débordements dans plusieurs villes - ICI

Entre 550.000 et 800.000 manifestants ont défilé ce samedi en France : anciens "Gilets jaunes" mobilisés contre la vie chère, lycéens, militants et agriculteurs. En marge des cortèges, la mobilisation a été émaillée de violences dans plusieurs villes comme Lyon, Paris et Marseille.

Publié le samedi 17 octobre 2026 à 19h54

Entre 550.000 et 800.000 manifestants ont défilé ce samedi en France : anciens "Gilets jaunes" mobilisés contre la vie chère, lycéens, militants et agriculteurs. En marge des cortèges, la mobilisation a été émaillée de violences dans plusieurs villes comme Lyon, Paris et Marseille.

La grande journée de mobilisation sociale de ce samedi 17 octobre a réuni entre 550.000 (selon le ministre de l'Intérieur) et 800.000 manifestants partout en France (selon les organisateurs). Le mouvement, émaillé de violences dans plusieurs villes, a réuni différentes "colères" : anciens "Gilets jaunes" mobilisés contre la "vie chère", lycéens et étudiants après un mois de mobilisation lycéenne, militants du climat ou encore agriculteurs.

Le gouvernement a décompté 110 défilés au total. Quelque 110.000 manifestants se sont rassemblés à Paris, selon le ministre. À Toulouse, 32.000 manifestants se sont mobilisés, selon la préfecture de la Haute-Garonne, et jusqu'à 35.000 à Montpellier. Ils étaient 30.000 à Rennes selon les syndicats, 10.000 selon l'entourage du ministère de l'Intérieur, et 20.000 à Nantes et Lyon, selon le gouvernement.

"Un ras-le-bol et une colère commune" exprimés dans les cortèges

Dans de nombreuses villes, les cortèges ont défilé dans le calme. Quelques centaines de personnes ont manifesté à Brive et Châteauroux, 400 personnes à Guéret, 600 à Mont-de-Marsan, 800 à Cherbourg. À Angoulême, 4.000 personnes se sont mobilisées, où un accès à la RN10 a été fermé par la préfecture par précaution. "Je suis ici parce que la vie est de plus en plus compliquée, les salaires n'augmentent pas", explique Yann, 51 ans, venu manifester à Dijon comme 5.000 personnes, selon la FSU. "Aujourd'hui, on prend très peu la voiture, on fait tout en vélo, parce que faire un plein à 120 euros, c'est impossible. On fait des économies partout, c'est comme ça qu'on essaie de vivre, ou plutôt de survivre".

Des manifestants de tous âges se sont également retrouvés dans une ambiance "bon enfant" dans le Périgord, avec plus de 1.500 personnes à Périgueux (Dordogne), 300 à Bergerac, une centaine à Sarlat et 70 à Trélissac. Tous ont des revendications variées, mais expriment "un ras-le-bol et une colère commune", selon Marie, une ancienne “Gilet jaune” rencontrée par ICI Périgord. À Caen, où plusieurs milliers de manifestants se sont retrouvés, parfois avec des poussettes, Aline, est, elle, venue manifester "pour la première fois", avec ses enfants de 3 et 7 ans : “Je ne veux pas que mes enfants me reprochent un jour de n'avoir rien fait", raconte-t-elle à ICI Normandie.

Les panneaux des manifestants qui partent de la place de la République à Paris © Radio France - Nicolas Joly
Un manifestant place de la République à Paris le 17 octobre avant le départ des cortèges. © Radio France - Nicolas Joly
Les slogans étaient créatifs dans les rues partout en France ce samedi. © AFP - Matthieu RONDEL
A Montpellier, la manifestation dans le centre-ville a rassemblé jusqu’à 35.000 personnes, indique la préfecture. © AFP - Sylvain THOMAS

Environ 400 personnes ont été interpellées partout en France, selon Laurent Nuñez. À Paris, "195 personnes ont été interpellées", indiquait le parquet à 16h. Des violences ont éclaté place de la République dès la mi-journée. Dans plusieurs grandes villes, les manifestations ont dégénéré en fin de cortège, avec des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre notamment à Montpellier et Rennes, où des pavés ont été lancés en direction des forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. À Paris et Marseille, des renforts de police ont été déployés.

Un jeune de 17 ans a été grièvement blessé à une main ce samedi après-midi à Saint-Etienne en marge de la mobilisation, indique ICI Saint-Etienne Loire. Le jeune homme a été transporté au CHU de la ville. L'accident a eu lieu devant un centre commercial, où pendant une heure, les manifestants ont fait face aux forces de l'ordre : gaz lacrymogène d'un côté contre tirs de mortiers et feux d'artifice de l'autre. Une enquête de l'IGPN a été ouverte.

La place de la République a été partiellement évacuée ce samedi, à cause des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. © AFP - Kiran RIDLEY

Plusieurs mairies ont été ciblées, comme à Marseille, Nantes, Avignon, Grenoble ou Limoges, où la mairie a été incendiée, assure ICI Limousin, qui précise que deux voitures de police ont brûlé sur le parvis. Des manifestants se sont aussi introduits dans les mairies de Marseille et de Lille. À Caen, le bâtiment a été victime de jets de pierres et de tags. À Lyon, c'est l'office de tourisme qui a été ravagé par les flammes.

De nombreux pillages ont également eu lieu en marge des cortèges. À Bordeaux, la résidence de la préfète a été saccagée, et les locaux de la Chambre de commerce et d'industrie dégradés. Des dégradations et des pillages de commerces ont eu lieu à Montpellier, Paris, Saint-Etienne, Grenoble.

Emmanuel Macron a déclaré samedi soir que ceux qui ont "cassé" et "pillé" lors des manifestations seront "poursuivis et punis" et que le pays fera "bloc face aux semeurs de chaos qui ne cherchent qu'à abattre nos institutions". "Aucune place pour la violence dans notre République", a-t-il ajouté sur X. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présidé une cellule interministérielle de crise ce samedi soir à Matignon.

À Tours, des manifestants ont envahi l'autoroute A10 ce samedi matin au niveau de la sortie Tours centre, à la sortie de la ville et ont bloqué l'accès aux voies. Une voiture de gendarmerie a été ciblée. Près du Mans, une quarantaine de militants se sont rassemblés à un péage de l'autoroute A11 pour une opération "péage gratuit", selon le journaliste d'ICI Maine sur place. À Rennes, dès 7h45, des manifestants ont bloqué la circulation sur la rocade. La préfecture et le réseau de transports en commun de la métropole rennaise, STAR, ont annoncé d'importantes perturbations de la circulation à l'ouest de la capitale bretonne. La rocade de Chambéry a été coupée en marge de la manifestation par plusieurs milliers de manifestants, selon ICI Pays de Savoie. Près de Grenoble, la circulation a été perturbée après un blocage de l'autoroute A480 et la fermeture d'une entrée et d'une sortie de ville, rapporte ICI Isère.

À Marseille, la gare Saint-Charles a été bloquée par les manifestants, indique ICI Provence. Les trains n'ont pas circulé entre 15h30 et environ 18h.

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