Ming Yang, lycéenne de 17 ans à Shanghai : “Vous devez travailler depuis le moment où vous vous réveillez jusqu’au moment où vous devez vous coucher”
À Shanghai, la journée de Ming Yang, 17 ans, commence à l’aube et se termine bien après les cours, rythmée par une succession ininterrompue d’exigences scolaires. Derrière ce rythme scolaire au lycée en Chine, une compétition féroce impose des sacrifices que peu d’ados occidentaux imagineraient.
Publié le 05/10/26 à 14:14Par Gary Assouline
À Shanghai, la journée de Ming Yang, 17 ans, commence à l’aube et se termine bien après les cours, rythmée par une succession ininterrompue d’exigences scolaires. Derrière ce rythme scolaire au lycée en Chine, une compétition féroce impose des sacrifices que peu d’ados occidentaux imagineraient.
Il est à peine dix heures du matin dans une salle de classe ultramoderne de Shanghai, et la fatigue se fait déjà sentir. Ming Yang, une lycéenne de 17 ans issue d’un milieu modeste, partage son quotidien avec quarante camarades soumis à une cadence impitoyable. En Chine, les années précédant le Gaokao, le concours national d’entrée à l’université, transforment les cours en une véritable épreuve d’endurance. Pour espérer décrocher une place dans les établissements les plus réputés, les adolescents affrontent un rythme scolaire lycée Chine poussé à l’extrême dès la classe de première.
L’emploi du temps ne laisse aucune place pour l’improvisation ni pour le repos individuel. Jour après jour, l’adolescente enchaîne les matières sans la moindre pause entre les cours. Derrière cette organisation millimétrée, une réalité brutale s’impose à ces jeunes : l’obligation morale d’accepter une cadence continue sans pouvoir exprimer la moindre contestation.
© ShutterstockCinq cours consécutifs et deux minutes de répit pour le rythme scolaire au lycée en Chine
Le rythme scolaire au lycée en Chine a un cadre d’apprentissage intensif caractérisé par l’enchaînement ininterrompu de cours magistraux et un entraînement continu aux épreuves écrites. Dans cet établissement, la matinée débute par cinq sessions d’enseignement distinctes sans récréation collective. La seule sortie autorisée consiste à traverser les couloirs pour apporter des copies à un professeur. Suivie par les équipes de 100% Docs, une chaîne Tiktok documentaire, la jeune fille l’admet au pas de course : « J’ai que 5 min avant le prochain cours ». L’unique moment de décompression accordé au groupe consiste en deux minutes quotidiennes de gymnastique des yeux, un exercice de massage oculaire censé soulager la fatigue visuelle.
Une course contre la montre dictée par la pression scolaire à Shanghai
La pause méridienne ne ressemble en rien à une coupure salvatrice. Dès la sortie de classe à midi, les élèves se précipitent vers le réfectoire afin d’obtenir des portions de nourriture distribuées en quantité limitée. Le plateau est englouti en quinze minutes, car la suite de la journée impose déjà un retour immédiat au travail. Les enseignants exigent au minimum trois heures de devoirs quotidiens en autonomie totale, une charge colossale que l’adolescente assume pleinement pour espérer réussir :
« Durant la semaine, il n’y a pas de question. Vous devez travailler, lâche la jeune fille. Vous n’avez pas le droit d’objecter. Vous devez travailler depuis le moment où vous vous réveillez jusqu’au moment où vous devez vous coucher. Comme je veux aller dans une des meilleures universités, si je ne travaille pas autant, c’est impossible. C’est une compétition, une compétition féroce. »
Sauter le dîner pour étudier face au regard d’un professeur étranger
La fin des enseignements officiels à 17 heures ne marque aucunement la fin des efforts. Avant d’entamer ses révisions nocturnes obligatoires, l’élève choisit de troquer son dîner contre une heure passée à l’English Corner, un espace d’échange animé par David, un professeur venu d’Angleterre. À la question de savoir si elle a pu s’alimenter, la réponse de la lycéenne illustre ce quotidien rigide : « Oui, mais j’ai pas dîné. […] Ça, ça c’est mon dîner », en désignant une simple tasse de thé chaud.
Cette charge mentale impressionne l’enseignant britannique en poste depuis quelques années. Témoin d’un niveau d’exigence très élevé où les mathématiques enseignées correspondent aux programmes universitaires vus en Espagne, l’observateur extérieur doute de la faisabilité d’une telle méthode en Europe : « Je pense qu’ils seraient en grève ou qu’ils se rebelleraient. Je ne pense pas qu’ils accepteraient ça. […] Je pense que les étudiants occidentaux ne pourraient pas tenir très longtemps. »
En bref
- 📅 À Shanghai, Ming Yang, 17 ans, endure un rythme scolaire intense pour préparer le Gaokao, un concours crucial pour l'université.
- 📚 Les élèves enchaînent cinq cours sans pause, avec seulement deux minutes de gymnastique oculaire pour soulager la fatigue.
- ⏳ La pression scolaire pousse certains à sauter des repas pour étudier, illustrant une compétition féroce et un quotidien rigide.