Militaires disparus dans le Var : les ossements découverts dans les Bouches-du-Rhône sont bien ceux de Jacques Pakeso et de Mike Gineste
Deux mois après la découverte d’ossements sur les indications d’un des fils de la famille Akau Vegi-Wing, les expertises confirment les décès des deux militaires disparus dans le Var.
C’est la fin des derniers espoirs et d’une attente éprouvante pour les familles des victimes. Les ossements découverts à la fin du mois de mai 2026 dans les Bouches-du-Rhône sont bien ceux de Jacques Pakeso et de Mike Gineste, a annoncé ce lundi le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland.
« Les investigations se poursuivent sous l’autorité du magistrat instructeur afin de déterminer les circonstances précises dans lesquelles ils ont trouvé la mort », indique le chef du parquet.
Les deux jeunes hommes avaient disparu à quelques mois d’intervalle entre 2022 et 2023. Ils ont en commun d’avoir quitté un territoire de l’océan Pacifique pour s’engager dans l’armée, et d’avoir fréquenté à Toulon la famille Akau Vegi-Wing, également d’origine océanienne, vers laquelle les soupçons convergent.
Un appel à témoins a été lancé afin d’identifier d’éventuelles autres disparitions d’autres victimes ultra-marines ces dernières années.
Les restes humains, dont ont été extraits les échantillons d’ADN analysés ces derniers jours, ont été mis au jour dans deux lieux distincts. Francesca Héléna Vegi-Wing et ses deux fils aînés, François-Édouard et Svensio Akau, ont été mis en examen pour meurtres.
Étranglés à mains nues ?
Si ces suspects ont contesté être impliqués dans la mort de Jacques Pakeso et celle de Mike Gineste, François-Édouard Akau, 24 ans, a explicitement mis en cause sa mère et son grand frère après avoir été placé en garde à vue le 26 mai 2026. Les ossements ont été retrouvés dans la foulée d’après ses indications.
Francesca Héléna Vegi-Wing, 52 ans, est dès lors présentée comme l’instigatrice des homicides et Svensio, 29 ans, l’exécutant. Les deux victimes auraient été étranglées à mains nues, selon les détails glaçants livrés par François-Édouard. Sa mère « avait la haine dans les yeux », a-t-il relaté.
Les investigations du détachement de Toulon de la section de recherches de la gendarmerie maritime ont par ailleurs mis en évidence des faits présumés de violences physiques et psychologiques, entre 2011 et 2025, à l’encontre d’au moins sept autres victimes identifiées.
Francesca Héléna Vegi-Wing et ses fils, Svensio et François-Édouard, sont ainsi également mis en examen dans ce volet de l’affaire – « traite d’être shumains » et « séquestrations » en « bande organisée » – de même que François Akau, le père de famille, et Win Emmalani Akau Vegi-Wing, la fille aînée. Tous les cinq ont été placés en détention provisoire dans la soirée du 29 mai 2026.
Appâtés par le clan Akau Vegi-Wing
Selon un mode opératoire bien rodé décrit par plusieurs témoins, le clan familial fréquentait les soirées polynésiennes qui permettent aux membres des communautés océaniennes de se retrouver. Win Emmalani, dite « Emma », y aurait joué un rôle d’appât.
Les proies, essentiellement des militaires ultramarins, étaient amadouées par l’image renvoyée de prime abord par cette famille qui distribuait des vivres et de l’alcool lors d’après-soirées improvisées sur des parkings.
Les Akau Vegi-Wing ont ainsi proposé à Jacques Pakeso, 25 ans, de l’héberger au primtemps 2022 alors qu’il s’était retrouvé sans logement après la résiliation de son contrat avec la Marine. La disparition du Calédonien, située entre mai et septembre, a été signalée en décembre 2022.
Mike Gineste, 34 ans, légionnaire au 1er régiment étranger de cavalerie (Bouches-du-Rhône), avait quant à lui entamé une relation avec l’une des femmes du clan Vegi-Wing, dont le point de départ est situé en septembre 2022. Avant de disparaître, le Tahitien avait porté plainte pour le vol de ses effets personnels et de ses économies en avril 2023.